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Les grands hommes

Bordeaux a vu naître au fil de son Histoire plusieurs hommes et femmes, dont la renommée est parvenue jusqu’à nous,
découvrez ces noms qui ont participé à l'établissement et au patrimoine bordelais,
par leur audace, leur ferveur et leurs passions...



Le salon littéraire de Madame Geoffrin, lecture de L’orphelin de la Chine de Voltaire.
Parmi les invités, Montesquieu, Diderot, D'Alembert, Turgot et Marmontel, Anicet Charles Gabriel Lemonnier 1812
Musée des Châteaux de Malmaison et de Bois Préau - Crédits : Corbis Historical / Josse/Leemage - Getty


Les hommes et femmes célèbres de Bordeaux

On ne fait rien de grand sans de grands hommes, et ceux-ci le sont pour l'avoir voulu, ou mérité...
La vie des grands hommes nous rappelle que, nous aussi, nous pouvons rendre notre vie sublime, et laisser derrière nous, après la mort, nos empreintes sur le sable du temps, les grands hommes font leur propre piédestal, l'avenir se chargeant de la statue.

Le temps n'effacera jamais dans notre histoire la trace des grands hommes...

Ausone - Ausonius - Decius ou Decimus Magnus

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Ausone - Ausonius - Decius ou Decimus Magnus


« Burdigala.. Ô ma chêre patrie, si recommandable par l'excellence de vos vins, par la beauté du fleuve qui baigne vos murs, par l'esprit de vos habitants, par la douceur de leurs mœurs et par la célébrité de votre Conseil (sénat), je me reproche depuis longtemps ce silence sacrilege qui ma empêché jusqu'a ce jour de vous mettre au rang des premières Villes du Monde. » (Ausone Premier Consul, Rome, vers l'an 380).

Dans la cité romaine de Burdigala naît, vers l’an 309, Decimus Magnus Ausonius dit Ausone, fils par sa mère, d'Æmilia Æonia riche propriétaire, par son père, de Julius Ausonius, médecin réputé à Bazas, préfet d’Illyrie et archidiacre de l’empereur romain Valentinien Ier.
Son père, Jules Ausone, né à Bazas vers l'an 287, premier médecin de l'empereur Valentinien Ier, après avoir professé quelque temps la médecine dans cette ville, vint s'établir à Bordeaux.
Jules Ausone avait un bien honnête et suffisant pour suivre l'inclination qui le portait à ne retirer aucune rétribution de son art. Ses qualités personnelles ne le firent pas moins considérer que les services qu'il rendait au public. il fut préfet de l'Illyrie , sénateur honoraire de Rome et de Bordeaux. il mourut à l'âge de 90 ans. Mais tous ces titres furent moins lucratifs qu'honorables.

A sa naissance du poête Ausone, un mathématicien célèbre, qui s'adonnait aussi à l'astrologie judiciaire, prédit qu'il aurait une brillante destinée, ce qui engagea sa mère à prendre un soin particulier de son éducation, Æmilia Hilaria, sa tante maternelle, demanda à se charger de son neveu pendant ses premières années. On le lui confia d'autant plus volontiers qu'elle était propre à jeter dans son cœur des principes d'honneur et de religion, qui portent toujours leurs fruits dans ces occasions critiques où la jeunesse se trouve si souvent exposée. Ausone, sorti de l'enfance , s'appliqua à la grammaire.

Après avoir fait une étude assez superficielle de la langue grecque , il se livra tout entier à l'éloquence et à la poésie. Il eut l'avantage de prendre des leçons du célèbre Victor Minervius, qui , après avoir professé avec distinction à Bordeaux, à Rome et à Constantinople, était revenu dans sa patrie se consacrer de nouveau à l'éducation de la jeunesse. Un maître, si consommé dans l'éloquence, trouva dans Ausone un disciple digne de lui. Après s'être formé sous ce grand homme , et lui avoir dérobé, pour ainsi dire, tous les secrets de son art , il fut attiré à Toulouse par la réputation ÆEmilius Magnus Arborius, son oncle maternel, qui professait l'éloquence dans cette grande ville. Arborius, étonné.du progrès que son neveu avait fait dans les belles lettres , ne négligea rien pour perfectionner ses talents : peut-être prévoyait-il une partie des avantages qu'ils devaient lui procurer un jour. Ausone, ayant fini ses études, essaya de les rendre utiles à ses compatriotes, en s'adonnant aux exercices du barreau. Il le quitta à l'âge de trente ans, pour remplir une place de professeur dans le collége de Bordeaux. Il compta, au nombre de ses disciples, saint Paulin, qui fût l'évêque de Nole. Ce fut principalement à Ausone que le collége de Bordeaux fut redevable de sa réputation. On accourait de tous côtés pour apprendre de ce grand homme à former son esprit et son cœur. Ausone donnait une égale attention à ces deux objets, convaincu que, sans la probité, les talents ne servent qu'à nous corrompre.

Ausone professait, depuis trente ans, les belles-lettres, lorsque Valentinien 1er le fit venir à Trèves pour prendre soin de l'éducation de son fils Gratien, déjà déclaré Auguste. Il répondit si bien à la confiance dont l'empereur l'honorait, que ce prince, découvrant tous les jours en lui de nouvelles qualités, l'éleva aux charges les plus importantes : il fut successivement comte du Palais, questeur et préfet du Prétoire. Valentinien ayant envoyé son fils faire sa première campagne contre les Suèves, quoiqu'il ne fût âgé que de neuf ans, Ausone l'accompagna. Un jour que les Romains avaient fait des prisonniers, une esclave d'une beauté rare tomba enpartage à Ausone. Quoique d'un âge avancé, il ne fut point insensible à ses charmes.

Ausone exerça la préfecture en Italie, en Afrique et dans les Gaules. Gratien lui permit de partager avec son fils Hespère cette dernière place. Ce prince saisissait toutes les occasions de répandre ses bienfaits sur Ausone : il voulut y mettre le comble en le nommant premier consul pour l'an 379. Il lui apprit sa nomination dans une lettre qu'il lui écrivit et qu'il terminait ainsi : « je voudrais tâcher de m'acquitter envers vous, mais je sens que je serai toujours insolvable ».

Ausone fut d'autant plus sensible à cette grâce, car on ne donnait, alors, le consulat qu'aux personnes de la plus haute naissance. Il s'efforça d'exprimer sa reconnaissance dans un très beau panégyrique où, sous prétexte de remercier l'empereur, il le peint sous les traits les plus délicats et les plus flatteurs. Ce panégyrique fut prononcé à Trèves, le dernier jour de son consulat. Cratien voulut que cette sortie fût célébrée par une fête brillante : il accourut des extrémités de la Thrace pour Premier. l'honorer par sa présence, et pour témoigner, devant les personnages les plus distingués de l'empire, l'estime qu'il ne cessait de conserver pour son cher Ausone. Ce jour si remarquable fut le triomphe du mérite et de la reconnaissance.

Pendant la vie de Gratien, Ausone ne put obtenir la permission de quitter la cour, mais ses délices, ainsi que le tumulte des armes, ne l'empêchèrent pas de cultiver les sciences. L'inclination qu'il avait pour elles surmonta tous les obstacles qui auraient pu l'en détourner. Elles avaient toujours fait sa passion, et il leur consacrait tous les moments qu'il pouvait dérober à ses devoirs. C'est ainsi qu'il y fit des progrès considérables, et qu'il passa, avec raison, pour un des plus savants hommes de son siècle. Les poètes et les orateurs les plus célèbres de l'empire se firent honneur d'avoir des liaisons particulières avec Ausone, et d'envoyer leurs ouvrages à un savant si capable de les apprécier.

La mort de Gratien permit à Ausone de se retirer à Bordeaux, où il donna à ses compatriotes le spectacle d'un sage, à qui la fortune avait prodigué ses faveurs, et qui n'en avait pas été ébloui. Bientôt, après, il résolut d'entrer dans une retraite profonde. La campagne fut sa prinpale demeure. Il y avait des terres considérables, et il y passa les dix dernières années de sa vie dans les amusements qu'offre ce séjour et dans les occupations du cabinet. Quoiqu'avancé en Age, son amour pour l'étude , n'étant plus distrait par aucun objet étranger, sembla reprendre de nouvelles forces. Plusieurs des ouvrages d'Ausone sont les fruits de sa vieillesse. Il entretint un commerce réglé avec les savants de sa patrie et avec d'autres plus éloignés. Le plus illustre fut l'orateur Simmaque qui résidait à Rome. Il leur envoyait de temps en temps de petites pièces de poésie, ou il leur écrivait des lettres qui ne restaient pas sans réponse. Il soutint, jusqu'au dernier moment de sa vie, les études qui commençaient à tomber dans la langueur, et il prouva, par son exemple, combien un seul homme peut rendre de services aux belles-lettres, en excitant cette émulation qui sont le principe et le mobile.

AUSONE : Oeuvres complètes (traduction) - Remacle  Ausone ses Oeuvres

Saint Paulin - Saint Paulin de Nole

Saint-Paulin-de-Nole
Saint-Paulin-de-Nole


Paulin de Nole ou saint Paulin (en latin Meropius Pontius Paulinus), né à Bordeaux vers 353, mort à Nole en 431, est un poète et un ecclésiastique latin contemporain de saint Augustin et de Martin de Tours, qui l'encouragea dans sa vocation religieuse. Il a été évêque de Nole de 409 à sa mort.

Elève d'Ausone il naquit, à l'endroit qui porte encore le nom de place Puy-Paulin.
Il épousa une riche et vertueuse Espagnole, nommée Thérasie. Après la mort de leur enfant unique, les deux époux, dégoûtés du siècle, vendirent leurs biens, en distribuèrent le produit aux pauvres, passèrent en Italie et s'établirent à Nole, où Paulin, déjà élevé au sacerdoce, fut élu évèque, en 409. Thérasie mourut en 413 et saint Paulin en 431.

Paulin a su adapter la tradition poétique païenne reçue de son maître Ausone à des horizons chrétiens. Dans ce processus d'adaptation, il s'est inspiré de son contemporain le poète Prudence, qu'il a probablement rencontré.

Saint Paulin - Sa vie sur le site de Nominis  Saint Paulin sa vie

Aliénor ou Éléonore de Guienne

Aliénor et Louis VII
Aliénor et Louis VII


Petite-fille de Guillaume VIII, comte de Poitiers, qui était le plus ancien des troubadours, elle naquit au château de Belin au début du XIIe siècle. Par son mariage avec Louis VII, elle fut reine de France en 1137 et par suite de son autre mariage, qu'elle contracta avec Henri d'Anjou, elle devint reine d'Angleterre en 1154.
On suppose aujourd'hui que la conduite de cette princesse n'a été ni aussi criminelle ni aussi louable que l'ont prétendu divers historiens qui ont écrit sur son compte.
Elle mourut à l'abbaye de Fontevrault en 1203, âgée de plus de quatre-vingts ans.

Légende ou vérité, une tenace tradition locale fait du château de Belin le lieu de naissance d’Aliénor d’Aquitaine.
Une chose est certaine, Aliénor accorda une charte au belinetois. Sous l’ancien régime les belinois surveillaient jalousement l’application de cette charte particulièrement bienveillante à leur égard.

Aliénor née à Belin Belin-Beliet Site de la mairie de Belin-Beliet

Accéder à la page sur Aliénor d'Aquitaine 

Geoffroi Rudel ou Jaufre Rudel

Geoffroi Rudel ou Jaufre Rudel
Geoffroi Rudel ou Jaufre Rudel


Troubadour et seigneur de Blaye, qui vivait vers la fin du XIIe siècle, est célèbre surtout par sa mort déplorable. Il partit en croisade et traversa la mer pour le seul plaisir de voir une belle princesse de Tripoli, dont on lui avait vanté les charmes.
Étant tombé malade pendant le voyage, il fut débarqué mourant à Tripoli et il n'eut que le temps de voir la princesse quelques minutes avant d'expirer.

L’épisode de la traversée de Jaufre Rudel se place à l’époque de la seconde croisade (1147-1149). Durant celle-ci, le roi de France, Louis VII et sa femme Aliénor d’Aquitaine, suzeraine de Jaufre Rudel, empruntèrent la voie de terre par l’Anatolie. Seul le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain et son fils Bertrand parvinrent en Terre Sainte en bateau.

Jaufre Rudel, troubadour de l’amour de loin Le site

Aimeri de Bellinoy

Neveu d'un troubadour et troubadour lui-même, il naquit à Lesparre. Il reste plusieurs pièces de Bellinoy, que M. Raynouard a insérées dans son Choix des Poésies originales des Troubadours. Le poète mourut en Catalogne.

Bertrand de Got ou Gouth

Bertrand de Got
Bertrand de Got - Clément V


Originaire de Villandraut, il fut nommé évèque de Comminges en 1295, archevêque de Bordeaux en 1299 et pape, sous le nom de ClémentV, en 1305.
En 1309, Clément transféra le saint-siége à Avignon. On lui doit la jolie petite église d'Uzeste où il fut inhumé, le château de Villandraut, ainsi que plusieurs autres châteaux, bâtis dans la province par les cardinaux de sa cour. « L'histoire lui reproche une cupidité sans bornes, d'indignes amours avec la princesse de Périgord, des intrigues, des goûts, des mœurs, dont aurait rougi un simple laïque. » On lui reproche aussi la proscription des Templiers et l'assassinat juridique de leur grand-maltre. Clément V mourut à Roquelaure, dans l'évêché de Nîmes, en 1314.

Sous son égide furent aussi construits dans le sud de l'actuel département de la Gironde les châteaux dits « clémentins » :

Villandraut Le site Roquetaillade Le site  Budos Le site Fargues, Il a donné son nom au château Pape Clément. Le site

Au XVIe siècle

Zachaire, alchimiste - de Lancre et Dignosius, auteurs de Traités sur les Démons, les Sorciers et la Transmutation des métaux
François-de-Foix de Candale, évèque d'Aires
Guillaume de Bordes, astronome, natif de Bordeaux
Reulin, grammairien - Gabriel de Lurbe, chroniqueur de Bordeaux, sa patrie
Lancelot de Carle, évêque de Riez
Pierre de Brach, auteur et imprimeur - de Chantelouve, poète tragique
Jean du Vignau, traducteur de la Jérusalem délivrée
de Pontac, évèque deBazas et l'un des prélats les plus distingués de l'église gallicane
Girard du Haillan, enfant de Bordeaux, auteur de l'Histoire de France (de Pharamond à Charles VII)
Fronton du Duc, auteur ecclésiastique.

Michel de Montaigne

Michel de Montaigne
Michel de Montaigne


Deux villes, Bordeaux et Périgueux, se disputent l'honneur d'avoir possédé Montaigne, ces deux provinces, la Guyenne et le Périgord, peuvent le regarder à bon droit comme l'un de leurs plus illustres enfants.

