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La place de la bourse

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Place de la bourse et le miroir d'eau
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Au milieu du dix-huitième siècle, Bordeaux conservait encore les formes gothiques qu'elle avait dans le temps où elle était passée sous la domination française. Les richesses dont le commerce était parvenu à la doter depuis n'avaient nullement servi à appeler dans ses murs les arts qui décorent les cités de nouveaux monuments et qui élèvent des habitations agréables aux citoyens auxquels la fortune permet de connaître le luxe.
Quelques parcelles de ces richesses, récemment appliquées à des travaux publics, avaient seulement contribué à faire ressortir l'aspect mesquin de Bordeaux.

L'enceinte de cette ville était circonscrite, du côté opposé au port, par des murailles crénelées et par d'anciennes tours, au pied desquelles s'élargissaient des fossés baignés d'eaux bourbeuses, ou remplis d'immondices. Ces espèces de fortifications, démantelées pour la plupart, rappelaient les déplorables temps des discordes civiles, et prévenaient défavorablement contre l'intérieur de la ville. Aucune avenue riante ne se présentait à ses abords pour aider, par des routes commodes, ses communications avec la campagne environnante.

Du côté de la rivière, on voyait adossées aux murs de la ville, dans toute l'étendue du port, de petites maisons de la plus chétive apparence, et dont les moins anciennes ne se prolongeaient pas même sur la ligne doucement courbée que la Garonne dessine au-devant. Les murs de clôture, dans leur circuit d'une lieue, étaient percés d'issues étroites dont le nombre se trouvait hors de proportion avec le mouvement d'une grande et active population. On ne pénétrait dans Bordeaux que par quatorze portes. Elles se trouvaient flanquées de vieilles tourelles, dont quelques-unes, accompagnées d'ouvrages avancés et de ponts-levis, ressemblaient aux entrées menaçantes d'une antique forteresse. La construction du plus récent de ces espèces de donjons appartenait au seizième siècle.

L'intérieur de la ville correspondait à ses bizarres dehors. Il était silloné de rues étroites, sinueuses et dont les inégalités du sol en rendaient la circulation dangereuse. Les maisons qui bordaient ces rues étaient toutes de la plus choquante construction et offraient à ceux qui les occupaient des demeures aussi incommodes que malsaines. Celles qui appartenaient à des habitants aisés se distinguaient à peine de celles où de nombreux ménages étaient entassés. Les habitations des personnes de distinction se faisaient remarquer par un plus grand délabrement et leurs possesseurs semblaient regarder la vétusté de leurs hôtels comme une preuve héraldique de l'ancienneté de leurs familles.

On trouvait des rues entières dont la maison la plus récente portait des signes visibles qu'elle avait trois siècles d'existence. Deux voitures ne pouvaient passer ensemble dans une grande partie des rues. Au milieu des plus larges, on trouvait souvent des puits publics (*) qui y gênaient la circulation : ils tenaient lieu de fontaines autrefois peu communes et qui sont encore trop rares.

(*) Comme dans les rues Sainte-Eulalie, des Minimes, du Loup, des Lois, du Puits des Cazeaux, de Bagne-Cap, du Maucaillau et sur les fossés des Tanneurs et des Carmes.

Le dénûment des édifices publics à Bordeaux était remarquable car ceux que cette ville possédait étaient dans un état de dégradation qui nécessitait leur prompte reconstruction ou étaient devenus insuffisants pour servir à leur destination, à l'exception des bâtiments consacrés au culte, qui, seuls, étaient bien entretenus.
Il n'y avait point de logement particulier pour le gouverneur de la province. Il habitait l'hôtel de la mairie, situé alors rue Porte-Dijeaux.

L'ancien Hôtel de Ville, établi sous Henri III le 13 juillet 1235, menaçait ruine ; une partie même était abandonnée et ce bâtiment le fut entièrement pour l'ancien collége de Guienne, lorsque ce dernier établissement fut réuni au collége de la Magdeleine, pour n'en former qu'un seul, en 1772. Le palais dans lequel siégeait le parlement était occupé par les tribunaux du sénéchal et de l'amirauté. Les prisons civiles et criminelles, qu'on voyait dans ce même palais, étaient trop resserrées et peu sûres. L'atelier monétaire et le bureau des trésoriers de France partageaient avec la juridiction consulaire et la chambre de commerce le même local, qui pouvait à peine suffire aux réunions journalières des négociants de cette place. D'autres établissements publics occupaient des logements particuliers, tels que le tribunal des eaux et forêts, celui des traites et ports, l'administration de la marine, le corps de l'université, la douane et le bureau des postes.

