Facebook Bordeauxdecouvertes Twitter Louis Denmat Cliquer pour m'envoyer un message Google+ Denmat

Origines et histoire de Bordeaux

Les principales peuplades de l'Aquitaine étaient les [Boïens] , établis sur les bords du bassin d'Arcachon, les Médulles dans le Médoc, les Vasates dans le Bazadais, les Tarbelliens dans le pays de Dax, les Ausk, Euskes ou Basques au pied des Pyrénées, les Bituriges-Vivisques sur les rives de la Garonne. La cité ou ville principale des Boïens était sur le chemin qui conduit de Bordeaux en Espagne. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un bourg nommé la Teste, situé au bord du bassin d'Arcachon. Il s'appelle aussi cap de Buch, en Latin, Caput Boiorum.

En cette époque, Ambigat, qui régnait sur les Celtes, du temps de Tarquin l'Ancien, voyant que les Gaules étaient surchargées d'habitants, en fit sortir trois cent mille pour chercher des établissements dans les contrées voisines et mit à leur tête ses neveux Sigovèse et Bellovèse.
Cette émigration épuisa le pays des Boïens.
Depuis ce temps, il n'en est plus fait mention dans l'histoire des trois Gaules.
César, voulant achever la conquête des Gaules, envoya Crassus dans l'Aquitaine.

Si les Boïens avaient formé alors un peuple tant soit peu remarquable, ils auraient fourni leur contingent; ils auraient envoyé du secours à leurs compatriotes et défendu la cause commune, et César n'eût pas manqué de parler d'une nation dont les Romains ne pouvaient avoir perdu la mémoire, car ce furent principalement les Boïens qui, sous la conduite de Brennus, assiégèrent le capitole, et il fallut aux Romains plus d'un siècle pour les réduire. C'est une preuve que le canton connu aujourd'hui sous le nom de Bordelais, n'était alors habité que par des pécheurs qui n'avaient pour retraite que des chaumières et des cabanes.

César ne les a pas nommés dans ses Commentaires, quoiqu'il ait parlé des peuples limitrophes des Boyens, tels que les Nitiobriges, les Petrocores et les Santons. Enfin il n'est pas vraisemblable que les Boïens eussent vu tranquillement des étrangers s'emparer de leur pays, s'ils eussent été en assez grand nombre pour le peupler ou le défendre. Le temps précis auquel ces étrangers entrèrent dans le pays des Boïens pour y fonder Bordeaux, ne peut être fixé que par conjecture. Strabon, qui vivait sous Auguste, est le plus ancien auteur qui ait parlé de cette ville, La Garonne, dit ce géographe, après avoir reçu trois autres rivières, coule entre les Bituriges Jôques et les Saintongeois, qui sont des peuples Gaulois. Mais les Bituriges sont les seuls de ces deux peuples qui vivent sur le territoire des Aquitains comme étrangers et sans payer de tribut. ils ont un port nommé Burdigala, situé dans un marais formé par la Garonne.

César défit en bataille rangée Vercingentorix dans le pays des Bituriges, dont la capitale était Bourges. Ces peuples se déterminèrent à brûler leurs villes plutôt que de les rendre au vainqueur. Ce projet fut arrêté dans une assemblée générale et en un seul jour, suivant le récit de César, vingt villes des Bituriges furent réduites en cendres et leurs malheureux habitants se dispersèrent et prirent la fuite. Il est vraisemblable que quelques-uns pénétrèrent jusques sur les bords de la Garonne qu'ils traversèrent pour y former un établissement, espérant sans doute que les Romains ne viendraient pas les poursuivre dans ce pays inculte, insalubre et sauvage.

La ville de Bordeaux, était alors beaucoup moins élevée qu'elle ne l'est aujourd'hui, en sorte que les fréquents débordements de la Garonne et les ruisseaux qui y coulent, la rendait malsaine et presque inhabitable.
Ce fut là néanmoins qu'ils jetèrent les fondements de ce qui deviendra Bordeaux (Burdegala ou Burdigala).
Isidore de Séville dit que Burdegala vient de ce que ses premiers habitants s'appelaient Burgos Gallos (bourg gaulois) : Burdegalim appellatamferuut quad Burgos Gallos primum Colonos habuerit.

A ces étymologies, la dernière qui évoque une origine phénicienne qu'a eu Bordeaux comme Marseille. Burdigala pourrait venir de trois mots phéniciens: Bwar, qui signifie formé en arc, d'y, grand et gal, port, c'est-à-dire, grand port formé en arc.

Burdigala fut, si non fondée mais occupée par les Bituriges (Vivisques)  mot issu du vieux mot latin vivisco, qui signifie « naître », peuple gaulois issu de la région du Berry, chassés par César lors de la conquête des Gaules et qui voulaient indiquer qu'ils étaient naient de la tribu des Bituriges. Ils contrôlaient, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique. Le premier emplacement habité est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde.
La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de « marais boueux » que conserve encore de nos jours une rivière appelée « Eau Bourde » passant au sud de la ville et Charlemagne en parle dans ses chroniques bourdelaise, lors de son passage en 778.

La ville de Bordeaux était à peine sortie des mains de ses fondateurs, qu'elle tomba au pouvoir des Romains, sous le commandement de Crassus. La facilité avec laquelle ses habitants reçurent la loi du vainqueur, engagea Rome à la traiter avec tant de douceur, que ses habitants ne s'aperçurent qu'à peine du changement de leur état, et que Pline et Strabon ne font aucune difficulté pour dire qu'ils continuèrent d'être libres.

Auguste, étant venu à Narbonne, fit une nouvelle division des Gaules et renferma dans l'Aquitaine quatorze peuples celtiques, entre lesquels les Bordelais se trouvèrent.

L'Aquitaine ayant été subdivisée dans le troisième siècle, Bordeaux fut établi comme métropole des cités d'Agen , de Saintes, de Périgueux, de Poitiers et d'Angouléme, et l'on y fixa la résidence du gouverneur ou président de l'Aquitaine. Pour la rendre digne de sa destination , on rasa l'ancienne ville qui n'était qu'un amas informe et confus de chaumières, et l'on en construisit une nouvelle : on ne lui donna pas une grande étendue , mais on la rendit régulière et capable de se défendre.

Des murs épais et fort élevés, des tours plus élevées encore, un port sûr, d'une étendue immense, le « bassin navigera », qui perçait dans l'intérieur de la ville, situé dans l'emplacement de l'actuel quartier de Saint Pierre, une multitude de vaisseaux que le commerce de ses vins y attirait et qui s'y rassemblaient de toutes les parties du monde, des rues bien percées, des bâtiments uniformes, des portes placées à égale distance, de belles places, au debors des édifices superbes, un cirque, des thermes publics, des temples, des routes magnifiques, en un mot, tout ce que les Romains avaient pu imaginer pour décorer les plus belles villes, se trouvait dans Bordeaux.

Le coup d'œil que formait la réunion de toutes ces beautés était frappant. Aucune ville dans les Gaules n'en offrait un semblable. Bordeaux était dès lors l'objet de l'étonnement des étrangers. L'accueil favorable qu'ils y recevaient, des mœurs douces, un climat tempéré, une denrée précieuse, aussi agréable que nécessaire, qu'ils y trouvaient en abondance, achevaient de les séduire, leur faisaient quitter avec regret un si charmant séjour et ne leur permettaient pas d'en parler avec indifférence à leurs compatriotes.

En 56 av. J.C. est accueilli à Burdigala le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., et le premier urbanisme romain. Le cardo et le décumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et le cours de l'Intendance) sont tracés et l'on construisit des aqueducs, des temples, un amphithéâtre et une curie. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine. Elle est érigée en civitas administrée par une jurade (un collège de magistrats).

En 28 av. J.-C. la ville est l'une des quatorze cités de l'Aquitaine Seconde.

En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit latin. Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule.

Entre 40 et 60 sont implantés sur les coteaux nord de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais.

En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes). La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Seurin. De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Piliers de Tutelle) et le Palais Gallien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).

La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus (271-273/274), puis des troubles ou révolte des bagaudes
Paul QUENTEL, « RÉVOLTE DES BAGAUDES », Encyclopædia Universalis, consulté le 12 juin 2015.
URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolte-des-bagaudes/


On désigne sous le nom de bagaudes (terme d'origine celtique qui signifie « les combattants ») les paysans gaulois qui se révoltèrent contre les Romains à l'époque de Dioclétien (fin du iiie siècle) et les révoltés de Gaule et d'Espagne dans la première moitié du ve siècle.

Le premier soulèvement, qui avait été précédé d'un certain nombre de troubles, commença en 283 et dura jusqu'en 311. Les révoltés, qui se dressaient contre la pression fiscale, sont souvent traités de voleurs (latrones) par les auteurs latins.

En réalité, leurs bandes, qui se livraient bien entendu au pillage, constituaient de véritables armées animées d'un certain patriotisme. Ils furent battus par Maximien Hercule, et leurs chefs Aelianus et Amandus, qu'ils avaient élus empereurs, furent considérés comme des martyrs et des saints.

À la fin du IVe siècle et au début du Ve, les bagaudes réapparurent un peu partout, habitants de la campagne se révoltant contre les impôts et contre la justice de Rome.

