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Bordeaux - Burdigala ou Burdegala

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Le vin [Voir cette Photo] Carte des vins de Bordeaux
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On ignore entièrement et le pays d'origine de la vigne (Vitis vinifera) et le peuple qui, le premier, sut fabriquer le vin. L'histoire et la tradition ne nous ont transmis sur cette matière que des notions incertaines et vagues. Les uns veulent qu'Osiris, le bacchus des Grecs, ait trouvé la vigne dans les environs de Nysa, ville de l'Arabie Heureuse et qu'il l'ait transportée et cultivée dans les Indes.
D'autres attribuent à Noé la découverte de la première culture de la vigne et l'ont de ce patriarche hébreu le Racchus des Grecs, peut-être même le Jmius des Latins.

La plupart des historiens disent que la vigne est originaire du centre de l'Asie et particulièrement de la Perse. On se fonde, pour affirmer cette origine, sur ce que le naturaliste André Michaux trouva la vigne à l'état sauvage en Perse et sur ce que le naturaliste Pallas, à la fin du dernier siècle, la rencontra en Crimée et le voyageur Ollivier dans les montagnes du Kurdistan.

On lit, dans la plupart des ouvrages, que la vigne fut apportée dans les Gaules par les peuples de l'Asie, soit par les Phéniciens, dont les navires touchaient à tous les ports de la Méditerranée, soit par les Phocéens, qui fondèrent Marseille 600 ans avant Jésus- Christ et qui auraient alors doté de la culture de la vigne le territoire de la ville nouvelle. Les habitants des Gaules n'ont pas eu besoin de recevoir des peuples de l'Asie l'art de fabriquer le vin. Notre pays étant le plus favorisé par la nature pour faire croître la vigne et mûrir le raisin, on peut soutenir, sans trop de témérité, que les habitants de la Gaule méridionale et de la Gaule centrale arrivèrent tout naturellement eux- mêmes à cultiver la vigne, en donnant leurs soins à la vigne sauvage qui remplissait leurs forêts.

Quoi qu'il en soit, lorsque Jules César pénétra, avec ses armées, dans les Gaules, il trouva l'usage du vin, répandu chez tous les peuples de cette région.

Après la conquête des Gaules et grâce aux relations commerciales qui s'établirent entre le peuple vaincu et ses conquérants, la culture de la vigne prit un grand développement dans ce pays.

La culture de la vigne avait enrichi les Gaules à tel point que la prospérité du peuple conquis excita la jalousie du vainqueur. Trouvant dans la Gaule une rivale pour la production et le commerce des vins, rivale dont elle prévoyait la victoire prochaine et dont elle soutenait difficilement la concurrence, l'Italie demanda vengeance à ses empereurs. Cette vengeance fut lâche et cruelle et son souvenir seul frappe encore l'Italie ancienne d'un cachet de réprobation. L'an 96 de l'ère chrétienne, l'empereur Donatien donna l'ordre d'arracher la plus grande partie des vignes de la Gaule.

Les ordres de Domitien ne furent, d'ailleurs, exécutés qu'à demi. Les Gaulois résistaient aux injonctions de Rome et un grand nombre de vignes échappèrent aux commissaires impériaux. Tout en maintenant sa défense, l'empereur fut donc forcé de reculer devant le mécontentement général et renonça à faire exécuter le décret dans son entier.

Probus, qui avait commencé sa carrière militaire par une expédition contre les Gaulois révoltés, jaloux sans doute d'incorporer définitivement à l'empire ce peuple dont il estimait les brillantes qualités, révoqua l'édit de Domitien et enjoignit à ses légions, de replanter les vignobles qu'une odieuse tyrannie avait fait arracher deux siècles auparavant.
L'histoire n'a pas assez loué Probus, de ce grand acte politique qui soumit sans réserve la Gaule reconnaissante à l'administration romaine et délivra l'Italie de la terreur que lui inspiraient ces armées formidables qui, du haut des Alpes, s'étaient si souvent précipitées comme des avalanches sur ses champs fertiles.

Des plants apportés de la Sicile, de la Grèce, de l'Archipel et de l'Afrique, devinrent le type des cépages qui couvrent aujourd'hui les coteaux vignobles de la France. Les vins d'Aquitaine acquirent bientôt dela célébrité.

Les Francs, attirés dans la Gaule par la vigne, donnèrent à sa culture de grands encouragements. Ils poussèrent l'estime qu'ils lui portaient au point de donner aux enclos qui leur appartenaient le nom de vigne noble, d'où est venu par corruption le mot de vignoble et le mois d'octobre prit dans leur langue le nom de mois des vins. Ces conquérants n'eurent pas plutôt mis les lèvres sur le bord de la coupe enchantée, qu'ils demandèrent le baptême à l'Eglise des Gaules.

Henri III, le roi de la Ligue, fit expédier en 1578 des lettres patentes « pour l'arrachement des vignes aux environs de Bordeaux, » ce qui fut exécuté non sans plaintes et murmures des intéressés.

Louis XV, véritable roi fainéant, dans l'àme duquel s'alliaient la superstition et la débauche, fit paraître un édit daté du 5 juin 1332, condamnant à 3,000 fr. d'amende quiconque planterait des vignes sans la permission du roi.

Sous Henri IV et la première période du règne de Louis XIV, la France mieux administrée se releva de ses misères et put a son gré tirer parti de son territoire. L'intérêt privé, resta seul juge du genre de culture qu'exige chaque nature du sol.

Parmi les vins de Bordeaux rouges, se distinguent par leur bouquet suave, uni à une certaine astringence. Les meilleurs vins rouges sont ceux de Médoc, de Saint-Julien, de Pauillac, de Saint-Estèphe, de Saint-Émilion, des Palus, de Talence, de Léognan, de Pessac et de Mérignac.

Parmi les vins de Bordeaux blancs, ceux de Sauterne, de Bommes, de Bions, de Blanquefort, de Grave, de Barsac, de Preignac et de Langon.

Outre ces vins supérieurs, le Bordelais fournit beaucoup de vins ordinaires. Les vins de Messanges, de Sarliat et des rives de l'Adour, dits vins de sable, qui se récoltent dans le département des Landes, rivalisent avec ceux de Bordeaux.


Maladies de la vigne

Le mildiou [ Voir photo Mildiou de la vigne : symptômes sur grappes
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] et l’oïdium [ Voir photo Oïdium de la vigne : symptômes sur grappes
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] sont des petites moisissures qui attaque les organes de la vigne, surtout les feuilles et les raisins. Il fut constaté pour la première fois dans le sud-ouest de la France en 1878, sans que les scientifiques trouvent rapidement un remède. Ce n'est que fortuitement que l'un des scientifiques, Alexis Millardet, conforta ses recherches déjà avancées à la découverte du remède.
A. Millardet, professeur de botanique à la faculté des sciences de Bordeaux, au cours d'une sortie en Médoc en octobre 1882 fut étonné de la belle tenue des vignes en bordure de la route, au château Ducru-Beaucaillou à Saint-Julien-Beychevelle (Médoc), chez Nathaniel Johnston.

Le régisseur du domaine, Ernest David, lui apprit qu'en Médoc on avait pris l'habitude de répandre un mélange de sulfate de cuivre et de chaux sur les ceps de vigne en bordure des routes pour dissuader les maraudeurs de voler les raisins.
Les recherches de : Alexis Millardet et Ulysse Gayon, permirent de découvrir la "bouillie bordelaise", mélange d'eau, de sulfate de cuivre et de chaux, qui donne une bouillie claire bleu verdâtre, que l'on utilise en la pulvérisant sur les feuilles et fruits de la vigne. C'est un traitement préventif contre le mildiou.

Ce produit traditionnel est aujourd’hui controversé, notamment en raison des abus qui ont été constatés sur certaines cultures.
L’usage répété depuis plus d’un siècle de la bouillie bordelaise dans certains vignobles conduit à une accumulation du cuivre dans le sol. Il faut savoir que ce métal ne se dégrade pas et se lessive peu.

Le Botrytis cinerea ou Pourriture nôble

Le champignon Botrytis cinerea [ Voir photo Grappe de sémillon à peine touchée (septembre), à Barsac, dans le Sauternais.
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Wikimédia Commons
] [ Voir photo Pourriture noble sur du sémillon (octobre), à Bommes, dans le Sauternais.
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Wikimédia Commons
] est présent dès la floraison de la vigne, sur les baies. Il faut respecter son développement et le maîtriser de juin à août, afin de ne pas mettre en péril prématurément la maturation du raisin. Certains viticulteurs abhorrent de ce fait toute pulvérisation de produits anti-fongiques. Seuls les travaux en vert (ébourgeonnage, effeuillage, ...) permettent de contrôler son développement trop précoce, qui n'est souhaité que quand les baies ont atteint une maturité suffisante.

Le champignon se nourrit de l’eau du raisin et a pour effet de concentrer le sucre à l'intérieur des baies. Il a également des conséquences sur les arômes du vin (nez typique « botrytisé »). Un « liquoreux de Botrytis » n'est pas un « vin sec sucré » : les sucres de pourriture noble sont les plus achevés, ils sont en bouche d'une grande pureté.