La partie la plus essentielle, la plus remarquable de Bordeaux, celle que l'étranger examinait davantage et dont l'habitant ainsi que l'administration s'occupaient le moins, quoique ce fût la source de la prospérité de cette ville : le port, n'avait pas encore ajouté à sa beauté naturelle aucun ouvrage d'art qui servit soit à décorer son magnifique hémicycle, soit à y établir les commodités que nécessitent les mouvements d'un grand commerce maritime et territorial. La rade de Bordeaux , malgré le grand concours de navires français et étrangers qu'on y voyait, était dépourvue de quais propres, commodes et nécessaires, pour faciliter le prompt transport des marchandises qui étaient l'objet des voyages de ces navires. Deux simples cales (de la Douane et des Salinières) avaient été construites pour l'abordage dans le port. Le restant de son étendue offrait un sol inégal et couvert de vase, qui n'était accessible que lors des hautes marées.

Si la Garonne était un autre pactole pour cette ville, on peut dire que l'or qu'elle y apportait était recueilli au milieu de la boue qui couvrait ses rives. Il y a plus: les richesses que le commerce y faisait affluer n'étaient point appliquées à des travaux publics ou particuliers qui vinssent contribuer à embellir la ville. Elle avait besoin de rencontrer un administrateur éclairé , inspiré par le goût du beau et par l'amour du bien public, qui vint apprendre à ses habitants à faire un noble usage de ces mêmes richesses et qui forçât en quelque sorte ceux qui en étaient possesseurs à en jouir, seulement en se dégageant des langes de la barbarie, dans lesquelles l'indifférence et d'anciennes habitudes les retenaient enveloppés.

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Le 2 janvier 1728, les jurats Jurat est à l'origine un mot occitan issu du latin juratus, "qui a prêté serment". délibérèrent qu'une porte de ville serait ouverte au bout de la rue du Chai des Farines, afin de lui procurer une issue sur le port ; qu'il serait construit une ligne de maisons uniformes depuis la porte Saint-Pierre jusqu'à celle du Chapeau-Rouge ; et qu'il serait formé au-devant de la porte Despaux (*) une place publique, au centre de laquelle on érigerait une statue au roi régnant (louis XV).

(*) Cette ancienne porte de ville était à l'extrémité orientale de la rue Saint-Remi, et tirait son nom de ce qu'on y vendait des échalas pour les vignes, lesquels s'appellent paux en gascon.

Un arrêt du conseil, du 7 février 1730, homologua cette délibération, et y apporta quelques modifications pour améliorer le projet conçu par les jurats. Elles avaient été déterminées par l'inspection des lieux qu'était venu visiter, par ordre du gouvernement, le célèbre architecte Gabriel, qui avait déjà donné des plans d'embellissement pour plusieurs villes de France. Cet arrêt porte :

1° qu'une porte de ville, au bout de la rue du Chai des Farines, sera ouverte sur le port.

2° que depuis le palais de la cour des aides jusqu'à la porte du Chapeau-Rouge, il sera construit une ligne de maisons uniformes.

3° qu'en face de la porte Despaux, dont la démolition est ordonnée, il sera formé une place de soixante toises de largeur et de quarante-cinq de profondeur, au centre de laquelle s'élèvera la statue du roi.

4° que chaque extrémité de l'hémicycle de cette place qui ouvrira sur le port sera terminée par un pavillon supportant des groupes en bronze.

5° qu'il sera formé une nouvelle rue parallèle à la rue Saint-Remi, laquelle sera élargie à mesure qu'on reconstruira les maisons jusqu'à la rue Sainte-Catherine.

6° que les maisons qui formeront la façade de la nouvelle place seront d'architecture uniforme et que celles que l'on bâtira depuis cette place jusqu'au palais de la cour des aides seront également uniformes, mais sur un plan d'élévation différent de celles de la place, lequel plan est annexé à l'arrêt précité.

Il autorisa en même temps la ville à employer, pour la partie des dépenses qui la concernent dans ces travaux d'embellissement, soit une somme annuelle de soixante mille livres prise sur les revenus communaux, soit le produit des emplacements que l'administration municipale pourra vendre, bordant les murs de ville sur toute la ligne où s'exécuteront ces travaux.

Les travaux débutèrent sous la direction de l'intendant Boucher.

Le 8 août 1733, pose de la première pierre du piédestal sur lequel devait s'élever la statue équestre de Louis XV.