Les bordelais et les périgourdins, justement fiers de cet immortel compatriote, n'ont pas manqué de mettre en lumière ce qui pouvait le faire mieux connaître.

Aux périgourdins, on doit la description de cette tour où Montaigne aimait à s'isoler et dont il avait couvert les murs et les solives de peintures et de sentences.

A Bordeaux, l'histoire de Montaigne n'a pas cessé d'être à l'ordre du jour. Dès 1844, M. Gustave Brunet signalait au monde savant quelques leçons inédites du texte des « Essais » fournies par l'incomparable exemplaire conservé à la Bibliothèque de Bordeaux. Plus tard, M. Alexis de Gourgues apportait d'utiles contributions à l'histoire de ce grand personnage.

Accéder à la page sur Michel de Montaigne 

Au XVIIe siècle

On trouve à Bordeaux plusieurs érudits, chirurgiens et médecins distingués, au nombre desquels :

- Jean d'Espagnet, physicien, philosophe et magistrat intègre
- Jacques Primerose, auteur de plusieurs ouvrages sur la médecine
- Jean Mingelousaulx, l'un des meilleurs chirurgiens de l'époque
- Joseph de Voisin, auteur ecclésiastique
- Louis Lecomte, auteur d'un livre sur les mœurs et la religion des Chinois, chez lesquels il avait été envoyé comme missionnaire, en 1685
- Jacques de Fonteneil, chroniqueur
- Jacques Biroat, prédicateur du roi
- Isaac de la Peyrère, auteur du Rappel des Juifs et du Traité des Préad'amites, ouvrage condamné au feu et qui fit emprisonner l'écrivain
- Trichet-Dufresne, érudit et bibliothécaire de la reine Christine de Suède.

Charles Secondat de Montesquieu

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Charles Secondat de Montesquieu


Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, est un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières, né le 18 janvier 1689 à La Brède (Guyenne, près de Bordeaux) et mort le 10 février 1755 à Paris.

Jeune homme passionné par les sciences et à l'aise avec l'esprit de la Régence, Montesquieu publie anonymement les Lettres persanes (1721), un roman épistolaire qui fait la satire amusée de la société française vue par des Persans fictifs et met en cause les différents systèmes politiques et sociaux.

Il voyage ensuite en Europe et séjourne plus d'un an en Angleterre où il observe la monarchie constitutionnelle et parlementaire qui a remplacé la monarchie autocratique.

De retour dans son château de La Brède au sud de Bordeaux, il se consacre à ses grands ouvrages qui associent histoire et philosophie politique : Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734) et De l'Esprit des lois (1748), dans lequel il développe sa réflexion sur la répartition des fonctions de l'État entre ses différentes composantes, appelée postérieurement « principe de séparation des pouvoirs ».

Château de Montesquieu - La Brède Château de Montesquieu - La Brède
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Sources BNF Gallica


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Au XVIIIe siècle

- J.-C. de Lavie, auteur de plusieurs ouvrages de droit public et de morale
- P.-J. Dudon, auteur du Compte Rendu des constitutions des jésuites
- Charles Dupaty, auteur des Lettres sur l'Italie et de plusieurs autres ouvrages
- Mathieu Tillet, agronome
- Pierre Dupin, avocat et auteur
- Arnaud Berquin, célèbre par ses charmants écrits et surtout par l'ami des Enfants, ouvrage couronné par l'Académie française en 1784.
- B. A. Lafaurie, auteur et professeur
- Jean Baurein, l'auteur des Variétés bordelaises
- P. Jaubert, traducteur d'Ausone
- J.-F. Lafitau, missionnaire et auteur de deux livres sur l'Amérique
- L.B. Lataste, bénédictin
- Pierre-François Lafitau, évèque de Sisteron
- Noël Larrière, né à Bazas en 1738, l'un des meilleurs écrivains ecclésiastiques du XVIIIe siècle
- J.-B. Sensaric, bénédictin, professeur de belles-lettres et prédicateur du roi.

Les membres les plus célèbres de la faculté de médecine dans le même siècle sont :

- J. B. Sylva, médecin très-distingué, loué plusieurs fois dans les ouvrages de Voltaire
- Brethous, anatomiste et lithotomiste
- Dessault, Grégoire, Martin, Dupuy, Roux, professeur de chimie à Paris, Aymen et Vilaris, chimistes et pharmaciens distingués.

Enfin nous ajoutons à cette liste : P. Gaviniez, violon célèbre et habile compositeur et F. Dupont qui se distingua aussi comme compositeur.

La révolution

Plusieurs des députés de la Gironde se sont distingués comme grands orateurs ou comme habiles écrivains politiques ; tels sont :

Vergniaud, né à limoges, chef des Girondins, Gensonné, Guadet, Boyer-Fonfrède, Ducos, Grangeneuve, qui périrent tous victimes de l'assassinat juridique du 31 octobre 1793.
Alexandre Deleyre, né à Portets en 1726, fut l'auteur de plusieurs ouvrages philosophiques; nommé député à la Convention nationale, il devint plus tard membre du conseil des Cinq-Cents.
A cette liste de noms glorieux il faut ajouter l'honorable Romain Desèze, le courageux défenseur de Louis XVI, dont il plaida la cause au péril de sa vie. Il fut créé pair de France en 1815. Son frère Victor et son neveu Aurélien Desèze, se sont aussi distingués : le premier comme médecin et comme savant, le dernier comme avocat et représentant du peuple.

Joseph-Henri-Joachim Lainé

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Buste de Joseph-Henri-Joachim Lainé
au palais du Luxembourg (Paris)


Joseph-Henri-Joachim, vicomte Lainé, né le 11 novembre 1767 à Bordeaux et mort le 17 décembre 1835 à Paris, est un avocat et homme politique français.

Les parents de Lainé, Guillaume Lainé et Jeanne Ravel, sont arrivés de Saint-Domingue en 1763. Leur fortune, sans être extravagante, leur permit de devenir les nouveaux seigneurs de Laguloup, à Saucats. Ils ont poursuivi l’activité familiale dans le négoce entre Bordeaux et les Antilles, où ils conduisaient encore des affaires et possédaient des esclaves.

Après des études au collège de Guyenne, Lainé fut reçu avocat au barreau de Bordeaux en 1789 et plaida ensuite avec un grand succès à Paris. L'année suivante, sa mère le rappela pour l'envoyer aux colonies défendre leur fortune en péril suite aux révoltes d'esclaves. Il servit en qualité de garde national contre les captifs insurgés de Saint-Domingue. S'étant opposé à l'émancipation instantanée des esclaves lors d'une assemblée générale, il reçut un coup de sabre au visage. Conscient que tout espoir de conserver leurs possessions était perdu, il revint en France en 1792. Il bénéficiera néanmoins de l'indemnité affectée aux anciens colons.

Nommé administrateur du district de La Réole en 1793, il reprend son métier d'avocat pendant le Directoire. Nommé membre du Corps législatif en 1808, il fit, dans cette assemblée, preuve d’une indépendance singulière. Le 12 mars 1814, il est aux côtés de Lynch, maire de Bordeaux, pour livrer la ville aux Anglais et au duc d’Angoulême. Pendant les Cent-Jours, Lainé s'enfuit en Angleterre, accompagnant la duchesse d'Angoulême : Napoléon revenu annonce qu'il pardonne à tous, excepté à ses deux « plus grands ennemis », Lynch et Lainé.

Préfet provisoire de la Gironde de fin mars à juin 1814, il fut à nouveau député sous la Restauration, président de la Chambre des députés en 1814-1815 et 1815-1816 et ministre de l'intérieur entre 1816 et 1818 en remplacement du comte de Vaublanc, pair de France, sans jamais cesser de faire paraître en lui le partisan de la liberté constitutionnelle. Il fit voter le 5 février 1817 une nouvelle loi électorale. Il fut nommé ministre d'État du 21 décembre 1820 au 14 décembre 1821. C’est lui qui s'écria douloureusement, en 1830, à l’occasion des ordonnances : « Les rois s’en vont ! »

Il est aussi, avec le baron Portal, un représentant du lobby des armateurs négriers, et s'opposa à l'interdiction de la traite. Le 6 décembre 1819, il fit annuler l'élection comme député de l'Abbé Grégoire, fervent défenseur de l'abolition de l'esclavage, mais aussi régicide, pour cause d'« indignité nationale ».

Nommé par ordonnance (mais non élu) membre de l’Académie française, il remplace Hugues-Bernard Maret en 1816. Dans son rôle d’homme public, Lainé n’a pas laissé d’écrits. Son éloquence, au jugement des contemporains, était chaleureuse et entraînante.

Il était devenu le 10 mai 1820, officier de la Légion d'honneur, et commandeur le 1er mai 18219. Il mourut célibataire et pauvre, après avoir fait bénéficier les indigents de Bordeaux de son traitement de député.

Il est inhumé au cimetière de Saucats.

J. J. Taillason

Né à Blaye en 1746, se distingua comme littérateur et surtout comme peintre ; il a laissé plusieurs bons tableaux, dont un se trouve au Musée de Bordeaux.

Pierre Lacour

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Pierre Lacour, L'Artiste peignant un portrait de famille (1798)
Musée des beaux-arts de Bordeaux.


Peintre, né à Bordeaux en 1746, a laissé également plusieurs bons tableaux. Son chefd'œuvre, tableau qui représente saint Paulin accueillant des Persécutés, est conservé au Musée de la ville. Ce peintre estimé est mort à Bordeaux en 1814.

Pierre Lacour est le fils de Pierre Delacour et de Jeanne Gramond. Il suit ses premières études artistiques à Bordeaux dans l’atelier du graveur André Lavau. Il se rend en 1764 à Paris pour poursuivre ses études dans l’atelier du peintre Joseph-Marie Vien, en compagnie de Jean-Joseph Taillasson. Il reçoit le second prix de Rome en 17693. Il part pour Rome vers 1771 et est agréé à l’Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux en décembre 1772.

De retour en France vers 1774, il se fixe à Bordeaux où il se marie. Il présente une vingtaine de peintures au Salon bordelais de 1774, dont un projet de plafond pour la nouvelle salle de spectacle en construction. Il est reçu académicien de l’Académie des arts de Bordeaux en 1776.

Le 7 février 1778, il se marie à Bordeaux4 avec Catherine Chauvet. Dans un document de 1781, il est donné pour peintre d’histoire, demeurant grande rue, à Bordeaux, dans la paroisse de Saint-Seurin.

Pendant la Révolution, il est professeur de dessin à l’École centrale et entretient à ses frais l’École de dessin et de peinture de la ville, d’où sont sortis d’éminents artistes.

Voir tableaux ci-dessous :

Plan_Bordeaux_1550_Small.webp Pierre Lacour - Sur les quais de Chartrons
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  Lacour_Port_Small.webp Pierre Lacour - Le port de Bordeaux
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Louis Combes

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Louis Combes - Peinture de Pierre Lacour (1810)


Ingénieur-architecte, Guy-Louis Combes, Louis-Guy Combes, plus couramment appelé Louis Combes (1754 à Podensac - 7 mars 1818 à Bordeaux) est un architecte français.

naît en 1754 à Podensac. Il est le fils d'un maître menuisier de Bordeaux qui appartient à un milieu protestant modeste. Il commence à travailler dans le cabinet de l'architecte « voyer de la ville », « Richard-François Bonfin ». Il est remarqué et reçoit déjà des prix, en 1778.

En 1785 où il travaille sur le projet de la place en remplacement du Château Trompette dirigé par Victor Louis dont l'intendant avait obtenu du roi la démolition en août. Après avoir reçu la somme de 7 500 000 livres pour l'achat des matériaux du château Trompette en octobre 1786, Louis XVI avait demandé aux architectes de présenter leurs plans. Victor Louis avait prévu une place en hémicycle s'ouvrant sur le fleuve sur laquelle donnaient treize rues en hommage aux treize états américains devenus indépendants. Cette place était ornée en son centre d'une colonne Ludovice à la romaine surmontée de la statue du roi. Ce projet va s'arrêter en 1787 quand on va s'apercevoir que les 7 500 000 livres n'ont jamais été versées.

De son œuvre construite, on citera les bains publics (1786), l'hôtel du jurat Acquart (1785), l'hôtel Saint-Marc (œuvre qu'on lui attribue), l'hôtel Meyer (1795-1796), une maison rue Sainte-Colombe, différents projets de châteaux et l'aménagement des dépendances et des parcs du château de La Roque et de Château-Raba. Entre 1805 et 1810, ce seront les communs et les chais de Château-Margaux dans le Médoc.

Combes est peut-être plus utopiste que constructeur ; ses théories, exprimées dans d'intéressantes conférences manuscrites qui ont été conservées, s'accompagnent de dessins de projets, tous plus mégalomanes et plus irréalisables les uns que les autres. Très attaché, non sans opportunisme, à l'idéal révolutionnaire, Combes propose à l'Assemblée nationale les projets d'un temple de la Liberté à l'emplacement de la Bastille (1790) et d'un cirque national. Pour Bordeaux, les projets sont aussi gigantesques : port monumental sur la Gironde, place à l'emplacement du Château-Trompette (concours de 1798-1800).

La démesure est à son comble lorsque, en 1813, il propose de tailler le sommet du mont Cenis en forme de pyramide pour y placer la statue de Napoléon. En 1796, Combes est nommé correspondant de l'Institut de France, en même temps que son homologue nantais M. Crucy (ils avaient tous deux été jugés comme les meilleurs architectes de province). Louis Combes est le digne émule d'un Ledoux ou d'un Boullée, et sa position marginale le rend encore plus attachant à l'apogée du néo-classicisme.

Il commence à travailler dans le cabinet de l'architecte voyer de la ville, Richard-François Bonfin. Il est remarqué et reçoit déjà des prix, en 1778. Quelques mécènes lui permettent de poursuivre sa formation à Paris où il est accueilli dans l'atelier de Richard Mique puis de Peyre le Jeune. En 1781, il reçoit le grand prix d'architecture de l'académie. Il part alors passer trois années à Rome où il étudie les monuments antiques et de la Renaissance.

1786 : bains publics de Bordeaux ;
1788 : hôtel Acquart, 5 cours de l'Intendance ;
1791 : tribunaux civil et criminel (aujourd'hui hôtel de ville de Bordeaux) ;
1796 : hôtel Meyer, face au Grand Théâtre de Bordeaux ;
1802 : Museum, 28 rue Jean-Jacques Rousseau ;
1805 : maison 13 rue Buffon ;
1805 : restauration de l'église Saint-Paul de Bordeaux ;
1805-1810 : les communs, les chais de Château Margaux ;
1810-1818 : Château Margaux ;
1811 : Dépôt de mendicité de Bordeaux

Joseph-Adolphe THIAC

Né à Bordeaux, le 15 messidor an VIII (4 juillet 1800), mort à Bordeaux le 24 décembre 1865.