. Durement frappée par l'invasion des Germains de 276 (la ville est pillée et incendiée), la ville édifiée (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum est construit vers 286. Il s'agit d'une enceinte de 740 mètres sur 480 mètres dont les murs ont une hauteur de 10 mètres et une largeur de 5 mètres. On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze (ce castrum ne représente plus que le quart de l'ancienne ville). [ Plan de Burdigala - an 260 après J.C]

Les beaux-arts fleurissent avec le plus grand éclat à Bordeaux dans le quatrième siècle. Il existait alors dans cette ville un collège tellement renommé, que Rome et Constantinople viennent y chercher des professeurs. Le poëte Ausone a célébré ceux qui s'illustrèrent dans ce collège dont il a été lui-même un des principaux ornements. Minervius, le plus célèbre des rhéteurs (de rhétorique) bordelais du IVe siècle, ne forma pas moins de mille avocats, de deux mille sénateurs. Bordeaux eut avec Ausone, Alcimus, Patéra et Minervius la gloire que Montesquieu et les Girondins lui donneront au XVIIIe siècle.
Ausone fut choisi par l'empereur Valentinien Ier pour lui confier l'éducation de son fils Gratien; ce dernier étant parvenu à l'empire le décore du titre de consul romain en 379.
La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce du suif, de la cire, de poix et du papyrus.

Sous Honorius, les Romains ayant été forcés d'abandonner les Gaules, la gloire de Bordeaux s'éclipsa avec eux, et cette ville eut bien des malheurs à essuyer: d'abord elle fut saccagée par les Visigoths (an 414). Ils revinrent quelques années plus tard (an 418), en hôtes et en amis. L'empereur Honorius leur concéda, à titre définitif, l'occupation de Toulouse, de la province de Novempopulanie, au nord des Pyrénées, et de la province de Seconde Aquitaine, dont Bordeaux était la métropole.

731/732 - AbdérameSin_foto.pngAbd al-Rahmân ibn Abd Allah al-Ghâfiki, (mort en 732) également orthographié « Al-Haytham ibn Ubayd al-Kilabi », et dont le nom est parfois francisé en Abdérame, était un général omeyyade, émir de Cordoue et gouverneur d'Al-Andalus en 721, puis de 731 à sa mort.

Il participa à la conquête musulmane de la péninsule ibérique entre 711 et 714 et à plusieurs expéditions militaires contre les poches de résistance chrétiennes dans les Asturies entre 730 et 731; il réussit à apaiser plusieurs révoltes en Espagne. En 730, il envoya l'un de ses généraux, « Gedhi-Ben Zehan », contre « Munuza », gouverneur musulman du Nord de l'Hispanie résidant à Llivia qui s'opposait à son pouvoir central de Cordoue. D'après certains chroniqueurs Arabes de l'époque, le général Abd al Rahman était une personne très aimée par son peuple et ses soldats.

Après l'échec subi par les musulmans devant Toulouse en 721, le wali d'Al-Andalus nomma le général Abd al-Rahman à la tête des troupes berbéro-musulmanes, celui-ci traversa les Pyrénées à la tête de son armée et pénétra en Aquitaine où il infligea au duc Eudes une défaite à la bataille de Bordeaux. Arrêté dans sa chevauchée par les troupes de Charles Martel, le général trouva la mort au cours de la bataille de Poitiers.
, chef des sarrasins d'Espagne, pille Bordeaux et en incendie les principaux édifices.

En 842 - Bordeaux , qui depuis l'empereur Auguste avait été de la dépendance de l'Aquitaine , est incorporée au duché de Gascogne par Charles-le-Chauve.

844 Les Normands achevèrent de la désoler dans le neuvième siècle. Les dévastations qu'ils y commettent pendant soixante ans qu'ils en sont restés les maîtres sont telles que les habitants sont forcés de l'abandonner.

Les invasions normandes détruisirent les monuments : mais elles désagrégèrent aussi la société politique. La langue elle-même perdait son unité. Le latin classique devint le patrimoine de quelques lettrés et des gens d'église. Le latin populaire donna naissance dans chaque province, dans chaque cité, presque dans chaque pays, à un dialecte indépendant. La Gascogne eut sa langue particulière, dont le bordelais fut un idiome. C'est ainsi que disparurent les derniers vestiges de la civilisation antique : l'unité de l'État, la langue latine, la belle ordonnance des Gaules, ces basiliques chrétiennes qui étaient filles des temples païens, et jusqu'au souvenir même des choses et des hommes du passé. Les invasions normandes avaient achevé de faire table rase dans la vieille Gaule : le terrain pouvait recevoir les assises d'une société nouvelle.

En 912 - Charles-le-Simple ayant fait un traité de paix avec le chef des pirates normands , pour qu'ils cessent leurs incursions en France, ces barbares abandonnent Bordeaux. Cette ville se repeuple. On la rebâtit sur le plan qui avait été suivi pendant qu'elle resta sous la domination romaine.



Bordeaux au moyen âge

Dans les Xe et XIe siècles, les ducs d'Aquitaine et de Gascogne dotent Bordeaux de plusieurs établissemens publics. Le dernier de ces ducs fut Guillaume IX (le Troubadour). Ce prince ayant pris parti pour Anaclet II , qui disputait la tiare à Innocent II, saint Bernard le reprit durement de ce qu'il s'était trompé sur le choix d'un pape et exigea qu'il allât en pélerinage à Compostelle pour se faire absoudre de cette méprise. Guillaume mourut dans ce pélerinage , laissant deux filles.
Aliénor d'Aquitaine est la fille aînée de Guillaume X, duc d’Aquitaine, lui-même fils de Guillaume IX le Troubadour, et d’Aénor de Châtellerault, fille d'Aymeric Ier de Châtellerault, un des seigneurs vassaux de Guillaume X. Elle épouse Louis-le-Jeune, fils du roi de France, qui devint roi la même année sous le nom de Louis VII. Le mariage fut célébré, en 1137, à Saint-André par l'archevêque de Bordeaux. Elle séjourne au château de [L'Ombrière] Restitution du palais de l’Ombrière dans « Bordeaux au temps des cathédrales »
MIME : image jpeg
Crédits et Aquarelle de Jean-Claude Golvin pour L’Express - 2012
. Ce château sera à compter de 1154 où Bordeaux devient anglaise, la résidence des rois d'Angleterre et leurs représentants.

Le palais de l'Ombrière était un palais construit au Moyen Âge à l'intérieur de la ville de Bordeaux et aujourd'hui disparu. Son nom est dû à l'ombrage de grands arbres qui formaient une avenue à l'époque. Cette résidence habituelle des ducs d'Aquitaine a été construite progressivement à partir de la fin du XIe siècle à l’angle sud-est de l’enceinte gallo-romaine, à l'emplacement de l'actuelle place du Palais.

En 1152 - Aliénor divorça d'avec Louis VII : les caractères des deux époux étaient devenus par trop incompatibles. Deux mois après, jour pour jour, elle épousait a Poitiers Henri Plantagenet, duc de Normandie et d'Anjou. Henri, l'année suivante, était roi d'Angleterre. Bordeaux et l'Angleterre dépendent désormais d'un même souverain. Cette union allait durer exactement trois siècles.

La prospérité du pays s'accroît successivement sous ses nouveaux souverains. Ils y établissent une forme d'administration qui y ramène l'ordre et la tranquillité qu'on n'y connasssait pas depuis plusieurs siècles. Au milieu d'une guerre presque continuelle, les arts voient ranimer leur flambeau.
Bordeaux, reprend insensiblement la place que lui assigne sa position. Son commerce fleurit par l'effet d'une ordonnance importante sur la police de la navigation, que les rois d'Angleterre publièrent pour être observée dans les ports qu'ils possédaient sur le golfe de Gascogne et sur les rivières qui y confluaient. Cette ordonnance est depuis devenue célèbre sous le nom de [Voir le jugement]Collection des lois maritimes antérieures au XVIIIe siècle - Auteur : Jean-Marie Pardessus - 1828
cliquer pour voir le document
. La reine Aliénor et son fils Richard Cœur de Lion en avaient pris les dispositions dans les règlements en usage dans la marine, qu'ils avaient vu pratiquer en Orient pendant qu'ils y avaient séjourné.

1173 - Le roi d'Angleterre établit à Bordeaux un corps municipal, à l'instar de la mairie de Londres. Ce corps a subsisté jusqu'en 1790, sous le nom de Jurade.

En 1189 - L'enceinte est augmentée au delà du Peugue depuis la Porte-Basse jusqu'au bout méridional des fossés des Tanneurs, d'où elle se prolongeait le long des fossés de Ville et de Bourgogne jusqu'à la porte de la Rousselle. Cette ligne fut entourée d'un mur de clôture bordé d'un large et profond fossé, qui a retenu ce nom depuis qu'il a été comblé. Les murs de la primitive enceinte de cette ville, telle que l'avaient tracée les Romains, étaient bordés par les fossés du Chapeau-Bouge et de l'Intendance au nord, et au sud par le ruisseau du Peugue qui était alors totalement découvert jusqu'à son embouchure dans la Garonne. Ces murs s'étendaient du côté du couchant depuis les cloîtres de l'église de Saint-André jusqu'à la rue du Canon, où ils se terminaient à une vieille tour qu'on y voit encore, et du côté du levant depuis le coin des rues Renière et de la Rousselle jusqu'au fond de l'impasse Douhet.
Son fils Richard, surnommé Cœur-de-Lion, lui succéda et fut le douzième duc de Guyenne.

En 1200, le duché de Guyenne rentre, par confiscation, sous la domination des rois de France.

Plan de Bordeaux en 1225    [plan] Plan de Bordeaux en 1225
MIME type: image/jpeg
Sources BNF Gallica


En 1255, Louis IX, autrement Saint Louis, le rend par un traité à Henri IV, roi d'Angleterre.