Pour produire des raisins botrytisés l'humidité matinale des mois d'octobre et de novembre est indispensable, favorisant le dévelop pement de ce champignon, elle doit être suivie d'un temps sec pour faciliter l'évaporation de l'eau. La présence d'une rivière proche du vignoble peut permettre le développement de la pourriture noble, dans le Sauternais, c'est le Ciron qui joue ce rôle.

À l'automne, la peau des baies surmûries botrytisées devient violacée et leur pulpe se transforme en confiture dorée.


Barriques bordelaises [ Voir Photo Cave de vieillissement en barrique.
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] [Détails sur Wikipédia]

Deux barriques sont connues: « la bordelaise de transport » et « la bordelaise de château » (plus belle et plus résistante).

La barrique de château :
Construite en chêne merrain, les merrains, ne sont pas sciés, pour préserver l'étanchéité du bois. De même ils sont toujours prélevés dans le bois de cœur, dit "vrai bois" ou "bois parfait" le duramen Le duramen (du latin durare, durer) est la partie interne du bois, correspondant aux zones d'accroissement les plus anciennement formées, qui ne comportent plus de cellules vivantes. Appelé également « bois de cœur » ou « bois parfait », il s'agit d'un bois dur, compact, dense, sec et imputrescible souvent plus sombre que l'aubier. . Les merrains sont mis à sécher en plein air pendant de nombreux mois (18 à 48 mois). Des études ont montré que l'action du mycélium d'un champignon influait favorablement sur le futur goût de la barrique.
Le merrain est raboté en planche plus fine qui prend alors le nom de douelle. Les douelles sont triées et affinées. Leurs bords sont légèrement rétrécis aux extrémités et les fibres doivent épouser la forme de la douelle pour garantir l'étanchéité.
Elle est formée de 17 douves (ou douelles) qui ont 16 à 18 millimètres d’épaisseur aux deux bouts et 12 et 14 millimètres dans la partie centrale, la plus large (le bouge).
Les douelles sont mises côte à côte dans un cercle de métal. La forme des douelles donne une forme d'étoile sur le côté opposé du cerceau. Un câble est entouré autour de ces extrémités pour le cintrage. Un brasero brûlant des déchets du même bois que celui des barriques est introduit dans la barrique en fabrication. La chaleur va assouplir les fibres de bois qui vont progressivement prendre la forme de la barrique sous l'action du câble qui resserre les douelles. Lorsque le fût est formé, un autre cercle métallique est mis en place avant de desserrer le câble. Le corps de la barrique est constitué.

Elle rejoint le foyer de bousinage, ou foyer de chauffe, qui donne à la futaille, barrique y comprise, sa puissance aromatique et son caractère (chauffes légère, moyenne, moyenne+, forte...). La chauffe va cuire la surface du bois et modifier la liaison chimique des molécules de polyphénols du bois.
Les fonds de futaille, dont les barriques, sont constitués de planches. Entre elles, une lame de jonc sert de joint étanche. Les planches sont fixées entre elles par des chevilles de bois. L'assemblage n'utilise que du bois (ni colle, ni métal). Les fonds sont enfoncés dans des encoches prévues à cet effet.

La barrique bordelaise a une contenance de 225 litres, avec une tolérance de 2 litres (± 2%). Sa longueur est de 95 centimètres, sa plus grande circonférence extérieure est de 2,18 mètres et son poids à vide est de 45 kg. Sa fonction est essentiellement le vieillissement en cave ou en chai, car elle n’est pas construite pour le transport.

Le trou placé sur le bouge s’appelle la bonde et l’autre placé sur le fond s’appelle l’esquive.




Photos anciennes des quais de Bordeaux

Les quais aux vins de Bordeaux

Les quais aux vins de Bordeaux
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Cartes postales anciennes http://www.cparama.com
Quais de Bordeaux dits des Chartrons et de Bacalan

Vue d’une partie du port et des quais de Bordeaux dits des Chartrons et de Bacalan
Sur la gauche, l'hôtel Fenwick, du nom du premier consul des Etats-Unis nommé à Bordeaux en 1790.
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Musée des Beaux Arts de Bordeaux
Pierre LACOUR (Père) - Huile sur toile - 1804-1806
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Quai aux abords du château Trompette
Archives Historiques de la Gironde
Gallica - Bibliothèque Numérique - BNF - MIME type : image/jpeg




Bordeaux ses environs et ses vins - Charles Cocks - 1850 [Voir photo couverture]

Canton de Pauillac

Le mode de plantation consiste à tourner le terrain sens dessus dessous; et si l'alios est trop près de la surface du sol, on le défonce à la pioche, ou bien, après avoir fait creuser le fossé, on y Perce à la barre des trous dans lesquels on met le plant ou crossette et l'on y ajoute du fumier et de la terre, transportés d'avance pour cet effet. Ces diverses opérations terminées, on creuse un nouveau fossé, dont la terre sert à remplir le premier; on redresse le plant, et après l'avoir coupé à trois nœuds au-dessus du sol, on l'attache avec du vime au carasson.
Puis, d'un bout de rège à l'autre, on relie tous les carassons par des lattes de pin, placées horizontalement à 33 cent, du sol, de manière à former un espalier continu. On ne taille le plant qu'après avoir couvert la vigne, c'est-à-dire après la façon donnée par le laboureur. Les plantations se font en janvier, février, mars, et quelquefois même en avril.

Pendant deux ou trois ans, les jeunes plants reçoivent six labours par an : trois labours pour ouvrir le sillon et trois pour le fermer. Les vignobles en général reçoivent quatre façons, toutes à la charrue. La première façon, faite vers le 20 février, avec la charrue appelée cabat, a pour but d'ouvrir le sillon et de dégager les racines de la vigne; la seconde, faite en avril, avec la courbe, sert à rechausser la vigne; la troisième, faite dans le mois de mai, avec \ecabat, est semblable à la première; et la quatrième, comme la seconde, se fait avec la courbe aussitôt que là troisième est achevée.

Le chiendent est très-nuisible à la vigne, aussi, dans les mois de janvier et de février, des ouvriers suivent exactement toutes les règes de vigne pour arracher cette herbe parasite. Au mois de mai, les branches inutiles, appelées bois gourmand, sont soigneusement coupées, mais on conserve celles qui sont commodément disposées pour en faire des provins. Au mois de juillet, on épampre et on raccourcit les branches de la vigne, afin que l'air circule plus librement et que le verjus reçoive plus directement l'influence des rayons du soleil.

Comme les vignes n'ont guère plus de 42 centimètres de hauteur, et qu'elles sont par conséquent souvent couvertes par la terre jetée par la charrue, des femmes et des enfants suivent exactement tous les pieds de vigne, et relèvent le verjus pour l'exposer à l'action du soleil.
Tous les quatre ou cinq ans, on ôte la mousse qui s'attache aux troncs des vignes et qui recèle les œufs ou les larves d'insectes nuisibles. Cette opération a lieu après les gelées.

La vigne produit à l'âge de cinq ans; à douze ans elle est dans toute sa force. Sa durée dépend des soins qu'elle reçoit, de la nature du sol, et surtout de la taille, opération qui se fait à la fin d'octobre, à la chute des feuilles et qui doit être terminée avant les gelées.
C'est la partie la plus difficile de la culture, et elle demande beaucoup de soins et de discernement. Dans le canton de Pauillac, on voit des vignes qui ont, dit-on, deux cents ans, et qui sont encore bonnes; tandis que d'autres dépérissent avant cinquante ans. Dans un terrain graveleux ou sablonneux, sans trop d'humidité, elle est de très-longue durée; et l'on montre a Pessac des vignes qui, d'après la tradition, datent du XIVe siècle, ayant été plantées par le pape Clément V. En général, cependant, la durée moyenne de la vigne, dans un terrain très-favorable, est de cent cinquante ans.

Le seul accident grave, auquel la vigne soit exposée, est la grêle; quoiqu'elle soit fort rare dans le canton de Pauillac, elle a cependant dévasté quelquefois de vastes propriétés.

Il y a aussi trois espèces d'insectes qui font des ravages dans les vignes : les escargots, qui dévorent les bourgeons, le puceron oubarbot, insecte d'un vert doré, qui suce la sève du jeune bois et enfin, Vattelabe vert, connu aussi sous les noms de coupe-bourgeon, de luette et de chèvre.
Cet insecte est le plus destructeur de tous, il coupe les branches de la vigne, lors même qu'elles ont acquis beaucoup de développement. Un vignoble ravagé par cet insecte semble avoir été dévasté par-le feu.
On ramasse avec soin tous ces insectes, ainsi que les feuilles contournées, et on les brûle hors de la vigne.