D’abord formé par son père, il est successivement l’élève de Corcelles et des maîtres parisiens Huyot et Guénepin. Comme Louis ou Combes avant lui, il achève sa formation par un voyage en Italie en 1824. Architecte départemental de 1830 à 1855, il mène les travaux d’entretien, de restauration et de construction des édifices civils et religieux. Il réalise des tribunaux, dont le palais de justice de Bordeaux (1831-1846) et un autre bâtiment majeur : l’institution des sourdes et muettes de la rue Abbé-de-l’Épée (1834-1870), où se manifeste le classicisme italianisant cher à son époque. Il ajoute à ses activités professionnelles une intense vie publique : conseiller municipal puis adjoint au maire de 1843 à 1852. Il participe également à la création de la Société des Architectes de Bordeaux en 1863, dont il est le premier président.

En 1834, il dresse les plans d’une nouvelle préfecture sur la place des Quinconces. Mais le coût envisagé condamne le projet. Il entreprend donc les travaux d’agrandissement - par l’acquisition des hôtels Legrix et Mabit voisins - de celle installée dans l’hôtel de Saige. Thiac supprime le jardin et le portique, agrandissant ainsi la cour dont il modifie l’architecture primitive.

Principales œuvres connues :
Tribunaux de Blaye et de Lesparre ;

Bazar bordelais

Bazar bordelais

Le 15 juillet 1835

Ouverture au public d’un nouveau local pour les marchands de nouveautés sous le nom de Bazar bordelais. Il est bâti sur l’emplacement de l’ancien hôtel Saige, rue Sainte Catherine, en face de celle de Guiraude. On y compte 30 magasins séparés qui ont été loués ensemble 50 000 F à un spéculateur qui les sous-louera à perte, ou pour profit. Nous croyons que sa spéculation ne sera pas lucrative. Il y a déjà trop de magasins dans cette rue et l’on a remarqué que c’est celle de Bordeaux où il habite le plus de marchands en faillite. Le Bazar bordelais est bâti d’un bon genre. On voit sur la porte d’entrée les statues du commerce et de la marine sculptées d’une grande proportion mais en plâtre ; c’est l’emblème de la fragilité de cet établissement. Ainsi Bordeaux compte trois Bazars, celui de la Rigaudière, celui de la Galerie bordelaise et le Bazar bordelais dont il est ici question.

L'Ancienne institution des sourdes et muettes

L'Ancienne institution des sourdes et muettes

Rue Abbé-de-l’Épée / Ancien commisariat de police

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Le palais de justice de Bordeaux

Palais de justice de Bordeaux

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François Mauriac

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François Mauriac
logo_Académie.png  Sources Académie française

François Mauriac, né le 11 octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1er septembre 1970 à Paris, est un écrivain français.

Issu d’une famille bourgeoise, catholique et conservatrice, François Mauriac devait rester sa vie durant profondément attaché à ses racines bordelaises, ainsi qu’il apparaîtra dans la plupart de ses romans.

Après des études secondaires dans sa ville natale, il prépara à la faculté une licence de lettres, puis quitta Bordeaux en 1907 pour tenter à Paris le concours de l’École des Chartes. Entré à l’École l’année suivante, il ne devait y faire qu’un bref séjour et démissionner dès 1909 pour se consacrer uniquement à la littérature.

Les maîtres de son adolescence furent Maurras et Barrès. Son premier recueil de vers : Les Mains jointes (1909), salué par Barrès précisément, fut suivi d’un autre recueil, Adieu à l’adolescence (1911), et de deux romans : L’Enfant chargé de chaînes (1913), La Robe prétexte (1914).

Envoyé à Salonique en 1914, François Mauriac, réformé pour raison de santé, ne participa guère aux combats. Les années d’après guerre allaient être pour lui celles de la gloire littéraire. Donnant la pleine mesure de son talent romanesque, il publia coup sur coup plusieurs de ses œuvres majeures, Le Baiser au lépreux (1922), Le Fleuve de feu (1923), Génitrix (1923), Le Désert de l’amour (1925), Thérèse Desqueyroux (1927), Le Nœud de vipères (1932), Le Mystère Frontenac (1933).

Satires cruelles du pharisianisme bourgeois, ses romans sont avant tout l’œuvre d’un « catholique qui écrit » comme il se plaisait à se définir lui-même. C’est le combat en chaque homme entre Dieu et Mammon, pour reprendre le titre de l’un de ses essais, que Mauriac décrit, sondant les abîmes du mal et cherchant à percer les mystères de la Rédemption.

Au faîte de sa gloire, François Mauriac allait modifier, au milieu des années 1930, son regard sur le monde ; délaissant quelque peu la littérature, il allait s’engager dans le combat politique. S’éloignant progressivement des positions conservatrices de sa jeunesse, il entreprit de dénoncer la menace fasciste, condamnant l’intervention italienne en Éthiopie, puis le bombardement de Guernica par les nationalistes espagnols en 1937.

Guernica Reproduction murale (en carreaux de faïence) du tableau dans la ville de Guernica.
Pablo Picasso - 1937
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Lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale, François Mauriac avait définitivement choisi son camp : il appartint sous l’Occupation à la résistance intellectuelle, condamnant l’« excès de prosternations humiliées qui tenaient lieu de politique aux hommes de Vichy » ; il participa au premier numéro des Lettres françaises clandestines, en 1942, et publia, en 1943, toujours clandestinement, sous le pseudonyme de Forez, Le Cahier noir.

À soixante ans, le Mauriac d’après-guerre se fit surtout écrivain politique. De 1952 à sa mort, chroniqueur au Figaro, auquel il collaborait depuis 1934, puis à L’Express, il devait livrer chaque semaine, dans son « Bloc-notes », d’une plume souvent polémique, sa critique des hommes et des événements. En 1952, il condamna la répression de l’insurrection marocaine et apporta à la cause de la décolonisation toute l’autorité du prix Nobel de Littérature, qu’il venait de recevoir, en acceptant de prendre la présidence du comité France-Maghreb.

Enfin, après avoir soutenu la politique de Pierre Mendès-France, François Mauriac, dans les dix dernières années de sa vie, devait trouver en la personne du général de Gaulle l’homme d’État conforme à ses vœux, incarnant les valeurs pour lesquelles avait combattu ce « chrétien écartelé ».

Lauréat du grand prix du roman de l’Académie française en 1926, président de la Société des Gens de lettres en 1932, François Mauriac fut élu à l’Académie française le 1er juin Xmauriac_Signature.png, par 28 voix au premier tour, à la succession d’Eugène Brieux. Cette « élection de maréchal » survenait alors que le romancier, gravement malade, venait d’être opéré d’un cancer des cordes vocales.

Sa réception sous la Coupole, le 16 novembre 1933, au fauteuil n°22, compte parmi les moments marquants de l’histoire de l’Académie. François Mauriac eut à subir les subtiles perfidies dont André Chaumeix émailla son discours de réception. Cet auvergnat, conservateur et hédoniste, goûtait peu en effet la noirceur de l’œuvre mauriacienne : « Vous êtes le grand maître de l’amertume... À vous lire, monsieur, j’ai cru que vous alliez troubler l’harmonieuse image que je garde de votre région... J’ai failli prendre la Gironde pour un fleuve de feu, et la Guyenne pour un nœud de vipères... »

François Mauriac fut fait Grand-croix de la Légion d’honneur, par le général de Gaulle. Il décéda la même année que celui-ci.

Ses Œuvres

  • 1909 Les mains jointes
  • 1911 L’adieu à l’adolescence
  • 1913 L’enfant chargé de chaînes
  • 1914 La robe prétexte
  • 1920 La Chair et le Sang. Petits essais de psychologie religieuse : de quelques cœurs inquiets
  • 1921 Préséances
  • 1922 Le baiser au lépreux
  • 1923 Le fleuve de feu. Génitrix. Le Mal
  • 1924 Huit poèmes. La vie et la mort d’un poète. Le désert de l’amour
  • 1925 Orages
  • 1926 Le Désert de l’amour
  • 1926 Bordeaux. Coups de couteaux. Fabien. Le jeune homme. Proust. La Province. La rencontre avec Pascal. L’isolement de Barrès. Le tourment de Jacques Rivière
  • 1927 Thérèse Desqueyroux
  • 1928 Le Démon de la Connaissance. Destins. Divagations sur Saint-Sulpice. Dramaturges. Le Roman. Supplément au Traité de la Concupiscence de Bossuet. La vie de Jean Racine
  • 1929 Dieu et Mammon. Mes plus lointains souvenirs. La nuit du bourreau de soi-même
  • 1930 Voltaire contre Pascal. Ce qui était perdu. Paroles en Espagne. Trois grands hommes devant Dieu
  • 1931 L’Affaire Favre-Bulle. Blaise Pascal et sa sœur Jacqueline. Le Jeudi-Saint. René Bazin. Souffrances et bonheur du chrétien
  • 1932 Le noeud de vipères. Commencements d’une vie
  • 1933 Le drôle. Le mystère Frontenac. Le romancier et ses personnages. L’éducation des filles
  • 1934 Journal I
  • 1935 La fin de la Nuit
  • 1936 Les anges noirs. La vie de Jésus
  • 1937 Journal II
  • 1938 Asmodée. Plongées
  • 1939 Les chemins de la mer. Maisons fugitives
  • 1940 Journal III. Le sang d’Atys
  • 1941 La Pharisienne
  • 1943 Le cahier noir
  • 1944 Ne pas se renier
  • 1945 Le ballon dénoué. Les mal aimés. Pages de Journal. La rencontre avec Barrès. Saint Marguerite de Cortone
  • 1947 Du côté de chez Proust
  • 1948 Journal d’un homme de trente ans. Passage du Malin
  • 1949 Mes grands hommes
  • 1950 Journal IV. Terres franciscaines
  • 1951 La pierre d’achoppement. Le sagouin. Le Feu sur la Terre
  • 1952 Galigaï
  • 1954 L’Agneau
  • 1958 Bloc-Notes. Le Fils de l’Homme
  • 1959 Mémoires intérieurs
  • 1961 Le nouveau Bloc-Notes
  • 1962 Ce que je crois
  • 1964 De Gaulle 1965. Nouveaux mémoires intérieurs
  • 1967 Mémoires politiques
  • 1969 Un adolescent d’autrefois
  • 1971 Le dernier Bloc-Notes, posthume
  • 1972 Maltaverne - posthume
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Louis-Vincent-Léon Pallière

Sources wikipedia
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Léon Pallière - Gustave de Galard (1823)
Lithographie

Louis-Vincent-Léon Pallière né à Bordeaux le 19 juillet 1787 et mort dans la même ville le 29 décembre 1820 est un peintre néo-classique français.

Élève de François-André Vincent à l'École des beaux-arts de Paris, il tente plusieurs fois le prix de Rome : dès 1805 avec La Mort de Démosthène, puis en 1808, 1809, où il arrive second, 1810, 1811, et enfin avec succès en 1812 avec Ulysse et Télémaque massacrant les prétendants. Il effectue son séjour romain à la villa Médicis entre 1813 et 1816, où il peint plusieurs tableaux. Il se lie d'amitié avec le peintre François-Édouard Picot, avec qui il travaille aux décors du couvent de la Trinité-des-Monts, pour lequel il peint une Flagellation toujours en place.

Très remarqué lors du Salon de 1819, où plusieurs de ses tableaux romains sont présentés, il y reçoit une médaille de première classe. Il peint également plusieurs grands tableaux religieux qui ornent les églises parisiennes : il offre en 1812 une Mort de sainte Monique et un Christ en Croix à l'église Saint-Eustache. Il présente en 1819 un Saint Pierre guérissant le boiteux destiné à l'église Saint-Séverin (aujourd'hui déposé à l'église Saint-Thomas-d'Aquin), et reçoit en 1820 la commande d'une Délivrance de saint Pierre pour l'église Saint-Pierre de Bordeaux. Laissée inachevée à sa mort, la composition est terminée par son ami Picot et présentée au Salon de 1827.

Le peintre meurt en 1820, des suites d'une affection de poitrine. Il avait épousé l'artiste peintre Françoise Virginie Liégeois, devenue après remariage Fanny Alaux.

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Saint_Pierre guérissant le boiteux
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Pierre Galin

Pierre Galin est un musicien né le 16 décembre 1786 à Samatan et mort le 31 août 1821 à Bordeaux1.

Il inventa une méthode nouvelle pour simplifier l'enseignement de la musique, qu'il appela Méloplaste, et la développa dans l'écrit intitulé Exposition d'une nouvelle méthode pour l'enseignement de la musique (Bordeaux et Paris, 1818). Cette méthode, renouvelée de Jean-Jacques Rousseau et dans laquelle l'étude du rythme est séparée de celle de l'intonation, a été depuis et perfectionnée par MM. Paris et Chevé.

Pierre Rode

Jacques-Pierre-Joseph Rode, connu sous le nom de Pierre Rode, compositeur et violoniste français est né à Bordeaux le 16 février 1774, et mort au Château de Bourbon, près de Damazan, le 25 novembre 1830.

Musicien précoce, Rode est déjà un violoniste remarqué alors qu'il n'a que 12 ans. En 1787, il gagne Paris, où il devient élève de Fauvel, puis de Viotti, qui le fait débuter en public au théâtre de Monsieur dès 1790. Il sillonne l'Europe pour dévoiler son art et ne revient à Paris qu'en 1799, où il devient soliste à l'Opéra et est nommé professeur au Conservatoire, récemment créé. En 1806, il est nommé violon-solo de la musique du Premier Consul. En 1803, il publie, en collaboration avec Baillot et Kreutzer, la Méthode de violon du Conservatoire et part avec Boïeldieu pour la Russie. Entre 1804 et 1809, il vit à Saint-Pétersbourg, où il est violoniste du tsar. En 1811, il quitte de nouveau Paris pour Vienne, où il crée la Sonate pour violon no 10 en sol majeur que Beethoven a expressément écrite pour lui1. La première exécution de la sonate a eu lieu en privé le 29 décembre 1812 au domicile du prince Joseph Franz von Lobkowitz avec comme interprètes Pierre Rode au violon et au piano l'Archiduc Rodolphe2. La création officielle a eu lieu le 7 janvier 1813 avec les mêmes interprètes. En 1813, Pierre Rode se fixe à Berlin, et y publie ses 24 caprices, études pour le violon. Il quitte Berlin en 1819. En 1829, sa santé décline rapidement après un dernier concert gâché par une paralysie naissante, faisant oublier l'élégance, l'expressivité et la vivacité qui avaient caractérisé son jeu.