En 1293, Arnoul, connétable de France sous Philippe-le-Bel, reprit Bordeaux, que ce roi céda de nouveau à Edouard par traité en 1308.

La ville, après avoir été assiégée infructueusement par les Français en 1339, fut enfin soustraite à la domination anglaise par le comte de Dunois, qui en prit possession, le 21 Juin 1451, au nom du roi de France Charles VII.

Le 23 Octobre 1452, les Anglais, sous la conduite de Talbot, rentrèrent dans Bordeaux par la trahison du seigneur de Lesparre.

Le 13 juillet 1455, Charles VII défait, les Anglais à la bataille de Castillon, où périt Talhot.
La retraite des Anglais fut suivie de celle d'un grand nombre d'hommes que des liaisons d'affaires, d'opinion, et de famille, leur avaient attachés.
Bordeaux perdit alors un quart de ses habitants. Louis XI s'occupa des moyens de réparer cette perte en publiant un édit en 1474, par lequel il réintégra dans ses anciens privilèges Bordeaux et accorda diverses faveurs aux étrangers qui viendraient s'y établir. Cet édit produisit son effet, et cette ville se repeupla insensiblement.

16e siècle

Jusqu'à 1520, il n'y a à remarquer dans l'histoire de Bordeaux que l'augmentation progressive de la prospérité du pays. Grâce à la protection éclairée de Louis XII, l'agriculture faisait des progrès et la fertile province de Guienne produisit, en 1516, un tiers de plus qu'auparavant.

Vers cette époque, la réforme religieuse, déjà favorablement accueillie en Allemagne et en Angleterre, fut reçue avec enthousiasme par les populations du midi de la France et surtout par la Guienne, qui avait devancé Luther et Calvin de trois siècles; le pape n'avait ramené ce pays au catholicisme qu'en organisant des croisades et en multipliant les bûchers. Mais le peuple commençait à comprendre que la liberté religieuse était intimement liée à la liberté politique et sociale. Calvin visita la Guienne en 1531, ralluma le zèle des prédicants et développa les germes de la réforme.

Henri II (l'époux de Catherine de Médîcis), souhaita le rétablissement de la gabelleRépression_de_la_jacquerie_des_Pitauds.jpgLa jacquerie des Pitauds, est une révolte paysanne du XVIe siècle.

Par l’édit de Châtellerault de 1541, la gabelle est étendue à l’Angoumois et à la Saintonge (par volonté de centralisation royale). L’achat dans les greniers de sel est obligatoire (sel taxé). Des officiers de la gabelle sont chargés de réprimer les échanges illicites de sel. Or ces provinces sont des régions de marais salants où le sel s'échangeait librement. La contrebande (faux-saunage) s’installe rapidement, surtout depuis les révoltes de Marennes et de La Rochelle, de 1542, la répression effectuée par les chevaucheurs du sel est mal supportée par la population.

En 1548, des émeutes éclatent en Angoumois et en Saintonge pour faire libérer des contrebandiers (faux-sauniers). L’insurrection dite « des Pitauds » se répand, et compte jusqu'à 20 000 hommes, conduits par un seigneur et rejoints par des prêtres. Des châteaux sont pillés et des gabelleurs sont tués. Bordeaux est contaminé par la révolte où 20 officiers gabelleurs sont tués, ainsi que le lieutenant du gouverneur, le 21 août 1548.

Le roi Henri II bloque Bordeaux et commence la répression. Bordeaux perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende, voit son parlement suspendu, 1 401 personnes sont condamnées à mort. La répression s’effectue ensuite dans la campagne où l’on pend les meneurs : ni les prêtres, ni les gentilhommes ne sont épargnés.
(impôt sur le sel). Le 28 août 1548, les habitants de Bordeaux, ardemment attachés à leurs privilèges, auxquels ce nouvel impôt portait atteinte, prirent les armes, s'emparèrent de l'hotel-de-ville, mirent en fuite plusieurs magistrats, et massacrèrent le lieutenant du gouverneur Tristan de Mommeins, ainsi que quelques commis de la gabelle; mais bientôt les séditieux furent battus ou pris et les plus coupables punis du dernier supplice.

Henri II, qui commençait à régner, crut devoir punir d'une manière exemplaire tous les habitants de Bordeaux. Il envoya dans cette ville, à la tète d'une forte armée, le connétable Anne de Montmorency, assisté des ducs de Guise et d'Aumale, qui, bien que la ville n'opposât aucune résistance, fit pointer le canon sur les murs et y entra comme dans une ville prise d'assaut, une contribulion de 200,000 livres fut imposée aux habitants, qui furent en outre obligés de livrer leurs armes ; les cloches furent détruites ; les privilèges de la cité abolis, le parlement suspendu pour 1 an. Toutefois, celle punition ne parut pas encore suffisante au duc de Montmorency ; il avait amené avec lui des juges qui, après avoir fait le procès à la ville, condamnèrent, de dix en dix maisons, un Bordelais à être pendu et la plupart des officiers municipaux à être supliciés sur la place publique. Au total 1401 personnes sont condamnées à mort.

L'année suivante (1549), Henri II accueillit les plaintes de ses sujets, réduisit l'impôt et rendit à Bordeaux une partie de ses priviléges, mais en payant au roi 400,000 fr. pour être exempt de la gabelle.

Plan de Bordeaux en 1550    [plan] Plan de Bordeaux en 1550
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica


Malgré les édits et les supplices, le nombre des protestants augmentait tous les jours en Guienne; en 1560 on en comptait plus de sept mille à Bordeaux. Enhardis par leur nombre, ils essayèrent quelquefois de résister aux persécutions des catholiques, et ils adressèrent au roi des pétitions en faveur de la liberté religieuse. Mais l'animosité augmentant de part et d'autre, les deux partis religieux finirent par se faire la guerre.

En 1565, Charles IX se rendit à Bordeaux et tint un lit de justice dans le but de calmer les dissensions religieuses. Mais aussitôt qu'il fut parti, les religionnaires reprirent les armes. Après de longues luttes qui ensanglantèrent toute la France et surtout la Guienne, on résolut d'étouffer le protestantisme par un massacre général. C'est le 3 octobre 1572, qu'eurent lieu à Bordeaux les horreurs de cette terrible journée, connue sous le nom de la Saint-Barthélémy; le meurtre se propagea en Guienne comme une trainée de poudre qu'on enflamme. Toute la province se révolta et la guerre se prolongea avec acharnement entre les deux partis.

Durant cette longue guerre civile et religieuse, les divers châteaux-forts des environs de Bordeaux furent pris et repris plusieurs fois par les partis ennemis. Mais ces faits isolés offrent trop peu d'intérêt aujourd'hui pour mériter une mention particulière. Ces troubles durèrent jusqu'au 14 mai 1576, date de la pacification.

Après avoir été si longtemps la proie de dissensions intestines, Bordeaux allait enfin jouir des fruits d'une tranquillité relative, lorsqu'une nouvelle calamité, la peste, vint fondre sur ses malheureux habitants (1585). Les efforts philanthropiques du cardinal de Sourdis contribuèrent à adoucir un peu les effets de ce terrible fléau; mais à peine la maladie eut-elle cessé en partie ses ravages, que le pays fut dévasté par des paysans insurgés, appelés croquantsOn appelle jacqueries des croquants diverses révoltes populaires du Sud-Ouest de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les principales causes de ces révoltes ont été d'ordre fiscal.
Le peuple désignait la noblesse par le nom de « croquants », disant qu'ils ne demandaient qu'à croquer le peuple. La noblesse retourna ce sobriquet sur le peuple mutiné, à qui le nom de croquants resta. Mais croquant est un terme injurieux et ils préfèrent s’appeler entre eux les tard-avisés ou les chasse-voleurs selon les régions.

D'autres historiens expliquent que le bourg de « crocq », dans la Creuse, fut le berceau de l'insurrection paysanne à partir de 1592, le gentilé « croquants » devenant nom générique de tous les insurgés.
, puis par la fameuse ligue catholique (1594). Ces troubles furent momentanément apaisés par la conduite judicieuse d'Henri IV, qui promulgua l'édit de Nantes, en 1598.

17e siècle

La sagesse de l'administration de ce roi se révèle dans les progrès remarquables que fit l'industrie en Guienne et dans la prospérité commerciale à laquelle atteignit Bordeaux (1604).

La guerre religieuse était à peine terminée, qu'un nouvel impôt, établi sur le vin, fit éclater une révolte générale à Bordeaux et dans tout le Midi. Cette insurrection fut réprimée avec une rigueur si excessive, par le duc d'Épernon , qu'il n'y eut qu'un cri d'indignation et contre le despotisme sanguinaire du ministre, le cardinal Richelieu et contre la cruauté de ses agents (1641). « Les sommes monstrueuses de deniers, » levées par Richelieu et Mazarin, furent si oppressives aux Bordelais, qu'ils se révoltèrent encore plusieurs fois contre leur gouverneur, le duc d'Épernon (1651). Deux ans plus tard, on convint d'une trêve et une amnistie fut accordée à la ville.

Louis XIII, qui succéda à Henri, fit, le le 29 novembre 1615, une entrée solennelle à Bordeaux, où il épousa l'infante d'Espagne. Il essaya plusieurs fois de calmer l'esprit des sectes qui,dans la province, divisait si profondément les deux partis religieux ; mais tous ses efforts furent vains: dès qu'il n'était plus là, le pays reprenait les armes. Ces tristes dissensions continuèrent jusqu'à la chute de La Rochelle, en 1629.