Cépages de Vignes rouges

On cultive une douzaine de cépages dans le Médoc; les premiers crûs n'admettent que les suivants :

1° Le Carbenet, Carmenet ou Petite- Vidure, àfeuilles glabres et un peu dentelées, à grains moyens, ronds et assez serrés, d'une couleur noire et brillante, d'un goût agréable. Il donne un vin fin, léger, parfumé, mais peu coloré;
2° Le Sauvignon ou Grand-Carmenet [Carmenelle dans les palus et Carbenet dans les graves) est appelé aussi Grosse-Vidure. Le grain, d'une couleur vive et d'un goût excellent, est plus gros et plus séparé que celui du cépage précédent. La grappe aussi est plus longue et plus grosse. Le vin qu'il donne est aussi fin et plus coloré que le Carmenet. Quelques grands crûs ne cultivent que ces deux espèces.
3° Le Petit-Verdot porte des feuilles vert-pâle, des grappes courtes à grain menu d'une couleur vermeille et d'un goût délicat. Il mûrit plus lentement, mais il fournit un vin ferme, parfumé, d'un belle couleur et de longue durée. Le Gros-Verdot a les mêmes qualités que le petit, seulement le fruit est plus gros.
4° Le Malbeck, ainsi appelé d'après le nom d'un négociant qui le propagea dans le Médoc, est connu aussi sous le nom de Noir de Pressac, de Mancin et de Soumancigne. Son bois brun porte de grandes feuilles arrondies et des grappes longues à grains ovales, noirs et détachés. Le Malbeck produit beaucoup de vin coloré, mais faible.

Quelques grands crûs admettent aussi le Tarney, dont la feuille est trilobée et lisse, le bois faible et vagabond. Son grain noir, à la peau fine, mûrit promptement et donne un vin couleur de rubis.

Les autres cépages sont:

Le Cruchinet, appelé aussi le Merlot, il a la feuillegrande, pointue, verte, découpée, le grain gros, détaché, prorapt à mûrir, couvert d'un duvet comme la prime et croquant sous la dent. Ce raisin, délicieux au goût, donne un vin délicat, mais peu coloré; la Chalosse noire, à grains oblongs, très-gros et à grappes fournies, rendant beaucoup. Le Teinturier ou l'Alicante, à pampre incarnat, à feuilles glabres, cotonneuses au revers, à grains ronds et serrés et à grappes courtes; il est employé pour donner de la couleur aux vins de qualité ordinaire. La Pelouille ou la Pelouye, à feuilles blanchâtres, à grains gros, d'une couleur pâle. le doutât ou la Persillade, dont les feuilles ressemblent, par la forme, à celles du persil. Le Pied-de-Perdrix, à bois brun , à grappes longues, produisant des raisins d'un bon goût, mais un vin très-ordinaire. Enfin, le Balouzat, à grains gros et ronds, prompt à mûrir et d'un goût agréable , produit abondamment un vin corsé et coloré, mais de qualité inférieure.

Cépages de Vignes blanches

On plante la vigne blarnche en petites joualles Les joualles étaient des champs composés de parcelles intercalaires cultivées et espacées de rangées de vigne et arbres fruitiers. dans les grands crûs et en grandes joualles dans les autres; les rangs, soit simples, soit doubles de ces dernières , sont séparés par un intervalle qui varie de cinq à dix sillons, espace que l'on consacre aux céréales et aux légumes. Les ceps, plantés à une distance de 1 mètre 30 centimètres, s'élèvent à des hauteurs différentes, selon le mode de culture adopté par le propriétaire. Le carasson employé pour échalasser ces vignes a souvent 2 mètres de hauteur.

Les grands crûs de Sauternes, Bommes, Barsac et Preignac rie cultivent guère que les cépages suivants:

Le Sémilion, d'un bois rougeâtre, un peu aplati, à feuilles très-découpées, à grappes bien fournies de grains ronds, gros, dorés, brillants et d'un goût délicat.
Le Sauvignon, d'un bois gris-jaunâtre, tacheté de brun, à feuilles dentelées, d'un vert foncé, à grappes bien fournies de grains oblongs, de couleur ambrée, qui donnent un vin parfumé , mais capiteux.
Le Rochalin, qui mûrit plus tard, ressemble assez au Sauvignon, seulement ses feuilles sont plus grandes et son fruit est moins agréable au goût.
Le Blanc-Doux, d'un goût très-délicat, se reconnaît par son bois grisâtre, par sa feuille d'un beau vert et peu dentelée; enfin, par sa grappe moyenne , aux grains transparents, colorés et tachetés de brun.
Le Verdot, d'un goût très-fin, dont le bois jaunâtre, rayé de brun, porte de grandes feuilles épaisses, d'un vert foncé et de petits grains lents à mûrir.
Le Prueras, qui donne beaucoup de vin, et dont le bois est grisâtre, la feuille épaisse , d'un vert mat, et le grain gros, savoureux et mûrissant promptement.

Cépages qui ne donnent que des vins blancs ordinaires

La grosse Chalosse-Blanche, qui produit de grandes grappes à grains oblongs et détachés, le Pique-Poux ou l' Enrageat Enrageat (cépage blanc du sud-ouest) : synonyme de folle blanche. qui fournit beaucoup de vin et enfin, la Blanquette et le Blayais, qui se ressemblent assez et qui donnent aussi beaucoup de vin d'une qualité médiocre.
Il est généralement reconnu aujourd'hui que le Sauvignon est la base principale des meilleurs crûs de vins blancs et que le premier crû de ce pays, Yquem, doit sa supériorité principalement à la culture exclusive de ce cépage. Ce fait est, en quelque sorte, corroboré par le succès qu'a obtenu le propriétaire de la Tour-Blanche, qui, depuis une trentaine d'années, a replanté presque tout son bien avec ce cépage, de sorte que ce crû est devenu presque le rival d'Yquem. On dit aussi que ce cépage est, sous un autre nom, la principale cause de l'excellence des vins du Rhin, particulièrement du Johannisberg.

Vendanges

La saison joyeuse des vendanges ne commence pas en même temps dans tous les cantons du département. l'époque varie selon le sol des diverses localités et le mode de culture. Dans les meilleurs crûs du Médoc, particulièrement dans le canton de Pauillac, on commence généralement vers la fin de la première quinzaine de septembre, tandis que dans les communes plus éloignées du fleuve, on n'entend les cris et les chants des vendangeurs que vers le 20 de ce même mois.
Les communes de graves vendangent quinze jours après le Médoc. Les côtes, huit jours après les graves, les palus, vers le 10 octobre, de manière que ces fêtes de campagne se prolongent pendant près de six semaines.
Si la saison paraît favorable, on attend que les raisins et le sol soient suffisamment secs avant de commencer le travail.

Cette réunion de travailleurs s'appelle manœuvre. Il y a un commandant de manœuvre par douze règes ou rangs de vigne, sa tâche est de hâter les coupeurs et de veiller à ce qu'ils n'oublient pas de raisins.
On dispose les vendangeurs de la manière suivante : les femmes et les enfants sont chargés de couper les raisins, ils doivent rejeter le verjus Le verjus est le jus acide extrait des raisins n'ayant pas mûri (dit aussi raisins verts). ainsi que tout fruit échaudé ou pourri ; on place à chaque rang de vigne un ou deux coupeurs qui mettent les raisins dans des paniers. Un vide-panier reçoit de chaque coupeur son panier et le vide dès qu'il est plein dans une baste ( petit baquet en bois contenant environ 12 pots Le pot équivaut à 2 litres onze centilitres ). En même temps le faiseur de bastes foule les raisins, ayant soin de ne pas trop les écraser. Pour huit rangs de vigne, on met deux porteurs de bastes, ceux-ci les reçoivent à dos sur un coussin en paille et vont les vider dans deux petites cuves (appelées douilles) placées sur une charrette. La charge secompose d'environ trente-deux bastes. Quand les deux douilles sont pleines, le bouvier conduit la charge au cuvier.

A l'arrivée des douils ou douilles, les hommes du pressoir (dont le nombre varie de trois à cinq , selon l'importance de la récolte), les reçoivent et les vident dans le pressoir.

Le pressoir, fait en bois de chêne ou en pierres dures , comme à Lafite et ailleurs, se compose de quatre côtés, de 45 centimètres de tombée, réunis à angles droits, et d'un fond d'environ 3 mètres carrés qui est légèrement incliné en avant et élevé à 66 centimètres environ du sol.

On procède ensuite à l'égrappage, qui est d'un usage assez général dans le Médoc, les uns le font avec des rateaux, les autres en frottant les grappes sur un tamis ou gervis en fil-de-fer et ayant la forme d'une table carrée. De cette manière, toute la vendange passant par les mains des hommes du pressoir, il est facile d'ôter tout ce qui est défectueux et de ne laisser aucune graine à la rape.
Après l'égrappage, la rape est mise à égoutter dans un autre pressoir, puis les hommes, nu-jambes, rassemblent les graines en tas et se suivant en rond, les foulent en piétinant. Plusieurs propriétaires soutiennent et règlent l'activité des fouleurs au moyen de la musique.