Bien qu'il ait écrit de nombreuses pièces pour violon, ainsi que 13 concertissimo, ses œuvres ne sont pratiquement jamais jouées, contrairement à celles de Niccolò Paganini. Ses Caprices d'Amour ne constituent plus que des exercices d'apprentissage ou des morceaux de concours. Toutefois, sa contribution à l'art du violon romantique demeure importante, notamment pour avoir formé Joseph Böhm (1795-1876), qui fut lui-même professeur du violoniste Joseph Joachim (1831-1909).

Étienne Laclotte

Etienne, Michel et Jean Laclotte appartiennent à une famille qui occupe au milieu du XVIIIème siècle une place dominante dans la corporation des maîtres-maçons de Bordeaux.

Ils exercent en société, à partir de 1761, les professions d’architecte et entrepreneur. Ils travaillent pour la plupart des institutions charitables et d’enseignement de la ville, ainsi que pour nombre des parlementaires et négociants qui administrent ces institutions. Pour eux, ils édifient des hôtels, des maisons en ville et à la campagne.

Spéculateurs avisés, ils conduisent pour leur propre compte, de multiples opérations immobilières (faubourg Saint-Seurin).

Principales œuvres connues : Maison Labottière La Maison Labottière
Hôtel Labottière, élévation antérieure. Léon Deshairs. Bordeaux, Architecture et décoration au dix-huitième siècle. Paris : Editions Calavas, n.d., pl. 55.
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- Extrait page 98 de l'ouvrage de (Florence Mothe) : « Lieux symboliques en Gironde , trois siècles de franc-maçonnerie à Bordeaux » Éditions Dervy.

Extrait de l'ouvrage de Florence Mothe

Florence Mothe

Le Château Labottière

Construit par l'architecte Etienne Laclotte à la demande d'Antoine et Jacques labottière, célèbres libraires bordelais attachés tout d'abord au Parlement de Guyenne. Originaires de Lyon, et introducteurs des frères Willemoz à bordeaux, Jacques ( 1715/1798) et Antoine( 1717/1794) présidèrent, à partir de 1750 aux destinées de la maison qui avait été fondée par leur grand-père Claude à la fin du XVIIe> siècle. L'implantation de la librairie place du Palis lui assurait une grande afflence, tant par la proximité du palais de l'Ombrière, siège du Parlement, que par le fait que les diligences partaient et arrivaient à cet endroitpou toutes les directions. Un journal, Les Annonces, fut lancé en 1758. Un des principaux rédacteus était un Frère du Musée, Fortuné Scicotti. Les avocats et magistrats, très marqués par les différentes Loges, participèren presque tous à la rédaction des différentes publications des frères labottière, en particuleir , en 1789, le Journal de l'Assemblée nationale, en 1790, Les Affiches et en 1790 le Journal de Bordeaux et du département de la Gironde. On leur doit également la publication de plusieurs périodiques : l'almanah des Laboureurs; le Conservateur des richesses du paysan, et l'Almanach historique de la province de Guienne qui parurent jusquà la fin du XVIIIesiècle. L'implication des frères Labottière dans le grand concert ésotérique bordelais des années précédant la révolution ne peut être mis en doute par l'examen même de ces différentes publications dont les articles, souvent anonymes, présentent cependant une connotation maçonnique transparente.

Dès 1785, l'Hôtel Labottière fit l'admiration de ses visiteurs à commencer par l'épistolière Sophie de la Roche qui vanta le parc dessiné par l'architecte avec ses allées en demi-cercle, ses terrasses , ses bosquets, et des réduits voûtés.

Encore inpiré par la symbolique baroque, le parc de Labottière a été scrupuleusement conservé. Marqué par la modernité, ce lieu accueillit, en 1801 la première démonstration de ballon aérostatique par le physicien Garnerin. Enfin, le traiteur Labille s'empara de cette sompteuse propriété et y ouvrit en 1803 une maison de plaisir sous le nom de « Tivoli » qui devint ensuite celui de tout le quartier.

Après être redevenu un luxueux hôtel particulier, le château Labottière a été acquis par Bernard Magrez, déjà propriétaire de plusieurs lieux hautement symboliques tels que le château Pape Clement à Pessac ou le château Fombrauge à Saint-Emilion, tous deux membres des Routes Montesquieu. Le propos de Bernard Magrez est de retrouver , à travers une oeuvre de mécénat artistique et culturel, l'âme intrinsèque de ces différent lieux.

Pape-Clément, en raison de la personnalité de Clement V, sera dévolu aux colloques internationaux et recevra régulièrement historiens d'art, artistes, économistes. Fombrauge sera dédié à la musique, et accueillera interprètes et compositeurs en résidence et ateliers. Labottière sera l'écrin idéal pour les grandes collections plastiques d'art moderne et contemporain, qu' elles soient publiques ou privées. Sosu la direction de M. Ashok Adicéam, qui fut directeur du développement du Palazzo Grassi, ce lieu se veut mautière à réflexion à la fois artistique et philosophique. Les premiers programmes sont, à ce propos, hautement symboliques : Choses vues, choses peintes, Voyage dans l'espace-temps de la sculpture, Le réel et l'irréalité, La tentation de l'Occident, voilà les premières " planches" de ce nouveau lieu inspiré , un des plus passionnants de l'univers artistique bordelais qui prend acte de la splendeur des pierres et de la nécessaire inspiration des idées .

îlot Bonnaffé (cours du Chapeau-Rouge)
Maisons Baour, Douat, Lafite et Mocquart (cours du Chapeau-Rouge)
Hôtel de Lalande, lotissement rue Victoire-Américaine, château Chênevert à Mérignac.

Richard-François Bonfin

Fils d'un entrepreneur qui travailla à la construction des hôtels des Douanes et de la Bourse sous la direction de Jacques Gabriel. Vraisemblablement formé par son père, il devient, le 11 décembre 1747, il est nommé par les jurats ingénieur de la ville de Bordeaux. De 1756 à sa mort, il occupe le poste d’ingénieur-architecte et directeur des travaux de la ville de Bordeaux. À ce titre, il dirige les travaux de la place Royale (place de la Bourse) et contrôle les travaux de la nouvelle salle de spectacle construite par Victor Louis. En 1776, le cardinal de Rohan décide de remplacer Etienne Laclotte par Richard-François Bonfin pour terminer l’édification du palais archiépiscopal (Palais Rohan). C’est à lui qu’est généralement attribué la construction des étages et celle du grand escalier d’honneur, célèbre pour sa stéréotomie.

Son fils Michel Jules Bonfin (Bordeaux 1783- 1848) lui succède comme ingénieur architecte de la ville de Bordeaux. Il a conçu le nouveau palais de justice, les bains des Quinconces. Il est également le concepteur de l'église Saint-Martial et d'une usine de tabac dans l'ancien hôtel des fiacres, qui existent toujours.

L'architecte bordelais Louis Combes commencera sa carrière dans l'atelier de Richard-François Bonfin — ses principales œuvres connues sont :

L'achèvement du Palais Rohan

Hôtel de ville Bordeaux

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Le contrôle du chantier du Grand Théâtre

Contrôle du chantier du Grand Théâtre

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La construction de l'hôtel de Lisleferme

L'hôtel de Lisleferme

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Ce bel hôtel particulier fut édifié par Richard François Bonfin, architecte de la Ville, pour Nicolas de Lisleferme (1737‑1821), avocat au parlement de Bordeaux, jurisconsulte, poète et amis des arts, dont le nom est resté au bâtiment.

C'est le 6 mars 1778 que les jurats réunis en conseil, doivent délibérer sur la demande de deux des plus puissants notables de la ville : Jean Valleton de Boissière et son gendre Nicolas de Lisleferme. Ils demandent l'autorisation "de faire bâtir une ou plusieurs maisons suivant la décoration dont ils ont produit le plan, entre la salle appelée Bardineau et le Jardin royal", ancien nom du jardin public. L'hôtel fut achevé, semble-t-il, en 1781 et décoré aussitôt. Les boiseries du salon ovale, représentant les quatre saisons sont attribuées au sculpteur Cabirol.

Le 26 mai 1857 la ville de Bordeaux se rend acquéreur de l'hôtel de Lisleferme en vue d'y installer le cabinet d'Histoire naturelle. Sur les plans de l'architecte de la municipalité, Charles Burguet, l'hôtel de Lisleferme subit d'importantes modifications pour sa transformation en musée. Subsistent sa façade, la rampe en fer forgé originale de son escalier et le salon ovale Louis XVI. Le déménagement et l'installation des collections, sous la direction du conservateur, le docteur Souverbie, semblent achevés en 1862. En 1952, le Musée de préhistoire et d'éthnographie, qui occupait les trois salles du rez-de-chaussée côté jardin depuis 1871, déménage. Les salles libérées sont affectées au Muséum.

En mars 2019, après d'importants travaux de rénovation et d'extension le Muséum d'Histoire naturelle de Bordeaux, devenu le Muséum de Bordeaux -sciences et nature a rouvert ses portes au public.

Site du musée d'histoire naturel

François LHOTE

Élève de l’Académie royale d’Architecture, il vient à Bordeaux en 1768 et travaille dans le bureau de l’ingénieur de la province Saint-André. Il propose un mémoire et un projet (1454-1756) pour une salle de spectacle. Ce projet d’abord retenu est finalement rejeté au profit de celui de Victor Louis.

Il collabore avec l’architecte de la ville Richard-François Bonfin avec qui il surveille le déroulement de la construction du Grand Théâtre prenant régulièrement parti contre Victor Louis. Il devient ensuite ingénieur de la voirie pour le compte des Trésoriers de France et sous la Révolution, architecte de la voirie de la ville. Cet architecte, qui anime avec virtuosité des volumes plats par des moulures et des décors sculptés, s’est aussi activement occupé de spéculation foncière (rue Huguerie et rue Rolland).

Principales œuvres connues : l’hôtel Piganeau ou Feger-Latour (rue Esprit-des Lois), maison Camescasse (12 cours du Chapeau-Rouge), l’hôtel Basquiat (cours d’Albret), une suite de maison rue Huguerie, pavillon de musique de la rue Saint-Laurent.

Rosa Bonheur

Sources Roseaux - Wikipedia
A propos de Roseaux

Roseaux - Note des auteur.e.s du site

ROSEAUX, C’EST UN MAGAZINE FÉMINISTE QUE NOUS VOULONS INCLUSIF ET PÉDAGOGUE. S’ADRESSE À TOUT LE MONDE, ET SURTOUT À CELLEUX QUI SOUHAITENT APPRENDRE, DÉBATTRE, COMPRENDRE LES BASES DES LUTTES POUR L’ÉGALITÉ. C’EST LA CÉLÉBRATION DE LA DIFFÉRENCE, DU RESPECT, DE LA LIBERTÉ DE CHOIX, DE LA TOLÉRANCE.
C’EST NOS IDÉES ET NOS ESPOIRS, NOS ENVIES DE PARTAGER, NOTRE DÉSIR DE RENDRE LA PAROLE À TOU.TE.S LES INVISIBLES, LES OUBLIÉ.E.S, LES LAISSÉ.E.S POUR COMPTE. C’EST PARTI D’UNE ENVIE DE PARLER DE LA VIE À TRAVERS UN PRISME FÉMINISTE ET PLURIEL, POUR CRÉER UN ESPACE D’EXPRESSION DANS UN PAYSAGE MÉDIATIQUE DOMINÉ PAR UNE SEULE CATÉGORIE DE LA POPULATION.
DE QUOI ALLONS-NOUS VOUS PARLER ? DE LA VIE, SURTOUT CELLE DES FEMMES, DES RACISÉ.E.S, DES LGBTQIA+, DE CORPS, DE CUL, DE POLITIQUE, DE CULTURE, DE SOCIÉTÉ ET DE SALADE VERTE, ET C’EST DÉJÀ PAS MAL.

Le site

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Portrait de Rosa Bonheur (1857)
Edouard-Louis Dubufe
Huile sur toile, 131 × 98 cm
Musée national du Château de Versailles.
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Rosa Bonheur décorée Le 10 juin 1865

Marie-Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822 à Bordeaux en Gironde et morte le 25 mai 1899 à Thomery en Seine-et-Marne, est une artiste peintre et sculptrice française, spécialisée dans les scènes de genre avec des animaux et la peinture animalière.

Jeune fille, à dix-huit ans, elle allait dans les fermes, fréquentait seule les marchés aux bestiaux, les abattoirs, aimant avant tout cette sauvagerie d'allure qui lui laissait toute liberté de pensée, d'observation et de travail. La jolie fille errait ainsi dans l'enthousiasme contenu d'un projet à réaliser, regardant, s'arrêtant, crayonnant, frôlait de bien vulgaires blouses de marchands de chevaux et de bouchers et ces hommes grossiers.

Les maquignons se disaient entre eux Tiens, voilà encore le petit qui dessine. Et le petit pouvait, sans être aucunement dérangé, ni inquiété, poursuivre ses travaux tout à la joie de pénétrer cette nature rustique qui répondait si bien à ses aspirations d'artiste.

Elle disait d'elle même : « Je suis un sauvage des prairies et des forêts. »

Plus tard, Rosa entreprit de grands voyages dans les montagnes, en Écosse, en Irlande, dans les Pyrénées. Elle y vécut de la vie des bergers, vêtue comme eux, mangeant de leur pain bis comme dans Virgile, passant des nuits sous des cahutes pour surprendre l'instant poétique entre tous, l'instant du réveil du troupeau à l'aurore, le charme é-mu du premier bêlement d'agneau répondant au premier rayon du levant sur la roche qu'il dore de sa lumière. L'émotion qu'elle en ressentit, se retrouve dans un grand nombre de ses œuvres, compositions pleines de grandeur et d'où s'exhale cependant une douceur d'intimité due à l attitude toujours vraie, toujours observée de l'animal, pris dans la sécurité de sa vie libre en pleine immensité, blotti dans la tiédeur d'un abri familier, mais entre deux montagnes.

Un peu d'excentricité, de caprice, ce qui est encore bien une tendance féminine, donnait du piquant à ses idées. Elle avait eu la fantaisie d'élever, pour les peindre, deux jeunes lionceaux mâle et femelle et racontait avec émotion leur histoire. Cette histoire était navrante. Le lion était mort le premier, jeune encore, d'une maladie de la moelle épinière, mais la lionne avait eu le temps de s'attacher à sa maîtresse, mais elle devint malade de la même maladie que son frère.