Les grandes guerres que la France eut à supporter de 1665 à 1678, avaient tellement appauvri le trésor, malgré l'administration judicieuse de Colbert, que l'on fut obligé de lever de nouveaux impôts. A l'instant même toute la Guienne se révolte : les paysans massacrent les percepteurs, pillent les châteaux, pendent les seigneurs. Bordeaux, qui avait pris part à cette révolte, est puni par l'exil de son parlement à Condom.

Dans le but de ramener les dissidents à l'église de Rome, Louis XIV révoqua l'édit de Nantes. Les réformés essayèrent de fuir; mais l'émigration fut défendue sous peine des galères. Les calvinistes envoyèrent des pétitions au roi pour qu'il leur fût permis, ou de servir Dieu selon leur conscience, ou de chercher un asile dans les pays étrangers; pour toute réponse, on envoya un régiment de dragons qui commit des actes d'une cruauté atroce. Ce fut en vain que la peine de mort fut prononcée contre ceux qui favorisaient l'émigration; des milliers de familles, tant nobles que roturières , quittèrent la Guienne, l'Agenais et le Périgord, et se réfugièrent en pays étrangers (1684).

Plan de Bordeaux en 1690    [plan] Plan de Bourdeaux en 1690
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica


18e siècle

En 1707, un impôt qu'on établit sur les naissances, les mariages et les morts, suscita beaucoup d'émeutes dans la province ; les paysans obligèrent leurs nobles à se mettre à leur tète. Enfin, la persécution des jansénistes par les jésuites occasionna de nouveaux troubles en Guienne, comme ailleurs et fut un des derniers actes de Louis XIV, qui mourut en 1715.

Les annales de Bordeaux n'offrent que très-peu de faits intéressants sous le règne de Louis XV. Elles nous montrent, cependant, que le projet financier de LawJohn_Law-Casimir_Balthazar.jpgLe système de Law, imaginé par l'Écossais John Law en développant l'utilisation de papier-monnaie plutôt que d'espèces métalliques et afin de faciliter le commerce et l'investissement, a été mis en place en France, sous la régence de Philippe d'Orléans, de 1716 à 1720, dans le but de liquider la dette laissée par Louis XIV.

Créée par Law, la Banque générale — société par actions — va jusqu'à absorber l'activité coloniale française de sa société sœur, la Compagnie perpétuelle des Indes. À l'origine des premières grandes émissions de titres boursiers, le système de Law est une étape incontournable de l'histoire des bourses de valeurs.

La spéculation qui se joue sur les actions des différentes sociétés de Law va finalement en ruiner le système, lorsque le cours retombe aussi vite qu'il n'était monté, suite à un mouvement de panique. Quand les actionnaires et porteurs de billets, à partir de juillet 1720, demandent subitement à récupérer leur or, les richesses coloniales ne sont pas encore arrivées et le numéraire fait défaut : le système doit alors admettre sa banqueroute.
causa la ruine de plusieurs familles bordelaises, en 1720 et que le prix élevé du blé, dont certains spéculateurs avaient fait un monopole honteux, donna lieu à des émeutes sérieuses en 1745. Enfin, l'année 1764 fut témoin de la chute des jésuites, ordre si puissant qu'il paraissait être indestructible.

Les dernières années de ce règne furent signalées par des troubles qui eurent lieu dans diverses provinces et particulièrement dans la Guienne. Le monopole du blé était encore porté à l'excès et le peuple mourait de faim ; mais la conduite généreuse de quelques négociants, qui achetèrent du blé et le revendirent au-dessous du prix d'achat, parvint à rétablir l'ordre (1773).

Bordeaux continuait à s'embellir. On achevait les travaux commencés par M. de Tourny. On établissait le quai de Bacalan, et la route qui conduit au passage de Lormont, par où arrivait le courrier de Paris. Les gens riches voyageaient alors en berlines, mais les autres étaient obligés de prendre le coche, qui, sous Louis XIV, mettait quatorze jours pour aller de Bordeaux à Paris. Turgot, ministre de Louis XVI, organisa plus tard, en monopole de l'État, des voitures qu'on appela « turgotines »; elles partaient deux fois par semaine, et faisaient en cinq jours et demi le trajet. La municipalité afferma pour quatre mille livres la traversée de La Bastide. On accorda au sieur Muret le privilège d'établir, à l'instar de Paris, des carrosses de place (1765), car il n'y avait alors que des chaises à porteurs pour le public. Mgr de Rohan, archevêque de Bordeaux, fit démolir l'ancienne abbaye de Saint-André, trop vaste et trop vieille, et fît construire un nouveau palais. C'est ce bel édifice qui, depuis 1836, est devenu la mairie de Bordeaux. La salle de théâtre brûlée en 1755, on résolut de construire le théâtre sur l'esplanade du Château-Trompette.

Plan de Bordeaux en 1733   [plan] Plan de Bordeaux d'aprés le plan de Lattré en 1733
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica


Sous le règne de Louis XV, le commerce de Bordeaux, malgré, les guerres et les impôts, n'avait pas cessé de prospérer. La politique de Colbert, les sages prises par ce grand ministre pour encourager la marine, favoriser les expéditions lointaines et donner à la France de riches colonies, avaient porté leur fruit. Les armateurs bordelais allaient répandre sur tous les points du globe les produits de leur région, viandes salées, eaux-de-vie, farines, et surtout les excellents vins de leur sol. Ils allaient en Amérique les échanger contre des denrées dont la consommation augmentait sans cesse en Europe, le sucre, le café,le cacao, les épices. La pêche de la morue fournissait un aliment à notre marine; elle allait dans l'Inde chercher le coton et l'indigo; et même, chose triste à dire, de 1716 à 1720, Bordeaux fut un des quatre ports qui eurent le monopole de la traite des noirs et de la poudre d'or sur les côtes d'Afrique. Ce privilège passa ensuite à la Compagnie des Indes, qui, de 1719 à 1758, posséda le monopole du commerce avec le Sénégal. Elle avait Lorient pour port d'armement.

Les Parlements, simples Cours de justice à l'origine, avaient acquis une grande importance politique. Véritables représentants de la bourgeoisie, de ses idées et de ses passions, ils avaient souvent tenu la royauté en échec. Trois ans avant la mort de Louis XV, le chancelier Maupeou avait voulu briser cette puissance, et il avait remplacé les Parlements par des tribunaux qui n'avaient pas les mêmes privilèges, par de simples corps judiciaires. A Bordeaux, le 3 août 1771, le duc de Richelieu s'était rendu au Palais de Justice, pour y promulguer cette réforme.

1755 Tourny chargea Lattré de graver, avec tous les embellissements qu'il y avait mis ou qu'il voulait y mettre, le plan de sa ville de Bordeaux. Gravé avec privilège du roi. Il est aux Archives municipales de Bordeaux. Il comporte, en plus du plan de la ville, la représentation des principaux édifices et de tous les embellissements que Bordeaux doit à Tourny. [Plan] Plan de la ville avec les principaux édifices et les embellissements que Bordeaux doit à Tourny
MIME type: image/jpeg
Agrandissement photo (f) - Déplacement (bouton gauche souris enfoncé)


Louis XVI, en arrivant sur le trône, voulant fortifier l'ordre social et donner satisfaction à l'opinion publique, rappela les parlements : celui de Bordeaux fut installé en 1775; mais les maux sociaux étaient trop profonds pour qu'un remède aussi superficiel pût les guérir. Dans la Guienne, tous les esprits étaient préparés pour la révolution qui s'approchait. La résistance des parlements aux mesures du ministère, en 1787 et 1788, fut applaudie avec enthousiasme et quand le parlement de Bordeaux fut suspendu et exilé à Libourne, pour son opposition aux volontés royales, les citoyens des villes et des campagnes manifestèrent leur douleur par un deuil général.

Les États-Généraux s'assemblèrent en 1789, et le Tiers-État, qui jusqu'alors n'était rien, commença à être tout. Le courage de l'Assemblée, ses périls, les complots de la cour, amenèrent le 14 Juillet et la prise de la Bastille. Cette nouvelle fut accueillie avec joie à Bordeaux et dans toute la province. A l'exemple de Paris, le peuple se forma partout en compagnies de garde nationale et comme il lui manquait des fusils pour compléter son armement, il se porta en foule à la forteresse du Château Trompette, qui renfermait un dépôt d'armes et de munitions. Le gouverneur, soit par crainte, soit par patriotisme, fit un bon accueil aux assaillants et livra les clés de l'arsenal au conseil des quatre-vingt-dix électeurs communaux.



Bordeaux et la révolution

Le 17 juillet 1789 on reçut à Bordeaux la nouvelle de la prise de la Bastille. Dès le lendemain les habitants arborèrent la cocarde nationale par un mouvement spontané, en signe d'adhésion à la révolution qui venait de s'opérer à Paris dans l'intérêt de la France entière. Trois jours après ils se réunirent au nombre d'au moins trente mille dans le Jardin Public, pour délibérer sur le parti qu'il convenait de prendre dans les circonstances actuelles, afin de veiller au maintien de la tranquillité générale.