Sur le devant du pressoir il y a un trou qui, à mesure que le foulage s'opère, laisse échapper le moût, qui est reçu à travers une passoire dans une grande baille appelée gargouille.
Les porteurs de vin mettent ce moût dans de longs baquets, appelés comportes, qui sont traversés dans leur partie supérieure par un long bâton, afin de pouvoir être portés par deux hommes qui, marchant à pas mesurés, montent sur deux échelles et versent le moût dans les cuves.
Quelques propriétaires, contraires au foulage, bornent l'opération à l'égrappage et font verser le fruit dans des cuves, sans l'avoir écrasé.
Le travail est réglé de manière à remplir la cuve dans le même jour, surtout quand il fait chaud. On laisse 50 centimètres de vide, parce qu'il est dangereux de trop charger les cuves, on courrait la chance de perdre beaucoup de vin lors de la grande fermentation.

La fermentation s'établit aussitôt que la cuve est pleine, si le temps est chaud. On reconnaît que la vinification est achevée lorsqu'il n'y a plus de fermentation apparente et que le vin commence à refroidir, ce qui arrive du huitième au dixième jour. Les propriétaires n'ont pas adopté de règle fixe pour la durée du cuvage, mais la plupart ne laissent pas cuver plus de douze jours.
Avant de charger les cuves, on place un robinet à clé à 1 mètre environ au-dessus de la base et à plusieurs reprises, chaque jour, on suit les différentes gradations de la vinification.

Vins rouges de graves

On donne le nom de graves aux vins qui se récoltent sur les terrains graveleux, dans les environs de Bordeaux, et qui s'étendent jusqu'à une dizaine de kilomètres au sud et à l'ouest de la ville.

Charles Cocks img-fra.gifCharles Cocks, est un professeur et traducteur britannique installé à Bordeaux à partir de 1840, auteur principalement d’un ouvrage considéré comme précurseur des classifications des vins de Bordeaux et en particulier de la Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855.

Charles Cocks est passé à la postérité pour avoir été l’auteur, alors qu’il était en poste à Bordeaux, d’un guide à l’intention de ses compatriotes britanniques, consacré à la région bordelaise et dans lequel il s’intéresse en particulier aux productions viticoles et à leur qualité. L’ouvrage est publié pour la première fois en anglais à Londres en 18465. Il est remarqué par un éditeur bordelais, Michel-Édouard Féret, qui lui propose de l’éditer en version française, ce qui est fait en 18506.

Conçu dans sa première édition comme un guide touristique, l’ouvrage comporte un important inventaire, commune par commune, des vignobles en activité au milieu du XIXe siècle, assorti d’un classement pour chaque vin qui, à côté de la classification coutumière en « crus bourgeois », « crus artisans et « crus paysans », établit pour certains crus en particulier du médoc une hiérarchie qui distingue déjà des produits exceptionnels, présentés comme « premiers crus ».

Cet ouvrage sera régulièrement réédité à la fin du XIXe siècle puis tout au long du XXe siècle en France et au Royaume-Uni et reste aujourd’hui une référence de la Maison d'édition « Féret », basée à Bordeaux et spécialisée dans les ouvrages consacrés à la vigne et au vin, au point de conserver dans sa présentation le nom de son premier auteur, et d'être communément désigné sous le nom de « Cocks & Féret ». La 18e édition française de l’ouvrage a été publiée en 2007.
- Bordeaux ses environs et ses vins - Charles Cocks - 1850



L’HISTOIRE DU CLASSEMENT DE 1855 - Dewey Markham jr - « 1855 – Histoire d’un Classement des Vins de Bordeaux »

L’histoire de Bordeaux se reflète dans la classification de ses crus. Cette liste est bien plus qu’une hiérarchie de domaines viticoles; elle en dit long sur les origines de la région, sur le commerce de vin qui l’anime, et, naturellement, sur les châteaux eux-mêmes.

L’emplacement géographique de Bordeaux a décidé de sa destinée commerciale dès l’époque la plus reculée. Fondée sur les rives de la Garonne, la ville fut un comptoir romain où les vins des terres intérieures étaient chargés sur des navires à destination de l’Italie.

Par la suite, quand la plantation de vignes fit des environs de Bordeaux une importante zone productrice, le commerce des vins continua de suivre la voie maritime. Une raison pour cela était que le négoce intérieur se heurtait à une nette difficulté.
Les principaux consommateurs français de vins de cette qualité se trouvaient dans la noblesse, à Paris et à la cour ; et l’éloignement de la capitale faisait que de nombreuses taxes étaient imposées au vin de Bordeaux durant son transport. Des vignobles plus proches de Paris, comme ceux de Bourgogne ou de Champagne, subissaient moins d’impôts, et tendaient donc à être plus populaires, étant moins coûteux.

Le marché du vin de Bordeaux fut ainsi dès le début international et au 17ème siècle, les principaux acheteurs étaient les Hollandais et les Anglais. La nature de sa clientèle orienta fortement le caractère et la qualité de ce vin, mais de diverses façons.

Les Hollandais réclamaient un produit à bon prix, la qualité étant pour eux un souci secondaire. Car leurs achats étaient essentiellement destinés à être ensuite livrés dans leurs colonies et un vin fin risquait fort de perdre sa finesse bien avant de parvenir à destination. Pour conserver les vins durant ces longs voyages et leur permettre de vieillir convenablement, les marchands hollandais mirent au point toutes sortes de techniques : par exemple, faire brûler du soufre à l’intérieur des fûts avant de les emplir.
C’était des siècles avant que Louis Pasteur ne découvrît les bactéries responsables de la détérioration du vin. Sans en connaître la raison scientifique, les Hollandais avaient donc pragmatiquement constaté que le soufre, agent antibactérien, aidait à la conservation du vin. Grâce à de telles méthodes, ils contribuèrent ainsi à montrer que le vin de Bordeaux ne nécessitait pas d’être bu jeune et gagnait au contraire beaucoup à vieillir.

Les autres principaux amateurs de bordeaux avaient des exigences toutes différentes.
C’était pour leur propre consommation que les Anglais achetaient ce vin et le transport par bateau était relativement rapide. Ils réclamaient donc la plus grande qualité possible et la vogue du bordeaux dans la haute société fut telle que les prix ne cessèrent d’augmenter.

Dans les années 1640, il suffisait à un consommateur de demander un vin du Médoc pour être assuré de la meilleure qualité et les listes de prix de l’époque montrent que les bordeaux étaient classés selon ces grandes divisions régionales.
Mais, avec le temps, les exigences de la clientèle devinrent plus précises, et se fixèrent sur quelques communes dont l’excellence des techniques de production s’était affirmée. Et l’on s’aperçoit que, dès la deuxième moitié du 17ème siècle, certains Graves, par exemple, sont définis sur les listes comme Pessac.

En quelques dizaines d’années, les Britanniques devinrent de plus en plus précis quant aux origines des bordeaux, et après s’être portée sur les communes, leur attention se tourna vers des producteurs ayant acquis une réputation qui les distinguait de leurs voisins.

On considère généralement que ce processus a débuté avec une initiative commerciale d’Arnaud de Pontac, propriétaire de Haut-Brion. Durant la reconstruction de Londres après le grand incendie de 1666, Pontac envoya son fils dans la capitale anglaise pour ouvrir sous le nom de The Pontac’s Head une taverne faisant office de vitrine pour sa production. Cette taverne, et son vin, devinrent vite à la mode dans la bonne société, et il fut alors de bon ton de préciser le nom du domaine pour l’achat d’un bordeaux. À la fin du 17ème siècle, les clients ne se contentaient plus de demander un Pessac : ils voulaient que les marchands leur fournissent du Haut-Brion pour leurs caves.

Le Haut-Brion ne fut pas le seul domaine à bénéficier de cette reconnaissance des marques parmi les consommateurs britanniques. Trois autres domaines s’étaient en même temps forgé une identité distincte : le Margaux, de la commune du même nom, le Latour et le Lafite, des environs de Pauillac.

La qualité incomparable des vins de ces quatre domaines fit la célébrité de leurs noms, et l’importance de la demande mena leurs prix à des sommets que n’atteignait aucun autre bordeaux. Haut-Brion, Margaux, Latour et Lafite créèrent ainsi leur propre catégorie commerciale, connue sous le titre de «premiers crus ».

Vers le milieu du 18ème siècle, d’autres propriétaires, comprenant l’avantage financier de la recherche de qualité, tâchèrent de produire des vins dignes de retenir l’attention des amateurs anglais fortunés, et quelques domaines parvinrent à gagner une haute réputation sur le marché, sans toutefois atteindre la cote extrêmement élevée des quatre premiers grands crus. Ces domaines, qui pratiquèrent des tarifs très proches, s’appelèrent « deuxièmes crus ». Cette catégorie comptait alors une douzaine de domaines.

Cependant, d’autres domaines commençaient à émerger de l’anonymat de leur commune, sans encore obtenir la nette identité commerciale acquise par les premiers et les deuxièmes crus, ouvrant ainsi la voie à de futurs vins auxquels leur qualité assurerait une place précise dans cette hiérarchie naissante des crus.