En 1849, le tableau commandité, intitulé Le Labourage nivernais Le Labourage nivernais (1849).
Huile sur toile - (H. )1,34m x 2,6 m) - musée d’Orsay. Paris
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obtient un réel succès. Ceux qui prétendent connaître le chemin de l’avenir lui feront évidemment payer ce conservatisme artistique par les petites remarques acides qui sont de tradition. Cézanne, par exemple, trouve Labourage nivernais « horriblement ressemblant ». Rosa Bonheur réussit rapidement et brillamment, Cézanne ne sera accepté que tardivement. Ceci explique sans doute cela.

A partir de ce moment, sa popularité ne cesse de grandir. En effet, son œuvre a la particularité de fédérer une critique d’art à l’époque scindée en deux entre le romantisme et le classicisme. N’appartenant pas véritablement à l’un ou à l’autre des courants, elle ne s’inscrit pas dans cette sorte de rivalité. Les critiques seront pour la plupart du temps, unanimes. C’est le cas par exemple avec Le marché aux chevaux Le Marché aux chevaux (1853).
Huile sur toile, 245 × 507 cm, Metropolitan Museum of Art, New York
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en 1853.

La même année, Rosa Bonheur est nommée directrice de l'École gratuite de dessin pour les jeunes filles, en remplacement de son père qui avait obtenu ce poste l'année précédente mais venait de mourir, elle disait : « Suivez mes conseils et je ferai de vous des Léonard de Vinci en jupons ».

La carrière de Rosa Bonheur s'est déroulée à l'écart des courants artistiques. Ne s'associant à aucun des courants modernes successifs, romantiques, réalistes et impressionnistes, et bénéficiant toujours d'une clientèle fortunée, dont elle ne rechigne pas à faire le portrait des animaux de compagnie, elle a été associée à un courant conservateur, « bourgeois », auquel ces courants se sont tour à tour opposés. Ses positions politiques conservatrices et « agrariennes » ont accentué cette association.

En 1859, Rosa Bonheur est une artiste reconnue, recevant de nombreuses visites à son atelier de la rue d'Assas à Paris. Elle rêve d'un lieu à la campagne où elle pourrait vivre au calme, au milieu de la nature et des animaux qu'elle aime particulièrement. Elle achète le château de By, à la lisière de la forêt de Fontainebleau, et fait appel à l'architecte Jules Saulnier pour construire son atelier. C'est l'une des premières constructions en ossature métallique. Rosa Bonheur a 37 ans, est au faîte de sa gloire, elle est la première femme française à s'acheter un château avec le fruit de son travail.

Elle déplorait que certaines de ses sœurs du pinceau, comme elle les appelait, soient parfois esclaves des nécessités de l'existence au point de voir leur talent en souffrir et quand elle en rencontrait sur son chemin, elle les aidait avec élan et joie. Mais elle n'était pas féministe à la façon de celles qui, sous prétexte de faire le bonheur de la femme en la délivrant de ce qu'elles appellent le joug du mari, voudraient la priver d'une protection salutaire et de tout cer qui fait la joie, la lumière du foyer ; qui, dans le but de réaliser de vaines chimères, cherchent à étouffer en elle tout élan instinctif, toute attraction naturelle. Elle m'écrivait à propos de nos collègues de la palette qui travaillent sérieusement : « Elles prouvent que le Créateur a fait de la femme la noble compagne de l'homme et qu'il n'a fait la différence entre eux que pour la noble reproduction des êtres dans ce monde-ci. »

Célibataire : « Si je ne me suis pas mariée, c’est à cause du souvenir de mon père. »
Très tôt, Rosa comprend que le mariage n’est qu’un piège pour la femme, qui, quoi qu’il advienne, sera toujours dans l’ombre de son mari auquel elle devra être dévouée et dont elle sera totalement dépendante.
Raimond Bonheur, son père, se révèle progressiste à l’égard de sa fille, il ne l’est pas à l’égard de son épouse, qu’il n’hésitera pas à abandonner sans ressources avec quatre enfants, à une époque qui met les femmes en incapacité de gagner décemment leur vie ; cet acte va la tuer.

Ayant connu la misère, Rosa Bonheur se jure de devenir riche. « Je veux gagner beaucoup d’argent, car il n’y a qu’avec ça qu’on peut faire ce qu’on veut. » Ayant vu sa mère humiliée et mise à mort, Rosa Bonheur veut « relever la femme », œuvrer pour son indépendance financière et psychique.

Malgré son refus du mariage, Rosa ne vit pas pour autant seule. Comme Louise Michel après elle, elle fait le choix de vivre avec deux femmes, successivement : Nathalie Micas, son amie d’enfance et Anna Klumpke, une jeune peintre qui restera à ses côtés jusqu’à sa mort. Pratique assez courante au XIXème siècle, le matrimoine permet de se protéger de la misogynie ambiante lorsque l’on fait le choix du célibat et également de s’assurer une certaine sécurité financière.
En effet, les femmes vivant en matrimoine mettent en commun leurs biens à la fois matériels et immatériels. On affirme alors à tort et à travers l’homosexualité de la peintre et même encore maintenant. Elle n’a pourtant cessé de démentir, évoquant plutôt un amour platonique et une « union d’âmes ».

Bien qu’elle ne se soit jamais revendiquée comme féministe, lorsqu’elle choisit de devenir la première femme peintre animalière, Rosa annonce qu’elle « veut relever la femme ». Elle rompt avec les thèmes artistiques tolérés pour les femmes, à savoir le portrait ou les fleurs et brise ainsi la tradition, animée par le désir de venger sa mère. Portée par les valeurs de son père qui, malgré ses travers, lui a inculqué que la femme relèverait le genre humain, Rosa est fière d’être femme et est persuadée que c’est à son genre que le futur appartient.

Elle constitue un atelier de production avec Nathalie Micas (amie d'enfance) et Juliette Bonheur (sa soeur). Ses œuvres sont reproduites en estampes par la maison Goupil &Cie, l’un de plus importants marchands d’art et éditeurs français de l’époque, qui souhaite mettre l'art à la portée de tous, lui assurant une large diffusion... elle donne interviews et photographies pour forger une légende autour de son personnage... elle part en tournée avec son marchand d'art pour trouver son réseau de vente et faire la promotion de ses tableaux.

Elle est la première artiste dans l'histoire de la peinture dont le marché de l'art spécule sur ses tableaux de son vivant.

Sa vie émancipée n'a pas fait scandale, à une époque pourtant très soucieuse des conventions. Comme toutes les femmes de son temps depuis une ordonnance datant de novembre 1800, elle devait demander une permission de travestissement Permission de travestissement
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renouvelable tous les six mois auprès de la préfecture de Paris, pour pouvoir porter des pantalons dans le but, notamment, de fréquenter les foires aux bestiaux ou de monter à cheval. Cependant, sur toutes les photos « officielles », Rosa Bonheur respectait la loi et portait toujours une robe.

Marché aux chevaux de Brie-Comte-Robert Marché aux chevaux de Brie-Comte-Robert
Rue du lavoir
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En séjour au château de Fontainebleau, l'impératrice Eugénie se fend d'une visite surprise à Rosa Bonheur, le 15 juin 1864. Elle souhaite rencontrer celle dont la renommée n'est plus à faire et qui s'est retirée loin de Paris. L'artiste, en train de peindre « Le Cerf sur les longs rochers », a à peine le temps de quitter sa blouse que l'épouse espagnole de Napoléon III entre avec tout son aréopage. Cette mondaine, admiratrice de Marie-Antoinette, mais soucieuse des plus démunis, amatrice d'arts et de lettres, est sensible à la cause des femmes.

Eugénie, revenue au château de By un an plus tard, le 10 juin 1865, Rosa reçoit la visite de l’impératrice Eugénie L’impératrice Eugénie remettant la légion d’honneur
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- Elle épinglera elle-même la croix à la blouse de Rosa Bonheur. « Vous voilà chevalier, je suis heureuse d'être la marraine de la première femme artiste qui reçoive cette haute distinction », déclare la souveraine. Le fils de l'impératrice se montre alors curieux de voir cette femme en blouse et en pantalon, signe que cette tenue quelque peu provocante suscitait la curiosité. En 1894, sous la IIIe République, Rosa Bonheur deviendra ensuite la première femme promue au grade d'officier de la la légion d’honneur. Rosa Bonheur est la première femme artiste à recevoir la légion d’honneur en 1865
© LP/Faustine Léo - MIME type :image/webp


L'impératrice : « J’ai voulu que le dernier acte de ma régence fût consacré à montrer que le génie n’a pas de sexe. (…) je ne veux pas que vous fassiez partie d’une « fournée » : votre nomination paraîtra avec un retard d’un jour, vous serez l’objet d’un décret spécial qui sera mis en tête du Moniteur. »

Le souvenir de cette croix des braves qui lui avait été remise là, près de ce canapé, devant ce chevalet, au milieu de toutes ces études, de ces objets familiers, lui était resté comme l'un des plus touchants de sa vie et elle en avait gardé à celle qui avait été heureuse de lui donner cette joie, une profonde reconnaissance que rien n'altéra jamais, ni les lamentables événements de 1870, ni l'exil de l'impératrice détrônée.

Outre la mémorable visite de l'impératrice Eugénie, l'atelier de By avait vu venir, à différentes époques, de grands personnages officiels, l'empereur dom Pedro, le duc d'Aumale, le prince de Galles (qui fut ensuite le roi Édouard VII), la princesse de Battemberg et, en 1893, Sadi Carnot, alors président de la République, accompagné de Mme Carnot. Bien peu de semaines avant sa mort dramatique, le sympathique président Carnot, qui était l'un de ses grands admirateurs, l'avait, par décret du 3 avril 1894, promue au grade « d'officier » de la Légion d’Honneur, une première également pour une femme.

Sa réputation universelle lui avait en outre valu environ une douzaine de décorations étrangères, belge, portugaise, espagnole, etc...

Les Européens appréciaient beaucoup le spectacle Wild West de « William F. Buffalo Bill Cody ». Lors de son voyage à Paris en 1889, Rosa Bonheur a visité l'exposition universelle Rosa Bonheur assiseavec Buffalo Bill (2e en partant de la gauche) et les Indiens du Wild West Show, en 1889./DR
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pour réaliser des esquisses des animaux exotiques américains et des guerriers indiens avec leurs familles. Cody, à son tour, a accepté l'invitation de Rosa Bonheur dans son château de By, où elle a peint ce portrait Rosa Bonheur. Le colonel William F. Cody (1889)
Huile sur toile, 47 × 39 cm, Buffalo Bill Center of the West, Cody (Wyoming).
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(Commentaire Buffalo Bill Center of the West)

Buffalo Bill est charismatique, jeune et beau. Et comme Rosa Bonheur, il est une star de la fin du XIXe siècle. En 1889, pour l'Exposition universelle, l'Américain Bill Cody, vient en tournée à Paris, avec son spectacle, le « Buffalo Bill's Wild West ». Cette figure mythique de la conquête de l'Ouest, ancien postier du Pony Express, chasseur de bisons, y présente des scènes de la vie des pionniers, une chasse au bison, l'attaque d'une diligence et de la cabane d'un pionnier par les Indiens…

Rosa Bonheur, passionnée par les Indiens, va évidemment assister à cette représentation qui rassemble 30 000 personnes chaque jour, de mai à octobre. Émerveillée, elle obtient l'autorisation de venir au campement où elle assiste à la vie quotidienne des Peaux-Rouges.

Tous les jours, elle vient dessiner leurs bisons, leurs armes, leurs chevaux… « C'est un rapprochement franco-américain improbable, s'amuse l'historienne Natacha Henri. Ils avaient besoin d'un interprète. Mais ils se sont reconnus dans leur amour des animaux et dans le fait qu'ils avaient construit leur propre personnage. »

En retour, Rosa Bonheur invite Buffalo Bill à Thomery. Ils déjeunent à l'hôtel de France à Fontainebleau, essayent d'organiser une chasse à courre au sanglier. Rosa Bonheur trouve l'occasion de se délester de deux chevaux sauvages, Apache et Clair-de-Lune, cadeaux d'un admirateur américain.

Buffalo Bill, cavalier hors pair, n'aura aucun mal à les dompter et repartira avec. Non sans que l'artiste ne réalise son portrait en selle sur son cheval préféré. En remerciement, Rosa Bonheur reçoit un costume de Sioux. Costume offert par Buffalo Bill
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Ce dernier est exposé à Thomery. Durant les années qui suivent, les deux personnages s'écrivent. Lors de l'incendie de sa maison, Buffalo Bill refusera de sortir sans le portrait que son amie a fait de lui.

KLUMPKE, ANNA (1856-1942)
Les deux femmes se rencontrent pour la première fois en 1889 alors qu’Anna, jeune portraitiste américaine sert de traductrice entre Rosa et un marchand de chevaux américain. Admirative du travail de Rosa Bonheur, elle entretient avec elle une longue correspondance entrecoupée de visites. Dix ans après, elle vient au château de By pour peindre le portrait de son modèle. Rosa finit par lui proposer de s’installer définitivement. A partir de ce moment, elles ne se quitteront plus, tissant des liens très forts. Rosa en fait sa légataire universelle à sa mort en 1899, ce qui ne manque pas de faire grand bruit à l’époque et ne sera jamais accepté par sa famille. Par la suite, Anna s’évertue à faire perdurer la mémoire de son amie, notamment en publiant sa biographie.

Ayant contracté une congestion pulmonaire à la suite d'une promenade en forêt, elle meurt le 25 mai 1899 au château de By sans avoir achevé son dernier tableau La Foulaison du blé en Camargue, peinture de très grand format (hauteur 3,13 m x longueur 6,51 m), qu'elle souhaitait montrer à l'Exposition universelle de 1900. Ce tableau ainsi que le dessin préparatoire sont toujours visibles sur place - Pour réaliser cette œuvre, l’artiste s’inspira de sa lecture du poème « Mireille » de Frédéric Mistral, composé en 1859, ainsi que d’une scène agricole à laquelle elle avait assisté dans le sud de la France. Elle représente des chevaux piétinant du blé pour en extraire le grain illustrant un thème cher à Rosa Bonheur : la célébration du travail des paysans. Elle effectua de nombreuses études préparatoires, notamment des études de chevaux. L’artiste attachait en effet une grande importance au dessin, constituant pour elle la première étape indispensable à la création d’une œuvre ainsi qu’elle aimait à le conseiller à ses élèves de l’Académie Julian : « Gardez-vous de vouloir aller trop vite, avant de prendre les pinceaux, assurez d’abord votre crayon, devenez fortes dans la science du dessin. »

Dessin préparatoire Dessin préparatoire de La Foulaison du blé en Camargue de Rosa Bonheur © CourtesyMillon
Ėtude sur papier calque avec mise au carreau
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - MIME type: image/webp
  La peinture La Foulaison du blé en Camargue (hauteur 3,13 m x longueur 6,51 m)
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Elle est inhumée à Paris au cimetière du Père-Lachaise (74e division), dans la concession que la famille Micas lui avait léguée. Elle y repose aux côtés de Nathalie Micas et d'Anna Klumpke (dont les cendres furent rapatriées en 1948, après son décès aux États-Unis en 1942).

