Le palais Rohan vue côté jardins

Le Palais Rohan

Ferdinand-Maximilien-Mériadec, prince de Rohan (1771 / 1784)


Vue depuis la place Pey Berland Le palais Rohan - Mairie de Bordeaux depuis 1835
Vue des jardins
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   Vue des jardins Le palais Rohan - Le Jardin
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En 1771, le gouvernement autorisa l'archevêque de Bordeaux à faire démolir le palais qu'il habitait et à en vendre les matériaux, ainsi que le terrain adjacent et les marais qui en dépendaient, afin de pourvoir aux frais de construction d'un nouveau palais archiépiscopal. L'ancien, quoique bâti dans le treizième siècle sur le terrain où se trouve la place du Palais Royal, était encore en bon état. ll présentait un corps de bâtiment imposant, d'un genre simple, mais régulier dans toutes ses parties. Son intérieur, distribué d'une manière commode qui n'excluait pas une magnificence convenable, offrait une habitation suffisamment spacieuse pour un riche prélat. On ne peut disconvenir que l'édifice substitué à l'ancien a été exécuté sur une échelle trop étendue pour sa destination originaire.

C'est là que logeaient les princes et les grands personnages qui passaient par Bordeaux; c'est là que le roi Jean fut conduit prisonnier par le prince de Galles, après la fatale bataille de Poitiers et plus tard, Louis XIII y logea avec toute sa cour, lors de la célébration de son mariage. La façade de cette vieille bâtisse s'étendait depuis l'extrémité occidentale de la rue des Trois-Conils jusqu'au côté méridional de la place Rohan. Le portail de l'avant-cour, à l'alignement de l'arc-boutant de Grammont, était remarquable par sa gracieuse simplicité, si nous en jugeons par un ancien plan gravé de la ville. On vantait beaucoup la belle salle, dite du Pape, la plus splendide, la plus vaste de tout l'édifice; on avait réuni un grand nombre de tableaux précieux, des bustes, des bronzes de grand prix. C'est alors que fut formée la place Rohan et la rue Rohan, et que furent ouvertes, sur les côtés du palais, les portes Rohan et Ferdinand, ainsi appelées du prince archevêque.

Il devenait nécessaire d'aliéner les marais de la Chartreuse qui appartenaient à l'archevêque et qui s'étendaient derrière son palais, tant pour couvrir les frais de construction de cet édifice que pour en assainir les alentours. Le dessèchement de ces marais, qui n'avait été exécuté qu'imparfaitement par le cardinal de Sourdis, s'acheva par leur vente partielle. Placés entre la Devèze et le Peugue, ils étaient couverts d'oseraies et de prairies, entrecoupés d'une multitude de fossés que remplissaient les eaux que ces deux ruisseaux recevaient des landes. Dans les automnes dont la température se trouvait élevée, il s'exhalait de ces marais des miasmes infects que les vents poussaient sur la ville, où ils occasionnaient fréquemment des fièvres épidémiques que la Chronique désigne improprement sous le nom de pestes. Par suite de leur vente, ces terrains, qu'on regardait comme inhabitables, furent bientôt sillonnés de diverses rues qui nécessitèrent des nivellements et des exhaussements du sol, d'où s'ensuivit le comblement et l'assainissement de ces marais. Par ce moyen, les eaux qui les couvraient pendant la moitié de l'année ont été refoulées et concentrées dans les deux ruisseaux d'où elle débordaient fréquemment. Elles s'écoulent maintenant dans leur ancien lit et vont se dégorger dans la Garonne sans aucune déviation. Tourny avait en quelque sorte préparé cet assainissement en faisant ouvrir les allées d'Albret entre les murs de ville et les marais de la Chartreuse et en facilitant l'issue des eaux que renfermaient ces marais par les ponts dits de la Mothe et d'Albret, qu'il avait jetés sur les ruisseaux de la Devèze et du Peugue.
Grâce au dernier dessèchement des terrains marécageux de la Chartreuse et de l'archevêché, le nouveau quartier des Marais est devenu un des faubourgs le plus peuplé de la ville.

Ancien palais archiépiscopal, construit entre 1771 et 1784. C'est l'archevêque qui lui donne son nom puisque le palais fut construit à sa demande. Rohan commence par faire démolir les vieux bâtiments proches de la cathédrale puis le vieil archevêché. Il obtient du roi Louis XV, en 1771, l'autorisation de construire un palais digne de lui.

Joseph Étienne est le premier architecte, il sera remplacé en 1776 par Richard Bonfin. Le sieur Poirier est le conducteur de travaux. En 1774, MM. Laclotte frères et fils, furent chargés d'achever les travaux. En 1780, le palais est quasiment fini mais Monseigneur de Rohan est nommé archevêque de Cambrai. Il terminera sa carrière comme aumônier de l'impératrice Joséphine de Beauharnais.

Pour ce qui est de la décoration du palais épiscopal, d'illustres prélats, doués de goûts artistiques, y avaient donné tous leurs soins. Citons le cardinal d'Epinay, à qui l'on dut l'escalier d'honneur, regardé longtemps comme un chef-d'œuvre; le cardinal de Sourdis, qui le décora d'une magnifique façade au nord, dont on peut voir le dessin dans le compte-rendu de la commission de nos monuments historiques, année 1849. c'est encore sous son administration qu'une vaste salle, dite de Clément V, devint une galerie de tableaux et de bronzes. Henri III de Béthune décora de pavillons la façade ouest, etc.