On ne trouve dans l'histoire de Bordeaux aucune époque où le peuple abandonné à lui-même ait déployé autant de prudence et de générosité que dans cette journée. Ailleurs il se livra à des actes de violence contre la classe des privilégiés : ici il se montra vigilant, calme et juste. L'assemblée fut nombreuse sans confusion et seulement agitée par les sentiments d'un patriotisme réfléchi. Tous les intérêts se taisaient devant celui du bien public. Une échelle de jardinier qui se trouva au milieu de cette vaste promenade servit de tribune aux orateurs qui se firent entendre dans cette réunion populaire. Tous s'accordèrent à exhorter leurs concitoyens à s'armer promptement pour assurer le triomphe de publique en veillant à la sûreté particulière. Les allocutions se multipliaient; on applaudissait à chacune d'elles, parce que toutes respiraient l'amour de la patrie; mais dans aucune on ne précisait suffisamment les mesures à mettre en œuvre pour organiser l'armement général des citoyens, qui était l'objet des propositions principales. Un dernier orateur arrive à l'indication de ces mesures en prenant pour texte de son discours un à-propos de circonstance.

Depuis quelques jours la jeunesse de la ville avait demandé au théâtre la représentation du drame de Guillaume Tell. Les acteurs ne s'empressaient pas d'apprendre une pièce qui était tombée depuis dix ans. L'orateur expose que, quoiqu'elle respirât le plus ardent patriotisme, cette pièce ne convenait pas à nos mœurs, attendu qu'elle peignait celles des Suisses du quatorzième siècle; que d'ailleurs certains passages où il y avait beaucoup d'exaltation pourraient être mal interprétés dans les circonstances actuelles, qui demandaient du calme et de l'union; qu'il importait à la tranquillité publique que la représentation de Guillaume Tell fut ajournée à un temps plus opportun et qu'en ce moment il fallait se borner à imiter ce généreux patriote dans son amour pour la liberté, en s'occupant à déjouer les complots de la malveillance, sous le patronage des hommes sages qui avaient choisi les députés de cette ville à l'assemblée nationale. Pour arriver à ce but, l'orateur proposa d'activer l'armement que l'on demandait, en désignant par acclamation deux commissaires de chaque paroisse qui se rendraient immédiatement auprès des électeurs des communes, afin de les inviter au nom du bien public à diriger l'élan patriotique des habitants, et à rédiger un règlement d'après lequel ils s'enrégimenteraient dès le lendemain.

Bordeaux qui, jusqu'alors, avait agi spontanément, suivit presque toujours, à partir de 1789, l'impulsion de Paris. Jusqu'au mois de mai 1793, il obéit implicitement à tous les ordres émanés de ce centre politique; mais à cette époque le parti des Girondins, composé de Vergniaud, Guadet, Gensonné, Grangeneuve, Ducos, Fonfrède et autres députés de la Gironde, essaya de résister aux Jacobins et aux Montagnards.

Vingt-deux d'abord et plus tard soixante-treize des Girondins, furent proscrits par les Jacobins. Quelques uns s'échappèrent, d'autres furent arrêtés et dans la suite décapités. Bordeaux entra alors dans la fédération formée par certains départements contre la Convention.

Cet essai d'émancipation n'eut pas de succès. La Convention envoya son proconsul, Tallien, avec mission de faire-exécuter son décret de mise hors la loi contre ceux qui avaient adhéré à la ligue et de réduire le ville par la force ou par la famine.

Ce fut le 16 octobre 1793 que les représentants du peuple, Tallien Jean-Lambert_Tallien.jpgJean-Lambert Tallien, né le 23 janvier 1767 à Paris où il est mort le 16 novembre 1820, est un révolutionnaire et journaliste français.

Le 23 septembre 1793, il est envoyé en mission à Bordeaux avec Ysabeau, pour réprimer les mouvements fédéralistes.
Il crée une commission militaire qui ordonne l'arrestation de près de cinq mille personnes et prononce environ trois cents condamnations à mort.

Parmi les victimes on compte l'ancien maire François-Armand de Saige et le député girondin en fuite Jean Birotteau.
Tallien taxe également les fortunes des riches et distribue des terres aux sans-culottes. Enfin il débaptise le département de la Gironde pour lui donner le nom de Bec-d'Ambes. Il favorise la déchristianisation et organise une Fête de la Raison le 20 frimaire an II (10 décembre 1793).

,
Ysabeau Claude-Alexandre Ysabeau, né le 23 janvier 1767 à Paris où il est mort le 16 novembre 1820, est un révolutionnaire et journaliste français.

Il est élu député à la Convention par le département d'Indre-et-Loire. Il vote la mort de Louis XVI. Envoyé en mission, il organise l'armée des Pyrénées-Orientales, puis réprime avec Jean-Lambert Tallien la révolte fédéraliste de Bordeaux (300 condamnations à mort environ).

C'est lui qui, le 9 Thermidor (27 juillet 1794), lance à Robespierre la célèbre apostrophe : «Oui, tyran, tu es le plus scélérat des hommes, l'heure de ton trépas a sonné !...»".

Membre du Comité de sûreté générale en mars 1795, il est élu au Conseil des Anciens en octobre 1795. Sous le Consulat et l'Empire, il devient inspecteur des services postaux.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

, Baudot, Chaudron-Rousseau et leur secrétaire Peyrend d'Herval, un moine défroqué désignèrent pour le jour où ils viendraient rétablir à Bordeaux la tranquillité et l'abondance dont ils se proclamaient les dispensateurs. Leur entrée dans cette ville fut loin d'avoir l'aspect paisible qu'on attendait. Ils étaient escortés d'une force armée d'environ trois mille hommes (*) en cavalerie et infanterie, que précédaient deux pièces de canon.

(*) La municipalité avait invité les habitants à fournir un égal nombre de lits garnis, lesquels furent portés dans les anciens couvents des Ursulines, de Notre-Dame, et des Carmélites, et dans les petit et grand séminaires. On n'a jamais remis ces effets à ceux qui croyaient simplement les prêter.

Ayant imaginé qu'ils produiraient un effet théâtral en passant par une ouverture qui se trouvait au mur de ville, près la porte Sainte-Eulalie, où ils étaient attendus, ils ne manquèrent pas d'écrire à la convention nationale qu'ils s'étaient introduits à Bordeaux par la brèche. Ce fut une petite singerie de l'entrée que le connétable de Montmorency fit en 1548 dans cette ville, où sa mission de commissaire du gouvernement fut aussi cruellement remarquable.

Le 30 vendémiaire an II (21 octobre 1793), Tallien et ses collègues écrivaient à la Convention :

« Le désarmement s'exécute aujourd'hui et donnera des armes superbes en grande quantité à nos chers sans-culottes. Il y a des fusils garnis en or. L'or ira à la monnaie, les fusils aux volontaires, et les fédéralistes à la guillotine par jugement de la commission militaire que nous avons instituée... Les bons citoyens, fâchés d'être confondus sous le nom de girondins, nous ont priés de changer le nom de ce département en celui de Bec d'Ambès »

Ce même 21, la Commission militaire fut nommée. Elle se composait de Lacombe, instituteur à Sainte-Foy, président; Parmentier, comédien; Marguerié, marchand à La Réole; Gautier-Giffey, greffier; Jean Rey, capitaine de chasseurs; Jacques Morel, doreur, et Barsac, commis.

Ces hommes étaient chargés de décimer Bordeaux; on les surnomma les Sept péchés capitaux.

Le 29 brumaire 19 novembre 1793), Tallien el Ysabeau écrivaient aux Jacobins de Paris :

« Nous nous attachons à faire tomber les têtes des meneurs, des conspirateurs en chef; à saigner fortement la bourse des riches égoïstes »...

Ces intentions furent scrupuleusement suivies par la commission de Bordeaux.

Afin que le département fût plus complétement régénéré, comme on disait en ce temps-là, on changea sa dénomination en celle de département du Bec d'Ambès. Les Montagnards voulaient faire oublier jusqu'au souvenir de la Gironde, dont le nom leur rappelait celui des adversaires qu'ils avaient redoutés, et qu'ils poursuivaient de toute leur haine. On mit même en question si l'on n'imposerait pas à Bordeaux le nom de « Commune-Francklin », en mémoire de la section ainsi appelée, qui venait de sauver cette ville, comme le proclamaient les puissants du jour.

Le 10 décembre, les représentants firent répéter à Bordeaux une solennité révolutionnaire qu'on avait déjà exécutée dans d'autres villes, sous le nom de « fête de la RaisonFête_de_l'Etre_suprême.jpgDepuis 1790, un culte civique s'était peu à peu esquissé au fil des grandes fêtes, telle la fête de la Fédération le 14 juillet 1790. Le culte de la Raison est un des caprices de ce culte civique que les révolutionnaires ont tenté d'établir d'une manière désordonnée jusqu'à la création du culte de l'Être suprême par Robespierre.

Le 10 août 1793, la fête de l'Unité et de l'Indivisibilité fut la première fête purement laïque. Vers le même moment s'affirmait une véritable dévotion populaire pour les martyrs de la liberté, Lepeletier, Chalier et surtout Marat.

L'essor du culte de la Raison est lié à la déchristianisation, opérée d'abord en province par les initiatives de représentants en mission à l'automne 1793. À Paris, la Convention adoptait le 5 octobre 1793 le calendrier républicain, dont le but était bien de supprimer les superstitions ; il s'agissait, comme le disait le rapporteur, de fonder « sur les débris des superstitions détrônées la seule religion universelle, qui n'a ni secrets ni mystères, dont le seul dogme est l'égalité, dont nos lois sont les orateurs, dont les magistrats sont les pontifes ».