Au printemps 1787, lors de l’arrivée de Thomas Jefferson à Bordeaux, ce système de classification comprenait une catégorie bien définie de troisièmes crus. Le succès commercial des troisièmes crus incita alors une nouvelle série de vins à entrer dans la catégorie tout juste inférieure.
Les listes de prix des années 1820 montrent l’évolution de ce type de classification. Les quatrièmes crus font leur apparition, tandis que les troisièmes crus s’enrichissaient de nouveaux noms de crus, et au début des années 1850, on comptait cinq niveaux bien définis dans une hiérarchie commerciale comprenant soixante producteurs de vin.

Lorsqu’on songe que la position d’un domaine dans ces listes était liée au prix de ses bouteilles sur le marché. Cette sorte de disparité entre le premier emplacement d’un domaine dans la classification et sa situation réelle par la suite, devint de plus en plus fréquente dans la première moitié du 19ème siècle et ce processus se poursuit de nos jours : certains vins classés dans telle catégorie de crus finissent par se vendre aux tarifs d’une catégorie supérieure.

Ce fut ainsi que prit forme un système commercial de classement, se structurant du haut vers le bas et se modifiant selon l’apparition des domaines et l’évolution du marché.
Au début du 17ème siècle, les vins les plus recherchés étaient les Graves ; puis le Médoc affirma sa vocation de région d’excellence et ses vins eurent le plus grand succès, avec des prix en proportion.

Au milieu du 19ème siècle, seul le Haut-Brion pouvait atteindre des tarifs comparables à ceux d’un Médoc et il se trouva ainsi être l’unique Graves digne de se placer dans la plus haute catégorie de la hiérarchie. Aucune autre région du Bordelais ne pouvait se vanter de produire des vins suffisamment chers pour y figurer.

Cette classification était une pierre de touche pour le commerce local du vin et tous ceux qui y participaient, propriétaires, négociants et courtiers, connaissaient la place précise attribuée à chaque domaine.
Mais elle connut aussi une large diffusion et la hiérarchie qu’elle établissait fit autorité bien au-delà du milieu professionnel pour lequel elle était à l’origine conçue.

On la voit citée tout au long du 19ème siècle en divers endroits, en particulier dans les ouvrages de plus en plus nombreux destinés aux amateurs de vin. Elle figure ainsi dans Topographie de tous les vignobles connus, d’André Jullien (1816), The History of Ancient et Modern Wines, d’Alexander Henderson (1824) et A History and Description of Modern Wines, de Cyrus Redding (1833). Cette classification eut aussi un effet sur les politiques nationales : par exemple lorsqu’elle figure en 1855 dans un rapport du parlement britannique « sur les relations commerciales entre la France et la Grande-Bretagne», ou dans une enquête commandée par le ministère français de l’agriculture et du commerce, intitulée « culture viticole, évaluation de la production de 1847 et 1848 ».

Cette liste toujours en évolution se mit à faire des apparitions dans un nombre croissant de guides touristiques, comme Le guide des étrangers, qui connut de multiples éditions à partir de 1825, ou encore un ouvrage de Charles Cocks paru en 1850 sous le titre de Bordeaux : Its Wines, and the Claret Country (qui finalement devint Bordeaux et ses vins, la « bible » du bordeaux). A chaque nouvelle citation imprimée de la classification de leurs vins, les propriétaires, négociants et courtiers bordelais mesuraient la situation exacte du marché, et les consommateurs s’accoutumaient davantage à l’idée de l’excellence des vins de Bordeaux.

Les producteurs étaient sûrement fiers de voir leurs domaines acquérir le statut de cru classé, mais ce système présentait également un net avantage pratique. Au printemps, lorsqu’une nouvelle cuvée était prête à la vente, les producteurs comme les négociants devaient déterminer le juste prix du vin proposé.
Du bon déroulement de cette opération délicate dépendait l’avenir même de la principale activité du plus grand département français. Or, avec des milliers de producteurs proposant leur vin à des centaines de négociants, le système entier se serait effondré si les acheteurs avaient dû chaque année reprendre à zéro la gamme des prix. La classification était un outil de précision qui permettait de rationaliser le processus.

C’était un tableau exact des tarifs pratiqués durant une longue période de temps, offrant aux tractations commerciales un point départ et aussi une rapide règle de calcul pour évaluer le juste prix des vins de l’année. Si par exemple un domaine s’était traditionnellement vendu dans la catégorie des troisièmes crus, et si le prix courant des bouteilles de cette catégorie était cent francs, ce montant était admis comme celui sur lequel pouvaient raisonnablement se fonder le propriétaire comme le client dans leurs négociations.

Il était, et il est encore, habituel que certains propriétaires retardent la mise en vente de leur nouveau millésime pour mesurer l’approbation ou la résistance du marché devant leur nouveau tarif et il n’y avait pour la première offre de vente aucun ordre de préséance.

En 1855 se tint à Paris une Exposition Universelle qui assembla des produits venus de toutes les régions françaises, et du monde entier. Bordeaux envoya des vins sélectionnés par la Chambre de Commerce. Les organisateurs se heurtèrent alors à un délicat problème : ce choix ne comportait que six bouteilles pour chaque domaine, quantité tout juste suffisante pour un étalage et pour une dégustation restreinte par un comité de juges.
Les milliers de visiteurs de l’Exposition n’auraient donc pas la possibilité de juger par eux-mêmes des diverses qualités des vins de Bordeaux. Ils devraient se contenter de voir l’alignement des bouteilles dans les vitrines et de disposer d’une carte détaillée du Bordelais, destinée à mieux attirer l’attention sur la richesse et l’excellence des régions de production. Cette carte était accompagnée d’un tableau des plus grands vins, établi par le Syndicat des courtiers à la demande la Chambre de commerce.

Les courtiers étaient tout indiqués pour cette tâche car des trois acteurs de commerce du vin (producteurs, négociants, courtiers), étaient ceux qui en avaient la vue la plus complète. Les propriétaires connaissaient leur vin mieux que personne, mais avaient une idée moins nette du destin de leur production hors des limites de leur domaine.
Les négociants connaissaient bien le marché mais avaient des notions peu précises sur les conditions de production des vins qu’ils vendaient. Seuls les courtiers unissaient une connaissance directe des vignobles en raison de leurs visites aux producteurs tout au long de l’année et un sens concret des conditions commerciales grâce à leurs rapports avec le marché.

Ainsi, le 5 avril 1855, la Chambre de commerce adressa au Syndicat des courtiers une lettre demandant « une liste de tous les crus classés de vin rouge du département, aussi exacte et complète que possible, précisant à laquelle des cinq catégories appartient chaque domaine et dans quelle localité il est situé ».
L’exposition devant s’ouvrir dans le mois, le délai accordé était très bref. Le syndicat des courtiers disposait heureusement de toutes les sources nécessaires pour fournir dans un délai aussi court la liste des meilleurs crus. Le 18 avril, cette dernière fut connue sous le nom de « classification de 1855 » et 150 ans après son établissement elle fait encore autorité dans le monde du vin.

Cette classification n’incluait pas nécessairement les vins envoyés à Paris par la Chambre de commerce. En fait, la plupart des domaines classés ne furent pas présentés à l’Exposition : en lisant de près le document original, on s’aperçoit que leur absence est signalée après leur nom par le mot point.

Enfin, cette classification n’incluait pas nécessairement un vin qui avait atteint une qualité exceptionnelle en 1854, le système de classement était fondé sur une appréciation de plusieurs années et seule une qualité constante assurait à un cru sa place dans la hiérarchie.
En conséquence, la seule raison de la présence d’un domaine dans la classification de 1855 était son mérite intrinsèque, et sa capacité constante, prouvée au long des années, de produire un grand vin.

Avec le temps, cette liste de courtiers affirma une autorité que n’atteignit aucune version antérieure à 1855. Durant toute la moitié du 19ème siècle, elle fixa les idées sur l’excellence des grands bordeaux. Cependant, il ne faut pas croire que cette référence pour les amateurs de vin ait empêché le marché de réévaluer les prix en fonction de l’évolution de la qualité.

Comme le montrent certains crus, le génie de la classification de 1855 est de n’avoir jamais interdit au marché d’assurer à un vin de qualité sa juste récompense commerciale. Même s’il n’y a eu, en 150 ans, que deux changements dans la liste d’origine — la promotion du Mouton Rothschild en juin 1973 et l’inclusion du Cantemerle parmi les cinquièmes crus le 16 septembre 1855, les prix sont toujours restés mobiles en fonction de la qualité et selon les années, un grand cru peut toujours, par ses tarifs, se trouver au-dessus ou au-dessous de son rang «officiel » de 1855.

Personne aujourd’hui n’affirmerait que ce jugement des courtiers de 1855 peut encore s’appliquer très exactement à la situation actuelle du Bordelais mais leur liste reste d’une remarquable validité. Elle conserve un grand pouvoir promotionnel, non seulement pour les vins classés, mais aussi pour ceux de toute la région. Aucune autre région viticole au monde ne possède un aussi prestigieux outil de classification. C’est une carte incomparable, fiable et rassurante, pour guider les novices dans leurs premiers choix de bouteilles.
Le label «Grand Cru Classé en 1855 » est une garantie légendaire de qualité, et c’est toujours avec fierté qu’on sert à des invités un vin qui le mérite.