Le 29 mai, le Salon des artistes français lui décerne la médaille d'honneur à titre posthume, Tony Robert-Fleury écrivant alors à Anna Klumpke : « si nous avions pressenti une fin aussi soudaine, nous aurions voté pour Rosa Bonheur, mais nous ne pouvions prévoir la catastrophe. Nous espérions consacrer sa carrière d'une manière plus solennelle en lui décernant la médaille d'honneur à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900. Ainsi nous aurions couronné la carrière d'un des plus grands peintres animaliers du xixe siècle. »

Anna Klumpke - Portrait de Rosa Bonheur Anna Klumpke - Portrait de Rosa Bonheur (1898)
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New York - Metropolitan Museum of Art.


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Le domaine de By
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L'atelier de Rosa Bonheur au Chateau de By
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L'atelier de Rosa Bonheur au Chateau de By
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Le Château de By
© Crédit photo : soutenir.fondation-patrimoine.org
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Thomery. La boîte à peinture de Rosa Bonheur avec derrière son oeuvre inachevée - Les chevaux fuyant l’incendie
© Crédit photo LP/F.L.
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Atelier de Rosa Bonheur
© Crédit photo : soutenir.fondation-patrimoine.org
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Rosa Bonheur dans son atelier
© Georges Achille-Fould - Bordeaux, musée des Beaux-arts
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L'atelier de Rosa Bonheur - © Crédit photo LP/Faustine Léo
Katherine Brault a racheté le château de Rosa Bonheur
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Objets personnels de Rosa Bonheur, comme son mouchoir, son éventail et son rond de serviette.
© /LP/Faustine Léo - MIME : image/webp
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Statue de Rosa Bonheur
Jardin Public Bordeaux - MIME : image/webp

Lien à visiter
Soutenir Fondation Patrimoine Mission Stéphane BERN - Château de Rosa Bonheur  Le site

Isidore Bonheur

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Isidore Jules Bonheur, c. 1870

Isidore Jules Bonheur, né le 15 mai 1827 à Bordeaux, mort le 19 novembre 1901 à Paris 11ème, est un peintre et sculpteur français.

Isidore Jules Bonheur est le second fils et le troisième enfant du peintre Raymond Bonheur (1796-1849) et de son épouse née Sophie Marquis (1797-1828)4. Sa mère meurt un an après sa naissance. Son père se remarie et aura en 1830 une fille de sa nouvelle épouse, Juliette Bonheur, qui deviendra également peintre et épousera en 1852, le fondeur d'art François Auguste Hippolyte Peyrol (1856-1929). Sa famille est composée d'artistes dont la représentante la plus connue est l'artiste peintre Rosa Bonheur, l'aînée de la fratrie. Isidore reçoit d'abord un apprentissage artistique de son père Raymond et de sa sœur aînée Rosa, puis, en 1849, il entre à l'École des beaux-arts de Paris. Après avoir pratiqué la peinture et envoyé au Salon de 1848 un Cavalier africain attaqué par une lionne, il s'oriente vers la sculpture animalière.

Son groupe Combat de taureaux est remarqué au Salon de 1850. Il obtient plusieurs médailles dans les Salons et une médaille d’or lors de l’Exposition universelle de 1889 à Paris.

Sculptures

Taureau Taureau
Parc Georges Brassen Paris
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  Légionnaire à cheval Légionnaire à cheval, 1902
Paris, centre hospitalier Sainte-Anne.
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Jacques Raymond Brascassat

Sources wikipedia - Charles Marionneau (1867)
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Jacques Raymond Brascassat - Autoportrait
musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Jacques Raymond Brascassat, né Jacques Brascassat le 30 août 1804 à Bordeaux et mort à Paris le 28 février 1867, est un peintre et aquafortiste français.

Extrait du Registre des Actes de Naissance de l'an 1804 :
Du quatorzième jour du mois de fructidor an XII de la République française, à midi, acte de naissance de Jacques, né chez son père, le douzième jour du présent mois, à neuf heures du soir, fils de Raymond Brascassat, tonnelier, demeurant à Bordeaux, rue Saint-Jean, 201, et de Marie Périès, mariés ; le sexe de l'enfant a été reconnu être masculin, en présence de Jacques Périès, âgé de cinquante ans, aïeul maternel de l'enfant, tailleur d'habits, Grande-Rue-Saint-Jean, 199, et de Bertrand Pascalet, âgé de soixante-huit ans, marin, rue Nérigean, 14, sur la réquisition à nous faite par le père de l'enfant. Et, après avoir donné lecture du présent acte, le père et les témoins ont signé.

Constaté, suivant la loi, par Louis Thadée Peyrelongue, adjoint de la mairie au sud, faisant les fonctions d'officier public de l'état-civil.

Jacques-Raymond Brascassat était le fils aîné d'un pauvre ouvrier tonnelier, et son goût pour la peinture se développa tout naturellement. Il était à peine âgé de douze ans, lorsqu'il entra dans l'atelier d'un peintre obscur, nommé Lacaze, qui, malgré sa grande médiocrité, avait un ardent amour de l'art et sut l'inspirer à son élève. Là, Brascassat peignit des sujets d'attiques et des trumeaux pour l'ornementation des cheminées, et contribua puissamment aux bénéfices de l'atelier, ou, pour mieux dire, de la boutique de son patron. Mais, comprenant qu'il perdait un temps précieux dans ce bas métier de l'art, Brascassat laissa le peintre Lacaze pour suivre les conseils d'un jeune élève de l'école de peinture de la ville de Bordeaux, nommé Dubourdieu, condisciple d'Alaux (devenu directeur de l'École de Rome), de Monvoisin et de Michel Gué, qui ont laissé un nom dans les arts.

Brascassat ne resta pas longtemps sous la direction de son jeune maître, et, sur les conseils de ce dernier, il suivit les cours de l'école municipale, où il obtint le prix de figure dessinée d'après nature, prix qui se voit encore dans la galerie de cet établissement. Si rapide qu'ait été son séjour dans l'atelier du peintre Dubourdieu, Brascassat s'en souvenait quarante ans plus tard, en envoyant à Bordeaux deux exemplaires de ses lithographies la Lutte de Taureaux et la Vache attaquée par des Loups, exemplaires sur lesquels, cette dédicace: « A mon ancien maître M. Dubourdieu. R. Brascassat. »

C'est peu de temps après son entrée à l'école de dessin, alors dirigée par M. Lacour fils, que M. Goëthals, l'un des fondateurs des Annales du Musée d'instruction publique, qui avait déjà vu Brascassat dans l'atelier du peintre Lacaze et remarqué ses grandes dispositions, le fit venir à l'Athénée, rue Mably, et mit à son service tous les tableaux de sa galerie. Brascassat fit connaissance de M.Théodore Richard, ancien élève du paysagiste Bertin, et qui était alors ingénieur en chef du cadastre à Bordeaux. M. Richard prit le jeune peintre sous sa protection et l'emmena plusieurs années de suite étudier la nature dans les montagnes de l'Aveyron. C'est de Milhau qu'il vint à Paris, en 1825, quelques mois avant le concours de paysage historique ; et, pour s'y préparer, il entra dans l'atelier de Hersent (Louis), membre de l'Institut.

Admis au concours de Rome, Brascassat s'y livrait avec une ardeur tellement fiévreuse, que parfois sa nature maladive l'obligeait à se faire transporter à l'École des Beaux-Arts.

Tous ses tableaux se recommandent par la fraîcheur et le naturel du coloris, par la vigueur de la composition, il fut surnommé le Poète des animaux.

Le tableau : La Chasse de Méléagre ou La Mort du sanglier de Calydon, couronné en 1825, fut donné à la ville de Bordeaux par le Comte de Peyronnet, Garde des Sceaux.
[ voir La Chasse de Méléagre ou La Mort du sanglier de Calydon
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© Crédit photo : Musba
]

Adrien Dauzats

Notes supplémentaires pour servir à la biographie des hommes utiles ou célèbres de la ville de Bordeaux et du département de la Gironde, par L. L. [Lamothe.] 1869
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Adrien Dauzats par Nadar (1854)

DAUZATS Adrien, est né à Bordeaux le 27 messidor an XII (16 juillet 1804), mort à Paris le 18 février 1868.

Il étudie le dessin à Angers, puis à Bordeaux avec Lacour, travaille avec Olivier à la décoration théâtrale à Bordeaux ; vers 1825, entre dans l'atelier de Gué, à Paris ; fournit un grand nombre de dessins aux « Voyages romantiques et pittoresques dans l'ancienne France », de Tayloret Ch. Nodier ; visite l'Egypte avec Taylor, à l'époque du transport de l'Obélisque du Louxor; puis passe en Judée, en Syrie, en Palestine ; rédige « les Quinze jours au Sinaï », signés par Alexandre Dumas, et dont celui-ci a dit : « La vérité est que c'est dans les cartons de Dauzats que j'ai vu la Palestine. » Accompagna en 1839, comme artiste historiographe, le duc d'Orléans pendant l'expédition des portes-de-Fer, et surveilla la publication à l'imprimerie royale de la relation de ce voyage.

En 1840 publie, avec Ph. Blanchard, la Relation de l'expédition française au Mexique ; parcourt la Turquie, la Suisse, la Belgique, l'Allemagne, l'Angleterre. En 1862, délégué à l'Exposition de Londres. En 1844, un des fondateurs de la Société des artistes peintres, sculpteurs et graveurs, travaille à la réorganisation de la Société des Amis des arts de Bordeaux. Obtient une deuxième médaille au salon de 1831, deux premières en 1835 et 1848, une de première classe en 1855.

Le Musée de Luxembourg et celui de Versailles possèdent de lui plusieurs toiles et plusieurs aquarelles, épisodes de ses voyages au Sinaï et en Algérie.... Trois jours avant sa mort, il s'asseyait, haletant et fiévreux, devant son chevalet, et avançait ce grand tableau de « Sinbad le Marin » [ voir Sinbad le Marin- Adrien Dauzats 1868
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], qui, dans son inachevé, reste une de ses oeuvres les plus importantes et qui orne actuellement le Musée de sa yille natale.... Par sa discrétion, par son activité soutenue, par sa connaissance des hommes, des choses et des circonstances, par sa parfaite honorabilité, il s'était acquis une influence considérable dont il n'usait qu'au profit des autres; car Dauzats vécut et mourut presque pauvre.

Jean Bruno Gassies

Il est né à Bordeaux le 25 octobre 1786, mort à Paris le 12 octobre 1832.

Avant de se livrer à la peinture, qui a rendu son nom célèbre, Gassies avait servi dans la marine ; il fut fait prisonnier, et passa plusieurs années sur les pontons, anglais.

Plus tard, il alla rejoindre Louis XVIII à Gand. Mais déjà son goût pour la peinture s'était manifesté ; il étudia cet art à Bordeaux sous Lacour père, et à Paris dans les ateliers de Vincent et de David.

En 1810, il exposa au Salon de Paris Homère abandonné sur un rivage par des pêcheurs. En 1811, il obtint le premier prix décerné à Bruxelles par la Société des beaux-arts, pour son tableau : Agar renvoyée par Abraham, resté au musée de cette ville. Il est peu d'expositions qui n'aient présenté quelques tableaux de cet artiste, toujours remarqués.

Un des plus célèbres représente un Bivouac de la garde nationale dans la cour du Louvre. Il fut exposé en 1831, et se trouvait en 1848 dans le cabinet du roi, aux Tuileries. La plupart des figures sont des artistes alors vivants ; l'auteur s'y est représenté. On voit des toiles de Gassies au Louvre, à Versailles; un assez grand nombre ont passé en Hollande; plusieurs ont été détruites dans le sac du palais de Neuilly, en février 1848. Indépendamment de la peinture historique, Gassies s'est exercé dans le genre et le paysage ; mais c'est surtout comme peintre d'intérieur et de marine qu'il a eu ses plus beaux succès. Il a laissé un grand nombre de dessins, de scènes de la vie maritime, qu'il dramatisait avec un grand bonheur.

Le musée de Bordeaux ne possède de ce peintre qu'un portrait de Louis XVIII. [ voir Louis XVII - Jean Bruno Gassies - Copie
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© Crédit photo : Musba
]

Jacob Rodrigues Pereire

Sources JACOB RODRIGUES PEREIRE - PREMIER INSTITUTEUR DES SOURDS-MUETS EN FRANCE - ERNEST LA ROCHELLE - 1882
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Jacob Rodrigues Pereire


Jacob Rodrigue Pereire (ou Jacob Rodrigues Pereira) naquit à Berlanga, ville de l'Estramadure espagnole, le 11 avril 1715. Il était fils d'Abraham Rodrigues Pereira et d'Abigaïl Ribca Rodrigues Pereira, qui tous deux étaient de la même famille. Chassés d'Espagne par la persécution qui sévit contre les Juifs, ses ancêtres s'étaient réfugiés en Portugal, dans la province de Tras-Os-Montes, à Chacim.

Quelque soin que les Israélites de l'Espagne et du Portugal pussent prendre à dissimuler la constance de leur foi sous les pratiques extérieures de la religion catholique, il est de tradition dans la famille Pereire que la mère de Jacob Rodrigues fut traduite, comme relapse, devant le tribunal du Saint-Office de Bragance, et condamnée à faire, pendant un an, amende honorable à la porte de la cathédrale.

C'est pour échapper à cette humiliante et douloureuse vexation que Abigaïl Ribca Rodrigues Pereira, restée veuve et chargée d'une nombreuse famille, s"enfuit de Portugal et vint, vers l'année 1741, s'établir à Bordeaux.

Jacob Rodrigues Pereire, en 1734, habite Paris, et dès l'âge de dix-neuf ans, est en quête d'informations sur les sourds-muets de naissance. Son correspondant, nommé Barbot, y joignait ses observations sur des sujets non pas nés, mais devenus sourds ou muets.

Sachant d'ailleurs qu'il était né dans le marquisat de Berlanga, sur les terres d'une famille où la surdité était héréditaire, il parait possible que l'attachement pris par Pereire pour une personne de cette maison a déterminé sa vocation. Pereire avait une sœur sourde-muette dont il fut le premier instituteur.

C'est au XVIe siècle qu'appartient l'honneur des premiers efforts faits pour rendre à la société des infortunés auxquels Aristote avait refusé l'intelligence, saint Augustin, la connaissance de la foi, et la loi Romaine, une portion essentielle des droits civils. Pendant que, en Italie, le savant Jérôme Cardan cherchait à relever les sourds muets de cet anathème, en affirmant qu'on pouvait les mettre en état d'entendre en lisant et de parler en écrivant, et les déclarait capables de connaître et d'honorer Dieu, un bénédictin espagnol, Pierre Ponce, réalisait cette théorie en enseignant aux sourds-muets de naissance à lire, à écrire, à raisonner et même à parler.