Dans ce palais siègent, dès 1790, le nouveau conseil général du département puis le Tribunal révolutionnaire S’y installe, en 1800, le nouveau préfet Antoine Claire Thibaudeau car le Premier Consul exige que son représentant soit dignement logé.

Charles Delacroix, «père officiel» du célèbre peintre Eugène Delacroix y décède et en 1808, l’Empereur Napoléon 1er s’y installe. L’ancien hôtel archiépiscopal est érigé en Palais Impérial, la préfecture étant transférée dans l’ancien hôtel Saige. Moins de sept ans plus tard le drapeau blanc flotte sur le Palais cette fois devenu royal.

La duchesse d’Angoulême y réside quatre mois en 1823 et en 1828, c’est la duchesse de Berry qui en est l’hôte quand elle inaugure le nouvel hôpital Saint-André et pose la première pierre des colonnes rostrales.

Le palais archiépiscopal a porté plusieurs noms. On l'appela d'abord l'hôtel du département, parce que l'admninistration départementale s'y installa en 1790. Il devint ensuite l'hôtel de la préfecture, le préfet l'ayant occupé de 1799 à 1808, époque où il fut érigé en Palais-Impérial. En 1814, il prit le nom de Château-Royal, lorsque le duc d'Angoulême le choisit pour sa demeure, le 12 mars 1814. C'est maintenant l'Hôtel-de-Ville.

En 1833 l’état propose à la ville de lui échanger le Palais Rohan contre l’hôtel de ville (celui de l’époque, accolé à la Grosse cloche qui en est le beffroi) que le ministre de la Guerre veut aménager en caserne. Sinon le palais abritera la garnison. Les tractations seront longues. Il faut attendre 1835 pour que l’échange soit officialisé et le 1er janvier 1836 le maire, M. Joseph Thomas Brun s’installe dans le Palais royal.

En 1839, le nouveau maire David Johnston reçoit le fils aîné du roi Louis-Philippe Ier, Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans qui, en compagnie de son épouse, inaugure la première pierre de la gare du chemin de fer de Bordeaux à La Teste.

Installation du musée dans l'Hôtel de Ville - (source : site officiel du musée des beaux arts)

Michel-Jules Bonfin, fils et successeur du précédent ingénieur municipal, aménagea les lieux qui ouvrirent au public le 5 mai 1821.

En 1832, il fut alors décidé de transférer la collection complète dans les grands salons du rez-de-chaussée du palais Royal, à l’exception de la salle à manger peinte à fresque par Berinzago. L’espace d’accrochage était certes accru mais il restait soumis à l’administration municipale installée depuis 1836, aux séjours royaux puis impériaux à partir de 1852 ; le public n’accédait à la collection que les dimanches et jours de fête.

Logo du journal sud ouest   Article SUD OUEST - Publié le 16/04/2019 - Par Catherine Darfay et Marjorie Miche

Dans la soirée du 13 juin 1862, vers 23 heures, des lueurs s’échappent des bureaux de la Section des travaux publics au premier étage, le toscin de la Grosse cloche n’annoncera le début du sinistre qu’une heure après. L’incendie se propage à tous les étages, les plafonds s’effondrent. Les archives municipales situées au premier étage ne sont pas épargnées. Les habitants s’organisent pour évacuer et protéger ce qui peut l’être, comme des tableaux dont la célèbre " Chasse aux lions " d’Eugène Delacroix et " L’Embarquement de la Duchesse d’Angoulême " d’Antoine Gros. Vers deux heures et demi du matin, le feu est enfin maîtrisé.

Les travaux de réfection, menés par l’architecte municipal Charles Burguet (1821-1879), nécessitèrent le déplacement de la collection dans un « local en planches » installé dans le jardin. Provisoire à l’origine, cette structure, vulnérable aux incendies et aux inondations, demeura huit années !

13 juin 1862 - L'incendie L'incendie de l'hôtel de ville
Le 13 juin 1862
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  Image Wikimédia


Le 7 décembre 1870, le Palais Rohan connaît à nouveau une tragédie cette fois à cause d’un calorifère trop chargé en combustible. Les dégâts sur les bâtiments sont moins importants mais seize belles toiles disparaissent.

Le 30 décembre 1875, c’est un nouvel incendie provoqué par des cendres mal éteintes dans un seau qui va détruire le plafond peint de la Salle du Conseil municipal ainsi que les boiseries et parquets.

Le palais bénéficie d'une double protection au titre des monuments historiques : une inscription depuis le 24 mars 1997 pour le palais avec sa cour d'honneur et d'un classement depuis le 14 novembre 1997 pour les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments et diverses pièces du rez-de-chaussée.

Les Photos

La mairie de Bordeaux, photon ancienne La mairie de Bordeaux
CPArama, cartes postales anciennes
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La mairie de Bordeaux, photon ancienne La mairie de Bordeaux
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Entrée du jardins de la mairie de Bordeaux - Côté cours d'Albret Entrée du jardins de la mairie de Bordeaux - Côté cours d'Albret
CPArama, cartes postales anciennes
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La mairie de Bordeaux - L'entrée côté Pey Berland La mairie de Bordeaux - L'entrée
CPArama, cartes postales anciennes
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Grille de l'entrée des jardins de la mairie de Bordeaux Grille de l'entrée des jardins de la mairie de Bordeaux
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Jardins de la mairie de Bordeaux Jardins de la mairie de Bordeaux
Carte postale colorisée
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Image de fin

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