Ainsi, cette ancienne liste de courtiers demeure un élément moteur pour toute la région bordelaise, à mesure que de nouveaux marchés, comme l’Amérique du nord au milieu du 20ème siècle et l’Asie quelques décennies plus tard, découvrent la qualité de ses vins et le plaisir de les déguster.

En cette période du cent cinquantième anniversaire de la classification de 1855, il est évident que le monde du vin se trouve plus riche du fait de l’existence de ce témoignage de l’exceptionnelle qualité de la production bordelaise. Le liste elle-même, et les châteaux qui y sont inscrits, ont une double réalité qui touche notre esprit comme notre corps : un statut mythique, qui indique la possibilité de la perfection dans un monde imparfait, et sa concrétisation dans ces vins qui procurent tant de satisfaction aux oenophiles du monde entier.

Dewey Markham jr - « 1855 – Histoire d’un Classement des Vins de Bordeaux »



La classification officielle des vins de Bordeaux de 1855 est la référence établie à l'époque à la demande de l'empereur Napoléon III pour l'exposition universelle de Paris de 1855.

Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855

Vins rouges

Premiers crus

Château Lafite Rothschild - Pauillac [Etiquette] [Le château] [Le site]
Château Latour - Pauillac [Etiquette 2001] [Le château] [Le site]
Château Mouton Rothschild - Pauillac (second cru en 1855, promu en premier cru en 1973) [Etiquette 1970] [Le château] [Le site]
Château Margaux - Margaux [Etiquette 1985] [Entrée du château] [Le site]
Château Haut-Brion - Pessac-Léognan (Graves jusqu'en 1986, puis Pessac-Léognan) [Etiquette 2005] [Entrée haut Brion] [Le site]

Deuxièmes crus

Château Pichon-Longueville - Pauillac [Le site] [Historique] château-pichon-longueville.pngChâteau Pichon-Longueville, Le vignoble du Chàteau de Pichon-Longueville portait autrefois le nom de la « bâtisse » et plus anciennement celui de « Badère », d'après l'Histoire des Châteaux de la Gironde, par H. Ribadieu.
Il est situé à côté du vignoble du château « La Tour » et s'étend sur le haut-plateau qui sert de transition entre la commune de Pauillac et celle de Saint-Julien.

Ce domaine appartient depuis plus de deux cents ans à la famille de Pichon-Longueville qui lui a laissé son nom.

Château Brane-Cantenac - Margaux (Cantenac-Margaux) [Le site] [Historique] Cantenac_Brown_1.pngChâteau Brane-Cantenac, Jacques Boyd, écuyer du Roi, acheta en 1754 quelques terres sur la paroisse de Cantenac, créant ainsi un domaine viticole qui donnera naissance à deux propriétés : Boyd-Cantenac et Cantenac Brown. En 1806, John Lewis Brown, un français d'origine écossaise achète des vignes qui prennent le nom de Cantenac-Brown. Il y fait construire une maison bourgeoise de style Tudor. C'est là que John-Lewis Brown, futur peintre animalier et petit-fils du fondateur de la propriété, passa son enfance. Le château est vendu en 1843 à un banquier du nom de Gromard. Ce dernier est à la tête du domaine en 1855, date à laquelle la propriété est classée troisième grand cru classé sous le nom de Boyd.

En 1860, le vignoble fut vendu à Louis Armand Lalande qui lui donne le nom définitif de Cantenac Brown et qui le modernise, faisant construire la plus grande partie de ce qui deviendra vraiment un château, conservant l'architecture de la première bâtisse. Madame Edouard Lawton (née Lalande) transmet la propriété en 1935 à son fils Jean, qui la céda en 1968 à la famille du Vivier. En 1987 la propriété fut vendue à la Compagnie du Midi, qui entreprit de rénover les chais. Il est racheté par AXA Millésimes en 1989. En 2006, le château est repris par la famille Simon Halabi qui décide de donner une nouvelle impulsion à Cantenac brown en s’entourant de José Sanfins et son équipe. Respect du terroir, du sol et travail minutieux au chai ont fait de ce vin un grand Margaux reconnu comme l’un des fleurons de l’appellation.

Château Durfort-Vivens - Margaux [Le site] [Historique] CHATEAU_DURFORT_VIVENS.pngChâteau Durfort-Vivens, Ce cru célèbre a dû primitivement appartenir à la famille de Durfort de Duras. En 1824, M. de Vivens, en étant devenu propriétaire, ajouta son nom à celui de Durfort. Bientôt après, sa nièce se maria avec M. de Puységur qui, en 1866, vendit ce domaine à MM. G. Richier et de La Mare. Il passa ensuite dans les mains de MM, F. Beaucourt et Delmée, qui l'ont vendu, en 1895, à M. G. Delor négociant à Bordeaux, qui apporte à la culture du vignoble les soins les plus parfaits.

En 1937, le cru est racheté par la Société du Château Margaux dont la famille Lurton est alors un des principaux actionnaires. Le domaine est géré depuis 1992 par Gonzague Lurton.

Château Lascombes, Margaux [Le site]
Château Rauzan-Gassies - Margaux [Le site]
Château Rauzan-Ségla, Margaux (anciennement Château Rausan-Ségla)[Le site]
Château Ducru-Beaucaillou - Saint-Julien [Le site] [Origine des étiquettes Gravure de Eugène VERGEZ d'après une photographie de M. Terpereau
MIME type: image/jpeg
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] [Historique] Ducru_Beaucaillou.pngChâteau Ducru-Beaucaillou, Les premières traces du domaine remonteraient au XIIIe siècle. Le château sera durant plusieurs siècles la propriété de la famille Bergeron jusqu'en 1720. Le château passe en 1795 sous le contrôle de la famille Ducru, dont le domaine prend alors le nom. Bertrand Ducru entreprend alors de modifier profondément le château (avec l'aide de l'architecte Paul Abadie) et les installations viticoles (nouveaux chais). La consécration de ces efforts se fera avec l'attribution de statut de deuxième grand cru au classement de 1855. En 1866, le château est vendu à la famille de Nathaniel Johnston (1836-1914), un négociant en vin, maire et député de Saint-Julien. La crise financière de 1929 oblige la famille Johnston à vendre le domaine à la famille Desbarats qui après seulement douze ans doit le céder à la famille Borie, toujours propriétaire du château actuellement.

« Beaucaillou » doit son nom aux gros cailloux de graves de Günz ayant une épaisseur de 6 à 8 m.

Château Gruaud Larose - Saint-Julien [Le site]
Château Léoville Barton - Saint-Julien [Le site]
Château Léoville Las Cases - Saint-Julien [Le site]
Château Léoville Poyferré - Saint-Julien [Le site]
Château Cos d'Estournel - Saint-Estèphe [Le site]
Château Montrose - Saint-Estèphe [Le site]

Troisièmes crus

Château Boyd-Cantenac - Margaux
Château Cantenac Brown - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Desmirail - Margaux
Château d'Issan - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Ferrière - Margaux
Château Giscours - Margaux (Labarde-Margaux)
Château Kirwan - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Malescot St. Exupéry - Margaux
Château Marquis d'Alesme Becker - Margaux
Château Palmer - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Lagrange - Saint-Julien
Château Langoa Barton - Saint-Julien
Château Calon-Ségur - Saint-Estèphe
Château La Lagune - Haut-Médoc (Ludon)

Quatrièmes crus

Château Duhart-Milon - Pauillac
Château Marquis de Terme - Margaux
Château Pouget - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Prieuré-Lichine - Margaux (Cantenac-Margaux)
Château Beychevelle - Saint-Julien [Etiquette 2007 L'emblème du château, un navire à proue de griffon, gardien du cratère de vin de Dionysos
MIME type: image/jpeg
] [Historique] Château_Beychevelle.pngChâteau Beychevelle, est une des plus importantes et des plus anciennes terres du pays du Médoc. Au XIVe siècle, il était château féodal et l'une des propriétés des comtes de Foix-de-Candale d'où il passa à la maison d'Epernon dont le chef avait épousé l'héritière de la maison de Foix. Le dernier duc d'Epernon étant décédé sans postérité, la terre de Beychevelle revint à la couronne, qui la vendit pour acquitter les dettes des d'Epernon. On estime qu'à l'époque de la révolution, le marquis de Brassier, qui possédait cette terre, n'avait pas moins de quatre cent mille livres de rentes en terres, redevances et droits féodaux; sa haute justice et la mouvance du seigneur s'étendaient sur 6 paroisses : Lamarque, Saint-Laurent, etc. M. de Brassier ayant émigré, la Nation se mit en possession de la terre et de ses dépendances, qui furent mises en vente; Mme de Saint-Harem, soeur du marquis de Brassier, devint acquéreur du Château-Beychevelle et de la terre qu'elle ne tarda pas à revendre à M. Jacques Conte, un des armateurs les plus connus de Bordeaux en 1800. Ce dernier les revendit, en 1S25, à M. P.F. Guestier.