Les archives du monastère des Bénédictins de San Salvador d'Ona, possèdent en effet un acte dans lequel Pierre Ponce déclare que ses élèves « parlaient, écrivaient, calculaient, priaient à haute voix, servaient la messe, se confessaient, savaient le grec, le latin, l'italien, et comprenaient la philosophie naturelle et l'astrologie. »

Le mathématicien anglais John Wallis, — auteur de cette Arithmétique des infinis qui mit peut-être Newton sur la voie de ses grandes découvertes, publia à Oxford en 1653 sous ce titre : Traité de la parole ou de la formation des sons, et qui accompagnait sa Grammaire de la langue anglaise. Sa méthode, dit Gérando, se composait de quatre éléments : L'écriture et la lecture, l'alphabet manuel, l'induction logique, aidée des exemples, et les gestes, mais seulement les gestes empruntés au sourd lui-même.

C'est à la fin d'octobre 1741 qu'il vint, avec sa famille, se fixer définitivement à Bordeaux. Il fuyait, devant l'Inquisition qui sévissait alors sur les deux Etats de la Péninsule. On connaît l'éloquente protestation que le supplice d'une juive de dix-huit ans, brûlée à Lisbonne que l'Espagne et le Portugal n'était pas le seul théâtre des exploits du Saint-Office.

Plus tard, il fit diversion à ses travaux de mutismicien pour s'occuper d'opérations financières, il commença par tirer parti, dans quelque maison de banque ou de commerce, de sa rare aptitude aux sciences mathématiques. Une tradition de famille autoriserait d'ailleurs à supposer que, s'il était venu à Bordeaux, c'était originairement pour y servir et représenter les intérêts de son frère Manuel établi à Cadix.

A la connaissance de l'espagnol, sa langue maternelle, et du latin, il joignait celle du portugais et de l'hébreu. La tâche qu'il avait assumée d'instruire les sourds-muets dans une langue qui n'était pas la sienne doit lui avoir imposé de pénibles travaux. L'alphabet manuel gravé dans l'ouvrage de Bonet et approprié à la langue espagnole, ne pouvait, sans être refondu, servir à l'enseignement de la langue française. C'est après dix années de patientes études infatigablement poursuivies, en France comme en Espagne, sur l'anatomie et la physiologie, et après de nombreuses expériences faites sur des sujets affectés de surdi-mutité, qu'il recevait gratuitement chez lui, qu'il instruisait et essayait de faire parler, que Pereire parvint à se mettre en pleine possession de la méthode nouvelle dont, en 1745, il put faire constater publiquement et admirerles premiers résultats.

Grande fut la surprise de toute la ville à la nouvelle qu'un Espagnol avait un secret pour apprendre à parler aux sourds-muets de naissance. Jour fut pris pour constater le fait par une épreuve publique, et rendez-vous fut assigné aux curieux à l'établissement des Jésuites, dans la salle où l'on enseignait l'hydrographie.

devant l'Académie royale des Sciences dans la séance du 11 juin 1749, Pereire présente le jeune d'Azy d'Étavigny, qui prononçait très-distinctement, quoique très-lentement encore, les lettres, les syllabes et les mots ; il répondait, de son chef, verbalement ou par écrit, aux questions familières qu'on lui adressait soit par écrit, soit par l'alphabet manuel dont son maître se servait avec lui, sans qu'il fût besoin d'y ajouter aucun signe ; il faisait lui-même des questions et demandait par le moyen de sa langue les choses dont il avait journellement besoin ; il récitait par cœur le Décalogue, le Pater et quelques autres prières et répondait avec intelligence à plusieurs questions du catéchisme. Pereire précisait en outre ce que son élève était déjà instruit de grammaire, d'arithmétique, de géographie et d'histoire.

Les vues de Pereire sur l'instruction des sourds et muets s'étendent, disait le mémoire, à leur apprendre non seulement à prononcer tous les mots de la langue française ou de toute autre langue, pourvu qu'il l'ait apprise lui-même auparavant ; mais encore, ce qui en est l'essentiel, à comprendre le sens de ces mots, et à produire d'eux-mêmes, tant verbalement que par écrit, toutes leurs pensées comme les autres hommes, ce qui par conséquent les rendra capables d'apprendre et de pratiquer comme eux quelque art ou quelque science que ce soit, si l'on excepte seulement, à l'égard de la pratique, les choses pour lesquelles l'ouïe est indispensablement nécessaire.

Outre l'écriture ou des signes ordinaires, Pereire en emploie un troisième qui a l'avantage d'être aussi expressit que le premier, plus bienséant que le second et plus aisé que les deux autres. C'est un alphabet manuel qu'il a appris en Espagne, mais qu'il lui a fallu augmenter et perfectionner considérablement pour le rendre propre à parler exactement en français. Il s'en sert avec une brièveté qui approche plus de la promptitude de la langue que de la lenteur de la plume. Cet alphabet est contenu dans les doigts d'une seule main, laquelle suffit encore à Pereire pour exprimer, en chiffres, toutes sortes de sommes et pour enseigner à ses élèves, bien plus facilement et bien plus sûrement que par les méthodes ordinaires, les quatre règles de l'arithmétique.

Cette méthode, inventée par Pierre Ponce, pour instruire le fils du connétable de Castille, affecté de surdi-mutité depuis l'âge de deux ans, principe que l'on peut, par le sens de la vue, restituer au sourd-muet les connaissances qui ne lui parviennent point par le sens de l'ouïe, il s'appliquait à suppléer au langage naturel par le langage d'action et à remplacer, par leur forme figurée, le son que les lettres expriment. Les deux moyens qu'il avait imaginés à cet effet étaient un système de prononciation artificielle, dont il donne les règles, et l'alphabet manuel déjà connu des anciens, dit-il lui-même : « Il a mis en œuvre, dit Gérando, les signes du langage d'action, et l'écriture alphabétique, et la dactylologie, et l'alphabet guttural; il a ébauché l'enseignement grammatical d'après une méthode inductive, il a ébauché l'enseignement philosophique qui conduit de l'intelligence à la langue. Le seul procédé qu'il n'ait point admis est celui auquel nous avons donné le nom d'alphabet labial. »

L'École de Bordeaux a été fondée, en 1785, par M. Champion de Cicé, archevêque de cette ville, et il en a confié la direction à l'abbé Sicard.

Il est mort dans la nuit du 14 au 15 septembre 1780. Le jour de sa mort, ses deux amis furent introduits dans sa chambre avec les délégués de la Communauté Juive, et pendant que le rabbin récitait le cantique qui, chez les Israélites, accompagne la prière des agonisants, on vit le prêtre catholique et le pasteur protestant unir leur prière à la sienne, en faveur d'un des hommes qui ont le mieux mérité de l'humanité.

c'est à Jacob Péreire que les israélites de France doivent de pouvoir être enterrés dans les cimetières consacrés. Il profita de la bienveillance toute particulière dont l'honorait Louis XV pour obtenir ce témoignage très apprécié de la bienveillance du roi pour ses co-religionnaires de France.

Vital Carles

Sources Le viographe Bordelais

Vital Carles nait à Villenave-d'Ornon dans l'actuel département de la Gironde. Sa famille, très riche, fait probablement construire à la fin du XIVe siècle et possède quoi qu'il en soit à la fin du XVe siècle le château de Carles sur l'actuelle commune de Saillans (Gironde). Elle donnera deux jurats de Bordeaux, Pierre de Carles, président au Parlement de Bordeaux sous François 1er et son frère François de Carles, maire de Bordeaux en 1561, ainsi que l'aumônier et confesseur de Charles IX, Lancelot de Carles (1500-1568) et sa sœur Marguerite de Carle, épouse d’Étienne de La Boétie.

Par acte du 24 décembre 1390, retenu par Pierre Scolan, notaire apostolique à Bordeaux, Vital Carles, chanoine et grand-chantre de l'église cathédrale de Bordeaux, fonda l'ancien hôpital de Saint-André, dans un enclos de maisons lui appartenant, situé près de léglise Saint-André. Pour assurer à perpétuité l'entretien de sa fondation, il y consacra tous ses biens, consistant en plusieurs maisons, emplacements et jardins, qu'il possédait en divers lieux de la ville et dans les faubourgs de Troupeyte et de Sainte-Croix, ainsi que les domaines, fiefs, rentes et dîmes qu'il avait dans les paroisses de Bègles, Saint-Vincent, Saint-Genès, Villenave, Cadaujac, Saint-Médard et Gradignan. Cet acte renferme les règlements donnés à cet établissement et rédigés en gascon par son fondateur. Il déclare que l'hôpital Saint-André est destiné à recevoir et soigner les malades indigents de Bordeaux, et à héberger, pendant un ou deux jours, les pélerins et les pauvres voyageurs, perdus, porte le règlement, que ne sianpas deüs truands (vagabonds).

Vital Caries, qui connaissait le prix de l'instruction, voulut qu'elle trouvât des secours dans l'établissement de charité qu'il avait fondé. Il ordonna que l'hôpital Saint-André serait chargé de pourvoir à l'éducation des enfants natifs de Villenave-d'Ornon (lieu où était sa maison paternelle), qui montreraient des dispositions pour l'étude. En conséquence de cette disposition, on a élevé dans l'hôpital, jusqu'à la révolution, six enfants de famille nés dans les communes de la banlieue de Bordeaux. Il y avait auprès d'eux un précepteur dont ils recevaient l'instruction usitée dans les collèges. Au bout de six ans d'études, on leur donnait une profession, et ils étaient entretenus pendant trois autres années hors de l'hôpital et à ses frais.

Une autre institution philanthropique fut originairement attachée à l'hôpital Saint-André. Le fondateur voulut qu'on y reçoive les personnes qui désireraient y finir leurs jours, et abandonneraient à la maison ce qu'elles posséderaient. Il donna à ces personnes le nom de condonats. Pierre Brugier, dont l'auteur de l'Itinerarium Galliæ rapporte l'épitaphe suivante, qu'il avait lue dans cet hôpital, était probablement un de ces condonats :

En ce lieu loing d'envie
J'ay voulu estre mis mes os.
Mon frère, je te prie,
Laisses-les en repos.


Le vénérable Caries eut la satisfaction de voir l'oeuvre qu'il avait entreprise en pleine voie de prospérité. L'archevêque de Bordeaux François Degli Uguccioni donna non-seulement plusieurs mandements qui concoururent au lustre et à la stabilité de l'hôpital, mais encore il fit obtenir à son fondateur une bulle du pape Boniface IX, en date du 15 juin 1392, par laquelle ce pontife approuve cette fondation et en bénit nominativement l'auteur. On trouve dans les Actes de Rymer une charte du 15 octobre 1395, par laquelle le duc d'Aquitaine permet à Jean Guibou, hospitalier de Saint-André, de faire entrer à Bordeaux, sans payer aucun droit, vingt tonneaux de vin pour l'usage de cet hôpital.

Èmile et Issac Pereire

Sources Le Monde illustré - 21 février 1863
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MM. Émile et Isaac PÉREIRE
(D'après une photographie de M. Nadar.)

D'origine espagnole, mais nés à Bordeaux, l'un en 1800, l'autre en 1806, MM. Émile et Isaac Péreire sont les petit-fils du célèbre Jacob Péreire, le premier instituteur des sourds-muets, vers la moitié du dernier siècle. Un mot sur cet homme éminent servira de préface naturelle aux faits qui ont motivé l'importance financière que ce nom a acquise aujourd'hui.

Ayant, fort jeunes encore, perdu leur père, ils durent à la sollicitude ferme et éclairée de leur mère de recevoir la solide éducation qui devait être la base de leur avenir. Pendant vingt ans cette femme courageuse et si digne d'estime lutta énergiquement pour élever ses fils ; elle leur donna l'exemple du travail et de la persévérance, et devint le premier et le principal artisan de leur fortune.

Emile Péreire, Fortement incommodé par un asthme qui ne lui permettait pas de rester couché, passait la plus grande partie de ses nuits à étudier la théorie des opérations de finances auxquelles il s'était livré pendant le jour, et acquit ainsi cette connaissance réfléchie des affaires qu'il devait déployer plus tard sur une si grande échelle.

Cousins de M. Olinde Rodrigues, disciple et héritier des doctrines économiques, de Saint-Simon, MM. Péreire furent de bonne heure attirés dans la pléïade d'esprits novateurs que laissa après lui le fondateur de cette école, aujourd'hui représentée sur différents sommets du monde de l'intelligence pratique. Ils partagèrent les travaux préparatoires de MM. Enfantin, Bazard, Eug. Rodriguez, Buchez, Laurent, Margerin, Duveyrier, Michel Chevalier, et autres éminents penseurs, qui apportaient dans l'examen des questions les plus importantes de l'ordre social les aubes lumineuses de la doctrine saint-simonienne. Il est curieux de remarquer que les premiers écrits de MM. Péreire purent ainsi, dès 1826, émettre les idées, hardies pour l'époque, mais devenues pratiques aujourd'hui, qui ont présidé, depuis, à la formation de plusieurs de leurs plus brillantes entreprises : le Crédit foncier, le Crédit mobilier, le Comptoir d'escompte, etc., etc.

Saint-simonisme

Saint-simonisme

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Le saint-simonisme est un courant idéologique reposant à l'origine sur la doctrine socio-économique et politique de Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon (1760-1825) dont il tire son nom.

Cette pensée, qui repose sur le concept d'une récompense universelle, par l'industrialisme notamment (la foi menant au progrès, la confiance dans le machinisme, la certitude que c’est dans une industrie morale que réside la condition du bonheur, de la liberté et de l’émancipation), publiée à travers des écrits assez épars et résumée selon Saint-Simon dans le Nouveau christianisme (ouvrage inachevé publié en 1825 à sa mort), a été souvent reformulée par ses disciples après sa mort, pour exercer finalement une influence tout à fait déterminante en France au moment de la révolution industrielle, et du développement de la société industrielle dans ce pays. Les disciples ou partisans de Saint-Simon sont qualifiés de « saint-simoniens ».

Si l'on en croit les présupposés établis par certains Saint-Simoniens, comme Auguste Comte, il s'agirait d'en finir avec les révolutions des xviiie et xixe siècles et les guerres, et de passer de l'âge théologique et féodal à l'âge positif et industriel. Pour Saint-Simon, se référant à une nouvelle théologie, il est davantage question de repasser à une aristocratie de talents et non de naissance. Il propose donc un changement de société et préconise une société fraternelle dont les membres les plus compétents (industriels, scientifiques, artistes, intellectuels, ingénieurs…) auraient pour tâche d'administrer la France le plus utilement possible, afin d'en faire un pays prospère, où régneraient la solidarité, l'esprit d'entreprise, l'intérêt général, la liberté et la paix.