La statue, fondue à Paris, par Varrin, dans le fauxbourg du Roule, d'après le modèle en cire du célèbre Jean-Baptiste Lemoyne, arriva par le bâteau du roi « la Grive » le 12 juillet 1743 à Bordeaux.
Elle fût débarquée le 24 de ce même mois. Elle fût installée sur son piedestal à l'aide d'une machine fabriquée par le fondeur Varrin. [ Voir ]

Cette statue [ Voir ] fut inaugurée solennellement le 19 août 1743. Elle représentait le roi en costume antique, à cheval et dans l'attitude du commandement. L'ouvrage était en bronze d'une seule pièce et de grandeur naturelle. Le piédestal en marbre blanc avait six mètres de hauteur. Ses ornements consistaient en trophées militaires groupés sur les angles, faisant allusion aux quatre parties du monde : l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. La face antérieure offrait l'inscription suivante, dont les expressions caractérisaient l'amour que les Français portaient à Louis XV dans le commencement de son règne :


LUDOVICO XV,
SÆPÈ VICTORI,
SEMPER PACIFICATORI,

SUOS OMNES, QUÂ LATE REGNUM PATET,
PATERNO PECTORE GERENTI,
SUORUM IN ANIMIS PENITUS HABITANTI.


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UT QUEM SIB PÆSENTEM
ADESSE SENTIT BENEFICIIS,
CIVITAS BURDIGALENSIS
EJUS AUGUSTO SEMPER
CONSPECTU FRUATUR,
HOC PIETATIS PUBLICÆ

MONUMENTUM POSUERUNT.



Au-dessus de ces inscriptions, étaient deux cartels, l'un représentant les armes du roi, l'autre les armes de la ville

Les deux grandes faces étaient ornées de bas-reliefs, sculptés par Claude Clair Francin (aidé d'un dessin de Parrocel), dont l'un représentait la bataille de Fontenoy (11 mai 1745) et l'autre la prise de Port-Mahon (27 juin 1756). La dernière face contenait les noms des officiers municipaux qui étaient en place lors de l'érection de ce monument. Quoique les faits d'armes représentés sur ces bas-reliefs eussent été choisis pour flatter le maréchal de Richelieu (*) qui s'y était distingué, il parle assez lestement de ce monument dans ses Mémoires, ainsi que de la ville de Bordeaux dont il était gouverneur. Les grands se moquent quelquefois des flagorneries dont on les accable. Cette statue sera abattue le 20 août 1792 et fondue durant la révolution pour en faire des canons. Seuls, n'ont échappés à la destruction que les deux bas-reliefs, qu'on voit au Musée de Bordeaux (Le peuple donna le temps de dégarnir le piédestal et de sauver toutes les pièces de marbre dont il était revêtu). Voir La bataille de Minorque ou de Port Mahon
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 -  Voir La bataille de Fontenoy
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(*) En 1743 il fut nommé Premier Gentilhomme de la Chambre et en 1755, gouverneur de la Guyenne où il découvrit et apprécia les vins de Bordeaux, appelés par les esprits moqueurs du temps « la tisane du Maréchal », qu'il introduisit à la Cour qui ne buvait alors que du vin de Bourgogne ou de Champagne

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Le plan adopté en 1730 pour la formation de la place Royale ne reçut un commencement d'exécution qu'au bout de huit ans. Alors que fut achevé l'hôtel de la Douane (ancien nom: l'Hôtel des Fermes du Roi) à l'une des extrémités de cette place. Pour accélérer la vente des terrains sur lesquels elle devait s'élever, M. de Tourny Tourny(1).jpgLouis-Urbain Aubert de Tourny, marquis de Tourny, baron de Nuly, né à Paris le 16 mai 1695 et mort en 1760 dans la capitale, est un administrateur français du XVIIIe siècle. Intendant de Guyenne, il œuvre à la transformation de Bordeaux.

Louis-Urbain-Aubert est le fils d'Urbain Aubert, chevalier, marquis de Tourny, seigneur de La Falaize, Carcassonne, Mercey et autres lieux, conseiller du roi en ses conseils président en la cour des comptes, aides et finances de Normandie, receveur général des Finances à Caen, et de sa femme Marie-Anne Le Tellier.

31 août 1743, il devient intendant de Guyenne à Bordeaux. Il embellit les quais sur la Garonne, fait aménager des places, fait ouvrir des avenues et crée un jardin public, le jardin public de Bordeaux. Il est nommé conseiller d'État en 1757. Lorsque le jeune baron Haussmann fut préfet de la Gironde, il observa avec attention les méthodes de modernisation urbaine et les montages juridiques que Tourny avait mis en place à Bordeaux et s'en inspira pour les travaux qu'il effectua ensuite à Paris comme préfet de la Seine.
s'occupa d'en tracer invariablement les limites sur deux points principaux. Il fit travailler à la construction de l'hôtel de la Bourse à l'un de ces points, et démolir à l'autre l'ancienne porte Despaux qui obstruait la voie publique.

Dans ce dernier travail, il s'aperçut que le pavillon qui occupait l'angle où la rue Saint-Remy se réunissait à celle qui était projetée sous le nom de rue Royale (actuellement rue Fernand Philippart), aurait peu de développement et diminuerait la profondeur de la place. Il fit construire ce pavillon à quelque distance en arrière de la ligne des autres maisons. Par ce changement, la place gagna en étendue, et le pavillon acquit plus de largeur et de grâce. Ce ne fut pas la seule amélioration qui fut faite au plan donné par l'architecte Ange-Jacques Gabriel Ange_Jacques_Gabriel.jpgAnge-Jacques Gabriel, est un architecte français (Premier architecte du Roi) né à Paris le 23 octobre 1698 et mort le 4 janvier 1782.