Reconstruit en 1757 par M. de Brassier, dans le style Louis XV, en face de Blaye, sur la Gironde, il possède le port de Beychevelle, l'un des plus importants de ce fleuve. L'embarcadère de ce port, autrefois très fréquenté, n'existant plus, bien que le port soit accessible aux bateaux à vapeur, c'est par le chemin de fer qu'on peut s'y rendre en une heure, gare de Saint-Laurent-Saint-Julien.

Le nom de Beychevelle (baisse voile) vient du salut que faisaient autrefois les navires passant devant le château du duc d'Epernon, alors grand-amiral de France.

L'actuel propriétaire du château est le Groupe Castel à 50 % en partenariat avec le groupe japonais Suntory.

Château Branaire-Ducru - Saint-Julien
Château Saint-Pierre - Saint-Julien
Château Talbot - Saint-Julien
Château Lafon-Rochet - Saint-Estèphe
Château La Tour Carnet - Haut-Médoc (St.-Laurent)

Cinquièmes crus

Château Batailley - Pauillac
Château Clerc Milon - Pauillac
Château Croizet-Bages - Pauillac
Château d'Armailhac - Pauillac (anciennement Château Mouton-Baronne-Philippe)
Château Grand-Puy Ducasse - Pauillac
Château Grand-Puy-Lacoste - Pauillac
Château Haut-Bages Libéral, Pauillac
Château Haut-Batailley - Pauillac
Château Lynch-Bages - Pauillac
Château Lynch-Moussas - Pauillac
Château Pédesclaux - Pauillac
Château Pontet-Canet - Pauillac
Château Dauzac - Margaux (Labarde)
Château du Tertre - Margaux (Arsac)
Château Cos Labory - Saint-Estèphe
Château Belgrave - Haut-Médoc (St.-Laurent)
Château de Camensac - Haut-Médoc (St.-Laurent) (anciennement Château Camensac)
Château Cantemerle - entré dans le classement en 1856 - Haut-Médoc (Macau)

Sauternes et barsac

Premier cru supérieur

Château d'Yquem - Sauternes [Le site]

Premiers crus

Château Climens - Barsac
Château Coutet - Barsac
Château Guiraud - Sauternes
Clos Haut-Peyraguey - Sauternes (à Bommes)
Château Lafaurie-Peyraguey - Sauternes (à Bommes)
Château La Tour Blanche, Sauternes (à Bommes)
Château Rabaud-Promis - Sauternes (à Bommes)
Château de Rayne-Vigneau - Sauternes (à Bommes)
Château Rieussec - Sauternes (à Fargues)
Château Sigalas-Rabaud - Sauternes (à Bommes)
Château Suduiraut - Sauternes (à Preignac)

Deuxième crus

Château Broustet - Barsac
Château Caillou - Barsac
Château Doisy Daëne - Barsac
Château Doisy-Dubroca - Barsac
Château Doisy-Védrines - Barsac
Château Myrat - Barsac (château de Myrat)
Château Nairac - Barsac
Château Suau - Barsac
Château d'Arche - Sauternes
Château Filhot - Sauternes
Château Lamothe - Sauternes
Château Lamothe Guignard - Sauternes
Château de Malle - Sauternes (à Preignac)
Château Romer - Sauternes (à Fargues)
Château Romer du Hayot - Sauternes (à Fargues)



Crus Bourgeois du Médoc
Sélection officielle 2008 publiée le 23 septembre 2010

Médoc

Ch. Begadanet - Ch. Bellegrave - Ch. Bellerive - Ch. Bellevue - Ch. Bessan segur - Ch. Bournac - Ch. Carcanieux - Ch. Castera - Ch. Chantelys - Ch. Chantemerle - Ch. Clément Saint Jean - Ch. David - Ch. De Bensse - Ch. de la Croix - Ch. de Panigon - Ch. des Brousteras - Ch. des Cabans - Ch. des Granges d’Or - Ch. des Tourelles - Ch. d’Escot - Ch. d’Escurac - Ch. Du Perier - Ch. Fleur La Mothe - Ch. Fontaine de l’Aubier - Ch. Fontis - Ch. Grand Bertin de Saint Clair - Ch. Greysac - Ch. Griviere - Ch. Haut Barrail - Ch. Haut Canteloup - Ch. Haut Maurac - Ch. Haut-Myles - Ch. Hourbanon - Ch. La Branne - Ch. La Cardonne - Ch. La Clare - Ch. La Gorce - Ch. La Gravette Lacombe - Ch. La Pirouette - Ch. La Raze Beauvallet - Ch. La Ribaud - Ch. La Roque de By - Ch. Labadie - Ch. Laffitte Laujac - Ch. Lalande d’Auvion - Ch. l’Argenteyre - Ch. Lassus - Ch. Laulan Ducos - Ch. Le Barrail - Ch. Le Bourdieu - Ch. Le Pey - Ch. Le Temple - Ch. Leboscq - Ch. Les Grands Chênes - Ch. Les Lattes - Ch. Les Moines - Ch. Les Ormes Sorbet - Ch. Les Tuileries - Ch. Lestruelle - Ch. l’Inclassable - Ch. Listran - Ch. Loudenne - Ch. Lousteauneuf - Ch. Maison Blanche - Ch. Mazails - Ch. Meric - Ch. Moulin de Bel Air - Ch. Moulin de Brion - Ch. Moulin de Canhaut - Ch. Moulin de Cassy - Ch. Noaillac - Ch. Patache d’Aux - Ch. Pey de Pont - Ch. Pierre de Montignac - Ch. Poitevin - Ch. Pontey - Ch. Preuillac - Ch. Ramafort - Ch. Ricaudet - Ch. Rollan de By - Ch. Roquegrave - Ch. Rousseau de Sipian - Ch. Saint Bonnet - Ch. Saint-Christoly - Ch. Saint-Christophe - Ch. Saint-Hilaire - Ch. Segue Longue Monnier - Ch. Tour Blanche - Ch. Tour Castillon - Ch. Tour Haut-Caussan - Ch. Tour Prignac - Ch. Tour Saint-Bonnet - Ch. Tour Seran - Ch. Vernous - Ch. Vieux Robin - Vieux Ch. Landon

Haut médoc

Ch. Aney - Ch. Balac - Ch. Barateau - Ch. Barreyres - Ch. Beaumont - Ch. Bel Air - Ch. Bellegrave du Poujeau - Ch. Bellevue - Ch. Beyzac - Ch. Bibian - Ch. Cambon La Pelouse - Ch. Caronne Sainte Gemme - Ch. Charmail - Ch. Cissac - Ch. Clémentpichon - Ch. d’Agassac - Ch. d’Arche - Ch. d’Arcins - Ch. Dasvin Bel Air - Ch. d’Aurilhac - Ch. de Braude - Ch. de Gironville - Ch. de l’Abbaye - Ch. de Malleret - Ch. de Villambis - Ch. de Villegeorge - Ch. Devise d’Ardilley - Ch. Doyac - Ch. du Breuil - Ch. du Cartillon - Ch. du Moulin Rouge - Ch. du Retout - Ch. du Taillan - Ch. Duthil - Ch. Fontesteau - Ch. Grand Clapeau Olivier - Ch. Grandis - Ch. Hanteillan - Ch. Haut Bellevue - Ch. Haut Logat - Ch. Haut Madrac - Ch. Hourtin-Ducasse - Ch. La Fon du Berger - Ch. La Lauzette Declercq - Ch. La Tonnelle - Ch. Labat - Ch. Lacour Jacquet - Ch. Lamothe Bergeron - Ch. Lamothe Cissac - Ch. Landat - Ch. Larose Perganson - Ch. Larose Trintaudon - Ch. Larrivaux - Ch. le Bourdieu Vertheuil - Ch. le Monteil d’Arsac - Ch. Lestage Simon - Ch. Lieujean - Ch. Liversan - Ch. Magnol - Ch. Malescasse - Ch. Maucaillou Felletin - Ch. Maucamps, Ch. Maurac - Ch. Meyre - Ch. Moulin de Blanchon - Ch. Moulin de Laborde - Ch. Muret - Ch. Paloumey - Ch. Peyrabon - Ch. Peyrat-Fourthon - Ch. Pontoise Cabarrus - Ch. Ramage La Batisse - Ch. Reynats - Ch. Reysson - Ch. Saint Ahon - Ch. Saint-Paul - Ch. Tour du Haut-Moulin, Ch. Tour-du-Roc - Ch. Tour Saint-Joseph - Ch. Trois-Moulins - Ch. Victoria

Listrac-Médoc

Ch. Baudan - Ch. Cap Léon Veyrin - Ch. Capdet - Ch. Donissan - Ch. Fonreaud - Ch. Lafon - Ch. l’Ermitage - Ch. Lestage - Ch. Liouner - Ch. Reverdi - Ch. Saransot-Dupré - Ch. Vieux Moulin