Jean DÉRENS, « CULTE DE LA RAISON », Encyclopædia Universalis
». Elle se composait de la réunion processionnelle des nouveaux fonctionnaires publics, qui, tous coiffés d'un bonnet rouge, marchaient à la suite d'une troupe de bateleurs, lesquels étaient vêtus en rois, grands seigneurs, fonctionnaires de tout rang, et gens de robe ou d'église, dans leurs costumes d'étiquette. A la tête de la mascarade était une comédienne figurant la déesse de la Raison, traînant à la suite de son char les diverses décorations en usage sous l'ancien régime. Le cortège, après avoir fait le tour de la ville au bruit des chansons analogues à la cérémonie , se rendit dans l'église de Saint-Dominique, à laquelle on avait imposé le nom de temple de la Raison. Il entra pompeusement dans ce local, sauf les personnages représentant le pape, les grands seigneurs, les gens de robe, prêtres, rabbins, moines et religieuses, à qui la déesse fit fermer la porte du temple. Elle ne fut ouverte qu'après qu'un arlequin leur eut adressé une mercuriale bouffonne sur l'inutilité de leurs professions et qu'ils eurent déclaré ne vouloir suivre désormais que le culte de la Raison, en se dépouillant de leur ancien costume. Ces dépouilles furent amoncelées sur un bûcher auquel la déesse mit le feu en chantant un hymne à l'égalité.

L'assemblée législative avait décrété que les municipalités feraient planter devant la maison commune un arbre qu'on appelait l'arbre de la liberté. Les sections de Bordeaux demandèrent qu'il leur fût permis d'avoir un pareil arbre dans leur territoire respectif, ce qui fut autorisé par les représentants, qui décidèrent que chaque section planterait, à tour de rôle, son arbre, mais que la priorité de cette plantation appartiendrait à la section Francklin, comme étant la plus éminente en civisme , et qu'ils honoreraient de leur présence la cérémonie. L'arbre de cette section fut planté en grande pompe au centre de la place Dauphine, lieu destiné aux exécutions qu'ordonnait la commission militaire (crée par Tallien et présidée par Jean-Baptiste-Marie Lacombe, instituteur né à Toulouse, avant d'être guillotiné en 1794), qui ordonne l'arrestation de près de cinq mille personnes et prononce environ trois cents condamnations à mort.
Tallien, qui présidait à la fête, y prononça un discours, dans lequel, parmi les phrases les plus horriblement emphatiques, on remarqua celle-ci : « Afin que l'arbre de la liberté jette de profondes racines, il faut que le pied en soit arrosé par le sang des fédéralistes et des aristocrates ».

La terreur était à l'ordre du jour. Les prisons se remplirent de riches négociants, rançonnés ou détenus selon le caprice et la cupidité de leurs juges.
l'ancien maire François-Armand de Saige, le député girondin en fuite Jean Birotteau et plusieurs citoyens périrent sur l'échafaud, érigé en permanence sur la place Dauphine.

Tallien rencontre à Bordeaux Thérésa Cabarrus qui deviendra « Notre Dame de Thermidor madame_tallien.jpgNotre-Dame de Thermidor, Thérésa Cabarrus, aussi connue sous le nom de son second époux Madame Tallien, née le 31 juillet 1773, au palais de San Pedro à Carabanchel Alto, près de Madrid, et morte le 15 janvier 1835, au château de Chimay, dans la province de Hainaut, est une salonnière et personnalité de la Révolution française.

Partisane active des idées nouvelles, elle doit néanmoins se réfugier à Bordeaux dans la famille de son père et parmi ses amis Girondins. Comme eux, elle est arrêtée, mais est libérée par Tallien. Elle aide des centaines de prisonniers à échapper à la guillotine, d’où son surnom de « Notre-Dame de Bon Secours ».

À nouveau emprisonnée, Thérésa est en partie à l’origine du 9 Thermidor an II : son amant, Jean-Lambert Tallien, parce qu'elle lui écrit qu'elle est condamnée, se décide à participer au coup d'État qui mettra fin à la Terreur en provoquant chute de Robespierre. D’où son surnom de « Notre-Dame de Thermidor ». Elle se marie avec Tallien en 1794. Elle se sépare de lui en 1795.

Elle épouse le prince de Chimay (François Joseph de Riquet de Caraman) le 9 août 1805.
», veuve Fontenay, emprisonnée comme suspecte, qui le séduit. Tallien la fait libérer et l’installe chez lui, où ils vivent dans un luxe insolent et « protègent » des suspects. Elle va, par son influence, s'efforça d'adoucir les violences de la Terreur.

Le 9 Thermidor (27 juillet 1794) vint renverser le pouvoir de ces fanatiques. Cette révolution, républicaine dans l'origine, prit bientôt une couleur royaliste dans le Midi; pendant plusieurs mois, des bandes armées parcoururent la Guienne, incendiant et assassinant sous prétexte de venger les excès de la Terreur.

Après le 9 thermidor, les Bordelais firent connaître à Garnier, représentant alors en mission, des agissements de Lacombe, président de la commission militaire. Garnier le fit arrêter, ainsi que sa femme et trois de ses complices, et chargea une commission de leur faire leur procès.

Le 27 thermidor (14 août 1794), Lacombe fut condamné à la peine de mort, comme exacteur, concussionnaire, prévaricateur, corrupteur des moeurs et de l'esprit public et comme tel traître à la patrie. Il était entré en composition avec des accusés et les avait acquittés moyennant finance. Dès le lendemain, Ysabeau fit enlever la guillotine de la place Dauphine.

La Terreur cessa à Bordeaux. Elle avait duré plus de neuf mois, du 23 octobre 1793 au 31 juillet 1794. La Commission militaire avait prononcé quatre cent quatre-vingt-cinq condamnations, dont trois cent une à mort, cent vingt-neuf à la détention et cinquante-cinq à l'amende. Le total des amendes s'était élevé à sept millions, dont un pour les sans-culottes, et un million trois cent vingt-cinq mille livres pour un hospice qui ne fut jamais construit. Trois cent soixante-treize accusés furent acquittés, en y comprenant pour cent soixante et onze le personnel des deux théâtres.

le 2 novembre 1794; le nom de Gironde fut rendu au département.

La révolution du 18 Brumaire soumit la France, pendant quatorze ans, au despotisme de son grand général. Napoléon, imitant en ceci la politique de plusieurs de ses prédécesseurs, visita Bordeaux, en 1808, dans l'espoir de rallumer l'enthousiasme de la population; mais ses guerres ruineuses et surtout le blocus continental, avaient, malgré le prestige de la gloire, rendu sa domination insupportable à cette province, qui n'existait que par son commerce. Aussi, lorsque l'avant-garde de l'armée anglaise, sous les ordres du maréchal Beresford, se présenta, le 12 Mars 1814, devant les portes de Bordeaux, elle trouva les habitants assez disposés à accepter un changement qui leur promettait la tranquillité.



Bordeaux l'époque Napoléonienne et la restauration

L'empereur Napoléon fit son entrée dans Bordeaux le 4 avril 1808, allant à Bayonne. Il se rendait à une entrevue que lui avait demandée la famille royale d'Espagne. Le dimanche, à huit heures du soir, arriva l’lmpératrice Joséphine

Son séjour fut marqué par des fêtes publiques dans lesquelles la ville montra beaucoup d'enthousiasme et de magnificence. L'impératrice Joséphine accompagnait son époux dans ce voyage. Au retour de Leurs Majestés à Bordeaux, le 31 juillet suivant, de nouvelles fêtes les accueillirent. L'empereur ayant reconnu par lui-même les besoins qu'éprouvait cette ville, lui donna des marques de l'intérêt qu'il lui portait en décrétant la formation de plusieurs établissements dont elle manquait et des améliorations pour ceux qui subsistaient déjà dans ses murs. Nous nous bornerons à indiquer la partie des actes de la munificence impériale qui reçut son exécution dans le temps.

Par un décret du 24 avril 1808, l'ancien palais archiépiscopal , qui était alors l'hôtel de la préfecture, fut érigé en palais impérial. L'empereur, satisfait de la manière avec laquelle M. le comte Lafaurie de Montbadon , alors maire de Bordeaux, avait disposé les fêtes offertes par la ville, le nomma gouverneur de ce palais.

Un autre décret, rendu le lendemain, porte :

1° L'hôtel occupé par la municipalité est concédé à la ville à titre gratuit; il lui est fait remise des loyers échus dudit hôtel et dont le paiement serait arriéré;

2° La portion du couvent des orphélines, occupée par les sœurs de la Charité, leur est concédée à titre gratuit;

3° L'autre partie libre du même couvent est concédée au même titre à l'association des sœurs de Notre-Dame qui se livrent à l'éducation des filles indigentes;

4°L'établissement de la maison de la Miséricorde, fondé et dirigé par la demoiselle Lamouroux, dans l'ancien couvent de l'Annonciade, est approuvé. Cette demoiselle est dispensée du paiement de la somme de vingt-deux mille cinq cents francs qui lui restait à acquitter du prix de l'adjudication des bâtiments de ce couvent;

5° II sera fondé une maison de mendicité (*) pour tout le département;

6° Les maisons occupées par les curés de Saint-Louis et de Saint-Vincent de Paule, aux ci-devant couvents des Petits-Carmes des Chartrons et des Chartreux, sont concédées à la ville et affectées au logement desdits curés;

7° Le surplus des bâtiments de la Chartreuse, tombant en ruine, sera démoli, les matériaux vendus au profit du domaine et le terrain affecté à l'agrandissement du jardin de botanique du département;

(*) Cet édifice est actuellement occupé par l'école secondaire ecclésiastique. Il est construit de telle manière qu'il conviendrait mieux pour le dépôt de mendicité.