Sous l'impulsion de l'un de ses principaux représentants, Barthélemy Prosper Enfantin, cette doctrine, au moment de sa première application (vers 1830), prend la forme d'une « Église ». Discréditée par cette première expérience mystique, la pensée saint-simonienne connaît un nouveau redéploiement, autour d'une formule devenue célèbre par laquelle les saint-simoniens entendaient substituer « l'exploitation du globe par l'association » à « l'exploitation de l'homme par l'homme ».


La révolution de Juillet 1830, porta aux affaires la plupart des rédacteurs du Globe, qui avait tenu, depuis cinq ans, la tête de l'opposition. MM. Duchatel, Vitet, Dubois, Jouffroy, Duvergier de Hauranne étant devenus les amis ou les soutiens directs du nouveau gouvernement,le Globe, resté entre les mains de MM. Pierre Leroux, Lerminier et Sainte-Beuve, ne tarda pas à être acquis par l'école saint-simonienne. MM. Leroux et Lerminier entrèrent dans ses rangs; M. Sainte-Beuve ne fit que la côtoyer et s'arrêta sur le seuil. Alors commença un mouvement de propagande d'une incroyable activité. Le Globe, devenu l'organe officiel du saint-simonisme et rédigé, sous l'inspiration et la direction supérieure de MM. Enfantinet Bazard, par MM. Michel Chevalier, Cazeaux, Fournel, Emile Péreire, Duveyrier, Gustave d'Eichthal, Jean Reynaud, Stéphane Mony-Flachat, Saint-Chéron, fut distribué gratis à plus de quatre mille exemplaires.
L'entrée en possession de ce journal permit à ces plumes investigatrices de propager les idées financières dont nous voyons désormais la féconde application. Ils poursuivirent leur œuvre : M. Émile Péreire dans le National, où l'avait appelé Armand Carrel, et dans la Revue encyclopédique, M. Isaac Péreire dans le Temps, dans le Journal des connaissances utiles, et dans les Débats. Notons que ce dernier fut l'inventeur du Bulletin financier ou compte rendu quotidien de la Bourse, généralement adopté depuis et partout. Dans ces divers organes ouverts à la propagation de leurs idées, MM. Péreire révélèrent des esprits profondément organisateurs, et donnèrent ainsi ce qu'on pourrait appeler la clef de toute leur carrière.

Un de leurs arguments favoris était la question, si nouvelle alors, des chemins de fer, et celle plus hardie, de l'association des capitaux épars se substituant à leur rivalité. M. Émile Péreire avait ainsi conçu l'idée du premier essai de railway sur Saint-Germain. Mais rien n'était mûr encore sur notre sol pour répondre à cet appel, et il fallut trois ans de prédications et de démarches, à l'activité des deux frères, avant de pouvoir réunir les cinq millions nécessaires à la construction de ce bout de chemin de fer, et que plus tard la compagnie devait revendre soixante!

Bientôt après, MM. Péreire réussissaient dans une opération beaucoup plus vaste : ils formaient cette puissante association de banquiers parisiens en tête desquels figurait le baron James de Rothschild, pour l'exécution du chemin de fer du Nord. Dès ce moment, leur autorité, leur influence s'agrandirent, et, profitant habilement de l'apaisement général né du coup-d'État, ils entrèrent les premiers, et pour ainsi dire avec toute l'ardeur d'une seconde jeunesse, dans le grand mouvement d'affaires qu'ils ne devaient pas tarder à diriger.

À dater de 1852, les frères Péreire attachèrent leur nom aux affaires, nées de cette phase nouvelle de leur carrière, furent le chemin de fer du Midi et le Canal latéral à la Garonne. Le Crédit Mobilier suivit de près. Ces grandes opérations, la dernière surtout, si hardie, si puissante et si féconde, n'ont pas à être appréciées ici. Il suffira de rappeler que le Crédit Mobilier, dirigé avec une habileté hors de toute prévision, a prêté plus de douze cent millions aux chemins de fer français, acheté les chemins de fer autrichiens, fondé la colossale affaire des voies ferrées de la Russie, etc., etc., etc. Il serait plus rapide de citer les grandes affaires où le Crédit Mobilier n'intervient pas, que d'indiquer le nombre de celles qu'il vivifie. Et ici apparaît en plein l'heureuse application de l'idée saint-simonienne : la neutralisation des influences individuelles qui jusqu'alors avaient pesé sur le monde financier, et l'inauguration de la puissance des capitaux associés.

La plupart de ces entreprises sont célèbres. Il suffira de rappeler plus particulièrement l'attention publique par leurs conséquences matériellement visibles : nous voulons parler de ces sociètes immobilières qui transforment, éclairent, aèrent, assainissent enfin la capitale en contribuant si heureusement à son agrément. Des boulevards, des squares, des rues divisant tout le nord-ouest de Paris ; les parcs de Neuilly et de Monceaux mis en commum directe avec la Madeleine, d'immenses espaces ainsi ajoutés aux quartiers encombrés, de vastes hôtels, et maintes autres encore, où des milliers d'actionnaires prennent part. Emile Pereire, qui fut, sans contredit, l'artisan le plus actif et le plus élevé de la grande révolution économique et industrielle qui caractérisera ce siècle, concourut à la fondation des sociétés de crédit suivantes, dont il fut administrateur : le Crédit foncier de France, le Crédit mobilier français, le Crédit agricole, le Crédit mobilier italien, et la Banque impériale ottomane. Il a été le principal créateur et administrateur des grandes sociétés que nous nous bornons à énumérer : la Compagnie immobilière, à laquelle Paris doit la rue de Rivoli achevée, une portion des boulevards Sébastopol et Haussmann, la rue Marignan, le boulevard Malesherbes, le quartier du nouvel Opéra, le boulevard du Prince-Eugène (boul. Voltaire), le Grand Hôtel du Louvre et le Grand-Hôtel,etc. ; la Compagnie générale transatlantique, la Compagnie parisienne du gaz, la Compagnie des omnibus, la Compagnie des entrepôts et magasins généraux de Paris, la Société générale des asphaltes, la Compagnie d'assurances la Confiance.

Enfin, il a personnellement concouru à la création du parc et du quartier Monceau, dont l'un des plus grands boulevards et la place la plus belle ont reçu, à juste titre, le nom de sa famille. Dans le département de la Gironde, il a fait défricher et assainir d'immenses landes aujourd'hui couvertes de forêts, sillonnées de routes, et créé le village de Marcheprime qu'il a doté d'une église et d'une école. C'est à lui qu'est due la création de la ville d'hiver d'Àrcachon, qui a fait désormais de cette ville l'une des stations balnéaires les plus importantes de France.

Emile Pereire est mort le 6 janvier 1875 à Paris, son frère Issac, mort à Armainvilliers (Seine-etMarne) le 12 juillet 1880

Autres hommes célèbres

David Gradis, né à Bordeaux en 1742, mort en 1811, fut l'auteur de plusieurs ouvrages philosophiques.

David II Gradis (1742-1811) Université PSL (Paris Sciences & Lettres)  Le site

[…]

J.B. Pujoulx, littérateur, né à Saint-Macaire en 1762, passa la plus grande partie de sa vie à Paris, où il publia un assez grand nombre de comédies et autres ouvrages amusants. Il mourut en 1821.

[…]

Joseph Despaze, membre de l'institut, né à Bordeaux en 1769, mort à Cussac en 1814, a laissé plusieurs satires et quelques pièces en prose.

[…]

Pierre Granié, mort en 1820, conseiller à la cour royale de Bordeaux, est l'auteur de quelques ouvrages : Histoire de l'Assemblée constituante; Histoire de Charlemagne, etc.

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Jean-André Cazalet, chimiste , mort en 1825 , publia un ouvrage intitulé: Théorie de la Nature.

[…]

Jean-Paul-André des Rasins, marquis de SaintMarc , né en 1728, mort en 1817, se distingua comme militaire et comme auteur de plusieurs opéras.

[…]

Laffon de Ladebat, né à Bordeaux en 1746, fut député à l'Assemblée législative en 1791 et député au conseil des Cinq-Cents en 1797; il a laissé plusieurs écrits sur les finances.

[…]

Edmond Géraud , né à Bordeaux en 1775, mort en 1831, est l'auteur de quelques articles littéraires et de deux ou trois pièces de poésie.

[…]

Jean-Baptiste Algay de Martignac , fils d'un célèbre avocat de Bordeaux, naquit dans cette ville en 1776; nommé député en 1821, il devint ministre de l'intérieur en 1827. Après avoir déployé un grand talent comme ministre, il signala la générosité de son âme dans son éloquente défense du prince de Polignac. 11 mourut à Paris en 1832.

[…]

Raymond de Sèze, comte de Sèze, ou plus communément Romain Desèze, est un magistrat et homme politique français né à Bordeaux le 26 septembre 1748 et mort à Paris le 2 mai 1828.
Il est désigné par le roi Louis XVI, au refus de Target, pour être adjoint à ses défenseurs Tronchet et Malesherbes. Il plaide avec courage la défense du roi devant la Convention, le 26 décembre 1792. Il est par suite arrêté comme suspect dans sa maison de campagne de Brévannes, près de Corbeil, et détenu à la prison de la Force jusqu'au 31 janvier 1794, puis transféré dans une maison d'où il sort après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Le 15 février, Louis XVIII le nomma premier président de la Cour de cassation , et, quelques jours plus tard , grand trésorier, commandeur des ordres du roi.

[…]

Evariste Dumoulin, né en 1776, mort en 1833, fut longtemps l'un des principaux rédacteurs de la Minerve française et du Constitutionnel.

[…]

Charles-Mercier Dupaty, fils de l'auteur des lettres sur l'Italie, naquit à Bordeaux en 1771. En 1799, il remporta le grand prix de sculpture. On cite comme chef-d'œuvre, parmi ses nombres ouvrages : Ajax poursuivi par Neptune. Nommé membre de l'institut en 1816 et chevalier de la Légion-d'Honneur en 1819, Dupaty mourut à l'âge de cinquante-quatre ans. Ses deux frères se sont distingués : l'un (Louis-Marie) comme président de la cour impériale, l'autre (Emmanuel) comme officier du génie et auteur dramatique.

[…]

Auguste Rateau, né en 1757, mort en 1833, est un des avocats et des jurisconsultes qui ont illustré le barreau de Bordeaux. Il obtint, par la voie du concours, la chaire de professeur de droit romain dans cette ville et fut plus tard mis, par Napoléon, à la tête du parquet de la cour d'appel du département.

[…]

A. Ravez, grand officier de la Légion-d'Honneur, l'un des premiers jurisconsultes de France, président de la Chambre des Députés sous la Restauration.
Nommé président du collège électoral de Bordeaux par l'archichancelier Cambacérès en 1807, il est élu député de la Gironde sous la Restauration en 1816. Apprécié et estimé de Louis XVIII, ce dernier le désigne comme sous-secrétaire d'État au département de la Justice du 16 avril 1817 au 29 décembre 1818 dans le Gouvernement Armand du Plessis de Richelieu
Il siège en tant que Président de la Chambre des Députés du 11 décembre 1818 au 24 décembre 1823 et du 31 mars 1824 au 5 novembre 18274 et occupe le fauteuil de Premier Président de la Cour Royale (c'est-à-dire d'Appel) de Bordeaux de 1824 à 1830. À la suite du basculement de majorité à la Chambre fin 1827, il perd son fauteuil de Président et Charles X le choisit comme Conseiller d'État en service extraordinaire en 1828. Il sera fait Pair de France avec titre et rang de baron-pair par ordonnance du 10 août 18295.

Au nombre des guerriers distingués de Bordeaux et du département

N. Barberon , né en 1758, fut décoré par Napoléon, qui le nomma major du 30me de ligne.

[…]

César et Constantin Faucher, jumeaux, nés à La Réole en 1759, eurent, dit M. Jouannet, « mêmes traits, même caractère, même courage , mêmes opinions et même fin. Elevés ensemble, entrés ensemble au service, ils gagnèrent les épaulettes de genéral de brigade sur les mêmes champs de bataille. En 1815, accusés de révolte armée contre un ordre de choses dont la légalité pouvait encore leur paraître douteuse, ils furent condamnés et fusillés ensemble à Bordeaux. »

[…]

Pierre Baste, né à Bordeaux en 1768, fut nommé, après avoir passé par tous les grades, contre-amiral et commandeur de la Légion-d'Honneur. Après un grand nombre d'actions d'éclat, ce vétéran fut tué à la bataille de Brienne, en 1814.

[…]

Boudet, général de division et commandeur de la Légion-d'Honneur, né à Bordeaux en 1764, se distingua dans les Indes-Occidentales et dans plusieurs des campagnes de Napoléon. Enfin, il déploya son intrépidité aux batailles d'Essling et de Wagram, et mourut deux mois après cette victoire.

[…]

Luc Duranteau, général de brigade, né à Bordeaux en 1747, signala son courage en Italie et plus tard en Egypte, où, avec deux cents hommes, il soutint pendant deux jours une attaque de dix mille insurgés du Caire.

[…]

Le comte de Nansouty, lieutenant-général, grand cordon de la Légion-d'Honneur, naquit à Bordeaux en 1768. Il assista aux batailles d'Austerlitz, d'Eylau, de Friedland, d'Essling, de Wagram, d'Ostrowno, de la Moskowa, etc. ; Napoléon le regardait comme un de ses meilleurs généraux de cavalerie. Nansouty est mort de ses blessures à Paris en 1815.

[…]

Alexandre-André Machemin, de Bordeaux, commandant d'armes à Aigue-Morte, entré au service en 1792, se distingua dans plusieurs combats.

[…]

Pierre Clavet, capitaine au 34me de ligne, né à Saint-Macaire, montra son intrépidité en Espagne, en Italie, en Autriche, en Pologne, enfin dans trente trois campagnes. Blessé à Yena et à Friedland, il emporta dans sa retraite l'estime et l'admiration de ses compagnons d'armes.

[…]

N. Favereau, lieutenant-général, né à Blaye en 1755, mort en 1832, se distingua en Belgique en 1794. Plus tard Napoléon lui confia l'administration générale des hôpitaux en Italie.

[…]

Pierre-Anselme Garrau, inspecteur en chef aux revues, officier de la Légion-d'Honneur, naquit à Sainte-Foy en 1762. Député à l'Assemblée législative, ensuite à la Convention, puis réélu membre du conseil des Cinq-Cents, il montra dans plusieurs occasions ses talents comme administrateur et son courage comme guerrier.

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