Moulis en Médoc

Ch. Anthonic - Ch. Biston Brillette - Ch. Branas Grand Poujeaux - Ch. Brillette - Ch. Chemin Royal - Ch. Dutruch Grand Poujeaux - Ch. Guitignan - Ch. La Garricq - Ch. La Mouline - Ch. Lalaudey - Ch. Malmaison - Ch. Pomeys

Margaux

Ch. d’Arsac - Ch. Deyrem Valentin - Ch. Grand Tayac - Ch. Haut Breton Larigaudière - Ch. La Galiane - Ch. La Tour de Bessan - Ch. La Tour de Mons - Ch. le Côteau - Ch. Mongravey - Ch. Paveil de Luze - Ch. Pontac Lynch - Ch. Pontet Chappaz - Ch. Tayac

Saint-Julien

Ch. Du Glana - Ch. Lalande

Pauillac

Ch. Fonbadet - Ch. Haut-Bages Monpelou - Ch. La Fleur Peyrabon - Ch. Plantey - Ch. Tour Sieujea

Saint-Estèphe

Ch. Beau Site - Ch. Bel Air - Ch. Clauzet - Ch. Coutelin Merville - Ch. de Côme - Ch. Domeyne - Ch. La Commanderie - Ch. La Haye - Ch. Ladouys - Ch. Laffitte Carcasset - Ch. l’Argilus du Roi - Ch. Le Boscq - Ch. Le Crock - Ch. Lilian Ladouys - Ch. Petit Bocq - Ch. Picard - Ch. Plantier Rose - Ch. Ségur de Cabanac - Ch. Sérilhan - Ch. Tour de Pez - Ch. Tour des Termes - Ch. Tour Saint-Fort



Crus Artisans du Médoc
Sélection officielle publiée le 11 janvier 2006

Médoc

Château BAUDENS - Château BEGADAN - Château BEJAC ROMELYS - Château CANTEGRIC GFA - Château GADET TERREFORT - Château GARANCE HAUT GRENAT - Château GRAVES DU PRIVERA - Château HAUT BLAIGNAN - Château LA TESSONNIÈRE - Château LE VIEUX SÉRESTIN - Château LES GRAVES DE LOIRAC - Château LES TRIEUX - Château VIEUX GADET

haut médoc

Château CLOS DU RELAIS - Château DE COUDOT - Château DE LAUGA - Château DES GRAVIERS - Château D’OSMOND - Château DU GALAN - Château FERRÉ - Château GASTON RÉNA - Château GRAND BRUN - Domaine GRAND LAFONT - Château GUITTOT FELLONNEAU - Château HAUT BRÉGA - Château LAMONGEAU - Château LE BEYAN - Château LE BOUSCAT - Château MARTIN - Château MICALET - Château MOUTTE BLANC - Château TOUR BEL AIR - Château TOUR DU GOUA - Château VIALLET NOUHANT - Château VIEUX GABAREY

Appellations communales

Château GOBINAUD (AOC Listrac) - Château LAGORCE BERNADAS (AOC Moulis) - Clos De BIGOS (AOC Margaux) - Château DES GRAVIERS (AOC Margaux) - Château DES TROIS CHARDONS (AOC Margaux) - Château GASSIES DU VIEUX BOURG (AOC Margaux) - Château CAPDET (AOC Saint Julien) - Château BÉHÈRÉ (AOC Pauillac) - Château LA PEYRE (AOC Saint Estèphe)



Les grands crus classés des Graves (1959)

Château Bouscaut (Cadaujac)
Château Carbonnieux (Léognan)
Château Couhins (Villenave d’Ornon)
Château Couhins Lurton (Villenave d’Ornon)
Château Fieuzal (Léognan)
Château Haut-Bailly (Léognan)
Château Haut-Brion (Pessac)
Château La Mission Haut-Brion (Pessac)
Château Latour Haut-Brion (Pessac)
Château Latour Martillac (Martillac)
Château Laville Haut-Brion (Pessac)
Château Malartic Lagravière (Léognan)
Château Olivier (Léognan)
Château Pape Clément (Pessac)
Château Smith Haut-Lafitte (Martillac)
Domaine de Chevalier (Léognan)



Les crus classés du Sauternais

Premier cru supérieur

Château d’Yquem (Sauternes) [Etiquette 2001] [Le château]

Premiers crus

Château Climens (Barsac)
Château Clos Haut Peyraguey (Bommes)
Château Coutet (Barsac)
Château Guiraud (Sauternes)
Château Lafaurie Peyraguey (Bommes)
Château Rabaud Promis (Bommes)
Château Rayne Vigneau (Bommes)
Château Rieussec (Fargues)
Château Sigalas Rabaud (Bommes)
Château Suduiraut (Preignac)
Château La Tour Blanche (Bommes)

Seconds crus

Château d’Arche (Sauternes)
Château Broustet (Barsac)
Château Caillou (Barsac)
Château Doisy Daëne (Barsac)
Château Doisy Dubroca (Barsac)
Château Doisy Védrines (Barsac)
Château Filhot (Sauternes)
Château Lamothe (Guignard) (Sauternes)
Château de Malle (Preignac)
Château Myrat (Barsac)
Château Nairac (Barsac)
Château Romer (du Hayot) (Fargues)



Crus classés de Saint-Emilion en 2012

C'est à partir de 1955 que les vins de Saint-Émilion ont été classés, à la suite d'une décision prise en 1954 par le syndicat viticole des Vins de Saint-Émilion1. Il s'agit du classement de l'appellation saint-émilion grand cru et non de l'appellation saint-émilion, qui pour sa part n'a pas de classement officiel.

ConContrairement au classement de 1855 (classement qui pour sa part ne concerne que des vins de la rive gauche de la Garonne), il est révisable tous les dix ans.

Premiers Grands Crus Classés (A)

Château ANGELUS [Etiquette 2005]
Château AUSONE [Etiquette 1958]
Château CHEVAL-BLANC [Etiquette 1989]
Château PAVIE [Etiquette 2008]

Premiers Grands Crus Classés (B)

Château BEAUSÉJOUR (DUFFAU-LAGARROSSE)
Château BEAU-SÉJOUR BÉCOT)
Château BELAIR-MONANGE
Château CANON
Château CANON-LA-GAFFELIÈRE
Château FIGEAC
Clos FOURTET
Château LA GAFFELIÈRE
Château LARCIS-DUCASSE
Château LA MONDOTTE
Château PAVIE-MACQUIN
Château TROPLONG-MONDOT
Château TROTTEVIELLE
Château VALANDRAUD

Grands Crus Classés

Château L'ARROSÉE
Château BALESTARD-LA-TONNELLE
Château BARDE-HAUT
Château BELLEFONT-BELCIER
Château BELLEVUE
Château BERLIQUET
Château CADET-BON
Château CAPDEMOURLIN
Château LE CHÂTELET
Château CHAUVIN
Château CLOS DE SARPE
Château LA CLOTTE
Château LA COMMANDERIE
Château CORBIN
Château CÔTE DE BALEAU
Château LA COUSPAUDE
Château COUVENT DES JACOBINS
Château DASSAULT
Château DESTIEUX
Château LA DOMINIQUE
Château FAUGÈRES
Château FAURIE DE SOUCHARD
Château DE FERRAND
Château FLEUR-CARDINALE
Château LA FLEUR MORANGE
Château FOMBRAUGE
Château FONPLÉGADE
Château FONROQUE
Château FRANC-MAYNE
Château GRAND CORBIN
Château GRAND CORBIN-DESPAGNE
Château GRAND-MAYNE
Château LES GRANDES MURAILLES
Château GRAND-PONTET
Château GUADET
Château HAUT-SARPE
Clos des JACOBINS
Château JEAN FAURE
Château LANIOTE
Château LARMANDE
Château LAROQUE
Château LAROZE
Clos la MADELEINE
Château LA MARZELLE
Château MONBOUSQUET
Château MOULIN DU CADET
Clos de L'ORATOIRE
Château PAVIE-DECESSE
Château PEBY-FAUGÈRES
Château PETIT-FAURIE-DE-SOUTARD
Château de PRESSAC
Château LE PRIEURÉ
Château QUINAULT L'ENCLOS
Château RIPEAU
Château ROCHEBELLE
Château SAINT-GEORGES-CÔTE-PAVIE
Clos SAINT-MARTIN
Château SANSONNET
Château La SERRE
Château SOUTARD
Château TERTRE-DAUGAY
Château LA TOUR-FIGEAC
Château VILLEMAURINE
Château YON-FIGEAC

Château HAUT-CORBIN a été classé Grand Cru mais fusionne, avec l'avis de la commission, avec château GRAND-CORBIN.
Château CADET-PIOLA sort du classement car il fusionne avec château SOUTARD.
Château BERGAT sort du classement car il est intégré dans le château TROTTEVIEILLE.
Château LA CLUSIÈRE sort du classement car il fusionne avec château PAVIE.

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