8° L'amphithéâtre de Saint-Côme est concédé à la ville pour être affecté à des cours de chirurgie;

9° Le manège est concédé à la ville, à la charge d'y faire donner gratuitement l'instruction à seize élèves du collége et à seize militaires qui seront désignés;

10° La construction d'un pont devant Bordeaux est ordonnée. Le gouvernement donne à cet effet quatre cent mille francs par an;

11° Le Château Trompette sera démoli; ses matériaux et terrains sont donnés à la ville.

Le même décret affecte le produit des ventes du château trompette :

1° A l'acquisition de l'hôtel Saige pour servir de préfecture;

2° Aux grosses réparations de la cathédrale et aux logements de l'archevêque et du séminaire diocésain;

3° A la construction de la maison de mendicité.

Un décret du 26 du même mois porte création d'une commission qui prêtera aux propriétaires de vignobles du département , jusqu'à concurrence de la moitié de la valeur de leurs vins qu'ils donneront en nantissement, moyennant deux et demi pour cent pour l'intérêt annuel du prêt, et de deux pour cent pour droit de garde desdits vins.

19e siècle (selon la majorité des historiens, qui placent le début de ce siècle après la défaite des armées napoléoniennes, en 1814)

Note :
Le 6 avril 1814, l'Empereur signe son abdication inconditionnelle au château de Fontainebleau. Les coalisés (Angleterre, Autriche et la Russie) lui accorde la souveraineté de l'île d'Elbe ainsi qu'une rente annuelle de 2 millions. Le Sénat, qui a voté la déchéance de Napoléon Ier, adopte une nouvelle Constitution et proclame Louis XVIII « roi des Français ». Le 20 avril, l'empereur déchu fera ses adieux à la garde impériale et sera transféré vers son île-prison d'Elbe. Il réussira à s'en échapper le 26 février 1815.



Les Bourbons étaient à peine remontés sur le trône, que la révolution du 20 Mars 1815 ramena Napoléon à Paris. Le duc d'Angoulême, investi du commandement des provinces, au sud de la Loire, établit son quartier-général à Toulouse, laissant la duchesse à Bordeaux, dans l'espoir de conserver cette ville et d'y rallier l'armée espagnole. Cependant le général ClauzelClauzel,_Bertrand.jpgBertrand Clauzel, né le 12 septembre 1772 à Mirepoix (Ariège) et mort le 21 avril 1842 à Cintegabelle (Haute-Garonne).

Est un officier français, actif de la Révolution française à la Monarchie de Juillet, anobli par Napoléon et fait maréchal de France par Louis-Philippe.
s'avançait à marches forcées vers la capitale de la Guienne. La garde nationale, pour prouver sa fidélité à la duchesse d'AngoulêmeDuchesse_d'Angouleme.pngMarie-Thérèse Charlotte de France, est appelée « Madame » ou « Madame Royale », sa mère l’appelant toutefois par le surnom de « Mousseline la Sérieuse ». Elle est le premier enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né après plus de huit ans de mariage.

Grâce à l’entremise du tsar de Russie Paul Ier, Marie-Thérèse accepte finalement d'épouser à vingt ans l'héritier de la couronne de France déchue, un autre de ses cousins germains, Louis-Antoine d’Artois, fils aîné du futur Charles X et duc d’Angoulême.

Les Cent-Jours marquent à la fois l’apogée de l’image de la duchesse d’Angoulême et l’échec définitif du projet de Louis XVIII qui voulait rassembler les Français autour de sa nièce.

L’annonce du retour de Napoléon surprend Madame et son mari à Bordeaux, où ils célébraient l’anniversaire du passage de la ville aux Bourbons. Tandis que le roi s’est réfugié en terre étrangère, à Gand et que le duc d’Angoulême doit partir pour Toulouse, Madame Royale est chargée par le roi de défendre Bordeaux, ville qui lui est tout acquise, à l’exception notable de la garnison. À l’approche du général Clauzel, aux ordres de l’Empereur, et malgré le courage de la princesse qui vient haranguer seule les soldats, ces derniers trahissent la cause des Bourbons et passent à l’ennemi. La duchesse d’Angoulême est alors obligée de partir pour l’Angleterre où elle négocie l’achat d’armes pour la Vendée et s’efforce d’organiser les royalistes de l’ouest de la France, sollicitant jusqu'à l'Espagne à venir les soutenir.

Napoléon, admiratif, dit d’elle qu’elle était « le seul homme de la famille des Bourbons ».
, sortit pour s'opposer aux troupes impériales; mais toute résistance fut inutile et la duchesse, après avoir déployé un grand courage dans ces circonstances difficiles, quitta Bordeaux pour Pauillac, où elle s'embarqua sur la corvette anglaise, le « Wanderer », qui la porta à Saint—Sébastien, en Espagne.
M. Lynch s’embarque sur le navire marchand anglais, le William Sibbald, et arriva à Plymouth le 43 avril.

Le 18 juin 1815, défaite de Napoléon à Waterloo, contre les troupes prusso-britanniques des généraux Duc de Wellington et Blücher.

Le 12 juillet, les journaux de Paris apportèrent la nouvelle de l’arrivée du roi dans la capitale; Bordeaux répondit à cet événement par des cris de : Vive le roi! Des rassemblements se formèrent sur les places publiques; mais une seule chose semblait offusquer les regards de la population, c’était le drapeau tricolore flottant encore sur le Grand—Théâtre. Sur un ordre donné à M. Boisson, adjudant de place, par le général Pagot, on descendit le drapeau tricolore, qui fut à l’instant remplacé par le drapeau royaliste.

Après la seconde restauration de Louis XVIII, le duc et la duchesse d'Angoulême vinrent rester quelques jours à Bordeaux, où ils furent encore reçus avec acclamations; mais bientôt le rétablissement des droits-réunis et d'autres mesures du gouvernement vinrent refroidir cet enthousiasme. Le commerce, qui avait souffert beaucoup sous l'Empire, languissait aussi vers la fin de la Restauration; aussi la Révolution de 1830 ne trouva pas une grande opposition dans la cité du Douze-Mars. Les Bordelais étaient en général favorablement disposés envers la dynastie que cette révolution plaça sur le trône et que celle de Février 1848 vient de chasser de la France.

Louis XVIII fait élever une colonne de marbre noir avec cette inscription :

AN 1786,
SOUS LES AUSPICES DE LOUIS XVI,
N. BRÉMONTIER,
INSPECTEUR-GÉNÉRAL DES PONTS-ET-CHAUSSÉES,
FIXA LES DUNES ET LES COUVRIT DE FORETS.

EN MÉMOIRE DU BIENFAIT,
LOUIS XVIII,
CONTINUANT LES TRAVAUX DE SON FRÈRE,
ÉLEVA CE MONUMENT EN 1818.

Pause.png

Le 20 décembre 1815, en commença à démolir le château Trompette ou « Tropeyte » construit par Charles VII, pour contenir dans le devoir les turbulents Bordelais, et agrandi par Vauban, en 4670,

En 1785, le roi Louis XV, vendit le Château-Trompette et tout le terrain de son esplanade à une compagnie qui devait l'exploiter à son profit, d'après un plan donné par le célèbre architecte Louis (Victor Louis). Cette vente fut annulée deux ans après: on n'a jamais bien connu les conditions de cette vente, ni les motifs de sa résiliation.

En 1816, Louis XVIII renouvela le même don, mais à titre gratuit. La ville fut autorisée à vendre à son profit les matériaux du Château-Trompette et tous les terrains qui en dépendaient, pour en employer le prix au paiement de ses dettes, sous la seule condition de former des promenades, un quai, une place publique et des rues sur ceux de ces terrains dont la destination est spécialement indiquée.

Maîtresse du terrain du Château Trompette, l’administration le fit niveler peu à peu et au mois de janvier 1818, elle fit planter les allées latérales qui bordent les deux côtés de la place des Quinconces, sur une longueur de deux cent quatre-vingts mètres et sur une largeur de quatre-vingts; ces allées sont éclairées, la nuit, par seize candélabres de bronze. La terrasse paraissait nue; il fallait quelque construction qui pût en diversifier l’aspect et rompre agréablement une trop monotone uniformité.

On y fit ériger, en 1829, deux colonnes rostrales (Les romains appelaient colonnes rostrales celles qu'ils élevaient en mémoire d'une victoire qu'ils avaient remportée sur mer), d’une forme gracieuse, de vingt mètres d’élévation et surmontées de statues représentant le commerce et la navigation, oeuvres de « M. Manceau » , sur un plan fourni par M. Poitevin, architecte et de quatre reverbères qui servent de phares pour éclairer le port. Ces colonnes portent, sculptées sur leurs flancs, des proues de navires antiques.

Aux extrémités des allées latérales de cette place, on fit construire, en 1826, deux beaux établissements de Bains Les bains sur l'esplanade des Quinconces
Laclotte Architecte
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica
qui réunissent toutes les commodités désirables et servent de décoration à cette portion du quai. Ces bains devaient remplacer deux autres établissements semblables, qui, d'après une délibération des jurats, du 20 août 1763, avaient été construits sous les noms de Bains du Chapeau-Rouge et de Bains 0rientaux Les bains Orientaux
Bonfin Architecte
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica
.

