Bombe atomique française


Comment une photo ambiguë est devenue l'icône d'un crime de la France


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La France a-t-elle utilisé des prisonniers de guerre algériens comme cobayes vivants lors de ses essais nucléaires atmosphériques dans le Sahara ? — Histoire d'une fake news des temps modernes.

L'OBS — Par Farid Abdelouahab, Pierre Haski et Pascal Blanchard Publié le 20 mars 2018 à 10h41 Mis à jour le 29 mars 2018 à 12h13

Alors que nous écrivions tous les trois "les Années 50. Et si la guerre froide recommençait ?" — ouvrage illustré publié début avril 2018 par les éditions de La Martinière —, une des 250 images du livre faisait débat et attirait notre attention : Reggane 1960. Dans le désert algérien, ce lieu fut celui des premiers essais nucléaires français. Nous avions choisi cette photographie pour illustrer un des symboles de la guerre froide qui montre des mannequins installés par l'armée française pour tester le souffle de l'explosion. Mais cette image, telle une fake news des temps modernes, est aussi devenue l'icône d'un crime de la France : celui de l'impact de ces essais sur les populations civiles, sur les militaires français mais aussi, selon certains, "la preuve" que la France aurait exposé, non des mannequins, mais des prisonniers de guerre du FLN pour tester les radiations nucléaires.

Une petite enquête commençait, en parallèle du livre, stimulée également par une conversation de l'un d'entre nous avec le réalisateur Rachid Bouchareb, intéressé par la question.

Sur cette photographie, on découvre une douzaine de mannequins en uniformes militaires — très disparates et peu réglementaires — plantés dans le désert algérien. Nous constatons rapidement que nous l'avons mal datée, comme appartenant au deuxième essai français du 1er avril 1960 (erreur de source accompagnant ce document), celui dit de la "Gerboise blanche", alors qu'il s'agit du troisième essai, du 27 décembre 1960. Ce que viennent confirmer films et autres images d'archives que nous avons retrouvés depuis.

Cette photographie se trouve depuis de nombreuses années au cœur d'accusations lancées contre les autorités françaises par des représentants d'institutions algériennes qui demandent la reconnaissance de faits graves qui relèvent de « crimes contre l'humanité ». Elle est en effet souvent utilisée, principalement sur internet, afin de dénoncer de présumées expériences réalisées sur quelque 150 prisonniers de guerre algériens du FLN qui auraient servi de « cobayes », déguisés pour certains en mannequins-soldats et ligotés à des poteaux à environ 1 km de l'épicentre, afin de renseigner les scientifiques militaires sur les effets des radiations. Les restes vivants auraient été transférés en France pour de plus amples recherches...

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Lien externe : sur L'Obs

Reggane 1960