Un peu plus au nord et comme pour relier désormais à la ville ce grand quartier des Chartrons, qui en était, pour ainsi dire , séparé comme une ville distincte, on construisit, en 1824, l’ Entrepôt du commerce L'Entrepôt réel des denrées coloniales
MIME type: image/jpeg
Logo Gallica
(L'Entrepôt Lainé), vaste et singulier édifice, dont la forme extérieure, sans grâce, sans ornements architecturaux, n’a rien qui frappe le regard de l’observateur. L'Entrepôt réel des denrées coloniales permet à partir de 1824 d'accueillir et de stocker sous douane les marchandises (le sucre, le café, le cacao, le coton, les épices, les plantes tinctoriales, les oléagineux) produites par les planteurs aux colonies et réexportés vers l’Europe du Nord par les négociants bordelais. L'architecte fut Claude Deschamps, l'ingénieur du pont de Bordeaux et l'ingénieur Billaudel. Ce projet comprenait la construction d'une estacade avec débarcadère, pour que les navires décharge à quai en face de l'entrepôt. De cette façon, les marchandises seraient transportées plus aisément à terre, en évitant les frais du gabarrage (A cette époque, l'absence de quais verticaux obligeait les navires à mouiller loin des rives et les cargaisons étaient déposées dans des « gabarres » qui les menaient à terre).

Sa construction a été achevée en deux ans de travaux, l'entrepôt fut ouvert en novembre 1824.

Pause.png

L’hôpital de Saint-André, fondé en 1390, par le vénérable Vital-Carles, prêtre et grand chantre de l’église métropolitaine de Bordeaux, existe jusqu’en 1829, vis-à-vis la cathédrale, sur le bord méridional de la Devèze.

En 1538, Nicolas Boyer, chevalier, vicomte de Pomiers, consacra à son agrandissement la majeure partie de sa fortune.

En 1819, le duc de Richelieu affecta à sa reconstruction, sur le terrain donné par la ville, la récompense nationale que lui décerna la loi du 11 février 1819. La ville de Bordeaux pourvut au complément de la dépense.

La commission des hospices proposa la construction et la fit exécuter, étant en fonction, de 1820 à 1829. MM. J.V. Desfourniel, vice-président de la commission; A. Ravez, L. Fabre, P. Portal, A. Sarget, J.B. Loriague, D. Béchade, Duprat, Ate Journu, administrateurs; J.B. Pelauque, secrétaire; J. Peyre, directeur général, agent comptable;
Étant ministres de l’intérieur MM. vicomte Lainé, comte Siméon, comte Corbières, vicomte de Martignac; préfets, MM. comte de Tournon, comte de Breteuil, baron d’Haussez; maires, MM. vicomte de Gourgues, vicomte Duhamel; archevêques, Mgr d’Aviau du Bois-de-Sanzai, le cardinal de Cheverus.

Le terrain est celui où s’élevait la plate-forme de Sainte- Enlalie et où se réunissaient les frondeurs du temps de Condé, en 1651; on l’appelait l’ormée, à cause des ormeaux qui s’y trouvaient.

En 1826, la construction commença sur le plan et sous la direction de M. Burguet, architecte, couronné au concours; inspecteur des travaux, M. Rochet; entrepreneurs, MM. Gabaud et Lalanne; concurrents distingués par le jury du concours, MM. Marchebens, P oitevin et Robert.

En 1829, inauguration du nouvel l'hopital Saint-André.

Pause.png

Grâce à M. Balguerie-StuttenbergBalguerie-Stuttenberg.jpg Pierre Balguerie-Stuttenberg, né le 30 septembre 1778 à Aiguillon Lot-et-Garonne mort le 19 août 1825 à Bagnères-de-Bigorre, est un négociant et un armateur bordelais.

Pierre Balguerie rentre en 1798, comme apprenti, chez Biré et Verdonnet qui vendait des toiles à Bordeaux.

En 1805, il devient le directeur de la maison. En 1809, il épouse Sophie-Suzanne Stuttenberg (1791-1837), fille d'un négociant en vin. Au commerce de la toile et du vin, il ajoute l'armement de navires en créant une société d'armement sous l'Empire.
et à quelques amis, on fonda, en 1819, la Banque de Bordeaux, établissement éminemment utile dans une ville de commerce; elle fut autorisée par une ordonnance royale du 23 novembre 1818, et ses bureaux furent ouverts le premier juillet 1819. A côté de cet utile établissement et sous sa direction, on organisa une caisse d’épargnes et de prévoyance, le taux de l'intérêt qui devrait être versé aux déposants durant le cours de l'année suivante; pour 1819, il était fixé à 5 %. Elle commença ses opérations le 4 juillet 1819.

Liste des fondateurs de la Caisse d'épargne : Portal, Balguerie-Stuttenberg, Sarget, Chicou-Bourbon, Daniel Guestier, W. Johnston, Philippon, Foussat, Lopès-Dubec, Exshaw, Lawton.

Le duc de Richelieu, le préfet Tournon et le maire de Bordeaux de Gourgues prirent part à la rédaction de l'acte constitutif passé chez MMCS Maillères et Dechamps, notaires royaux.


Elle est située rue des Trois-Conils, au coin de la rue Vital-Caries (actuellement le musée Jean Moulin).

Pause.png

Une Compagnie se forma pour l'établissement des bateaux à vapeur sur la Garonne, jusqu’à Langon. Le premier bateau, appelé « la Garonne », fut lancé le 3 août 1818; il réalisa des bénéfices énormes que le « Henri IV » vint partager l’année suivante. En 1821, on lança « le Français »; en 1822, « l’Estafette », et en 1823, « le Sully » et « la Confiance » vinrent lutter de vitesse avec les anciens et demander une part des bénéfices, qui allaient en augmentant, en facilitant de plus en plus le trajet de Bordeaux à Langon.

En 1826, les Réolais réunirent un certain nombre d’actionnaires et firent faire deux autres bateaux à vapeur, « le Réolais » et « le Lot-et-Garonne ». Cette concurrence provoqua la fusion des deux Compagnies, sous le nom de « la Compagnie Bordelaise ».

Pause.png

Le 1er juin 1827, le Dépôt de mendicité, dans la rue Terre-Nègre, est en pleine activité et subsiste par les ressources de la charité publique. Il renferme plus de trois cents lits et l’on y reçoit tous les malheureux qui n’ont ni asile, ni moyens de subsistance.

1850. Rachat du clocher Pey-Berland, aliéné par la Révolution. C'est au cardinal Donnet qu'on est redevable de cette restauration.

1852. L'État a remplacé le télégraphe aérien par le télégraphe électrique, dont le réseau, créé par un décret impérial du 6 janvier, s'est si rapidement développé.

1858. Création du Jardin-Public actuel avec ses serres, sa rivière, son jardin botanique.

Les sources du Taillan, situées à 10,500 mètres de la place Dauphine, viennent alimenter Bordeaux. Les fontaines de Tourny, la gerbe des Quinconces, de nombreuses bornes-fontaines, les machines élévatoires de la rue Paulin et un vaste réseau souterrain de tuyaux sont établis sous la direction de MM. Mary et Devanne.

1863. Création du Parc-Bordelais, et de ses voies d'accès. A l'initiative de quelques habitants de Bordeaux, sur un domaine de 28 hectares de superficie, acheté 500,000 fr. Les fonds ont été réunis par souscription publique. Par décret impérial du 13 août 1864, une société anonyme a été constituée au capital de 550,000 fr., divisé en 5,500 actions de 100 fr. Une grande loterie au capital de un million de francs a été concédée à la société par S. M. l'Empereur Napoléon III. Les fonds provenant de cette loterie sont consacrés à la transformation du domaine en promenade publique et en Jardin d'acclimatation.

En attendant cette transformation, le domaine est ouvert au public tous les jours. Le prix d'entrée est de 25 cent. Les voitures sont admises au prix de 1 fr. Deux portes sont ouvertes: l'une sur le chemin de Saint-Médard, l'autre sur le petit chemin d'Eysines; les voitures entrent par cette dernière; les piétons, par l'une ou par l'autre.

Cette même année, les eaux de Budos sont amenées à Bordeaux par un canal de 41 kilomètres, et refoulées par les machines à vapeur de l'usine du Béquet.

1865. Reconstruction, de la flèche du clocher Saint-Michel, détruite par l'ouragan de 1768. Ce monument a aujourd'hui une hauteur de 110 mètres.

Pause.png

Bordeaux est redevable de quelques-uns de ses monuments à la Restauration. Son beau Pont, projeté par l'empereur Napoléon ; son Hôpital, ses promenades et quelques autres embellissements, datent de cette époque. Le règne de Louis-Philippe fut également fertile en améliorations: le Palais de Justice, la nouvelle Prison, l'Établissement du Gaz, le nouveau système d'inscription et de numérotage des rues et d'autres bienfaits, fruits d'une longue paix , sont dus à la sagesse du dernier gouvernement.


Les photos

Plan_Bordeaux_1550.jpg
Plan de la ville de Bordeaux en 1550
MIME : image jpeg
Logo Gallica
Projet_avenue_pont_de_Bordeaux.jpg
Projet de la nouvelle avenue du pont de Bordeaux (actuellement avenue Thiers)
MIME : image jpeg
Logo Gallica
colonnes_rostrales.jpg
Colonnes rostrales de vingt mètres d’élévation et surmontées de statues représentant le commerce et la navigation, oeuvres de « M. Manceau »
MIME : image jpeg
Logo Gallica
Construction_Quai.jpg
Contruction du quai vertical des chartrons
15 octobre 1864
MIME : image jpeg
Logo Gallica
Image de fin
haut de page
Bas de page