Ange-Jacques Gabriel est le fils de l'architecte Jacques-Jules Gabriel (1667-1742), Premier architecte du Roi, et le petit-fils de l'architecte Jacques Gabriel (1630-1686). Il réalise la résidence royale du château de Compiègne, le Petit Trianon à Versailles, et l'École militaire.

Il aménage deux grandes places, celle de la Bourse à Bordeaux et la place Louis XV à Paris. Il épousa le 2 février 1728 à Paris, Catherine Angélique de la Motte, fille de Jean de la Motte, intendant des bâtiments du Roi et de Catherine Anne Magnier, sœur de Robert-Philippe de la Motte aussi intendant des bâtiments du Roi. Il décède rue des Orties aux galeries du Louvre le 4 janvier 1782. Ses obsèques ont lieu à Saint-Germain l'Auxerrois.
. Dans ce plan, les deux nouvelles portes de ville, qu'il était nécessaire d'ouvrir aux extrémités de la place Royale, devaient appuyer sur des pilastres couronnés de groupes de sculpture. M. de Tourny eut l'heureuse idée de substituer à ces ornements deux fontaines pour fournir de l'eau potable à un quartier populeux qui en manquait. Ces fontaines furent détruites lorsqu'on démonta le parapet au bout duquel elles étaient, pour former le quai de la place Royale.

La construction de l'hôtel de la Bourse entre 1735 et 1738, hâta l'achèvement de la place Royale. Le gouvernement ayant cédé cet hôtel au commerce de Bordeaux, M. de Tourny y installa la juridiction consulaire de cette ville et la chambre de commerce de la province, le 9 septembre 1749. Dans cette circonstance, certains membres de ces corps firent observer à l'intendant que le local dans lequel ils étaient transférés paraissait généralement trop vaste, et que surtout la cour de l'hôtel, qui était destinée aux réunions journalières de la Bourse, avait une bien grande étendue, eu égard au nombre de négociants que l'on comptait à Bordeaux. M. de Tourny répondit aux personnes qui ne prévoyaient pas comme lui de quelle extension le commerce de cette place était susceptible : « Je regrette, que les bornes de l'emplacement aient forcé de faire cet hôtel si petit : vous partagerez un jour mes regrets ». L'avenir a justifié les prévisions du grand homme.

Direction interrégionale des Douanes, qui abrite en son sein le Musée national des Douanes

Il est classé monument historique pour ses façades, sa cour et les boiseries d'un ancien salon.

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Les frontons des bâtiments et les mascarons sont sculptés par Vandervort et Claude Clair FrancinClaude Clair Francin, né à Strasbourg, le 5 juin 1702.

Il était le petit-fils du sculpteur Pierre Lepautre, le neveu et l'élève de Guillaume Coustou. Il avait obtenu le premier prix de sculpture, fortifié ses études par son séjour en Italie, exécuté à Paris de remarquables travaux aux portails des églises des Théatins, de l'Oratoire de Saint-Roch, et il avait été admis, provisoirement, au rang d'académicien.

Il vécut à Bordeaux de 1748 à 1765

A son retour de Bordeaux, Francin fut reçu définitivement à l'Académie. Il finit sa carrière à Bourg-la-Reine, le 18 mars 1773.
associé de Jacques Verberckt qui ne pouvait être à Bordeaux et Vandervort. [voir] Courrier entre Tourny et Jacques Verberckt
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Les frontons représentent :

La grandeur des princes, à l'origine La Victoire tenant un médaillon de Louis XV [voir] Médaillon représentant Louis XV - Gravé par Etienne Fessard
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. Médaillon mutilé, durant la révolution, de l'effigie du monarque, du blason et des insignes royaux [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant la grandeur des princes
Sculpté par Claude Francin sculpteur du Roi
A l'origine le médaillon était à l'éfigie de Louis XV
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Neptune ouvrant le commerce [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant Neptune ouvrant le commerce
Sculpté par Claude Francin sculpteur du Roi
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La jonction Garonne-Dordogne [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant la jonction de la Garonne et de la Dordogne
Sculpté par Claude Francin sculpteur du Roi
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Le Temps découvrant la Vérité
Minerve protectrice des arts [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant Minerve protectrice des arts
Sculpté par Vandervort sculpteur du Roi
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Mercure protégeant la Garonne.   [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant Mercure protégeant la Garonne
Sculpté par Vandervort sculpteur du Roi
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L'union de l'océan à la Méditerranée par la canalisation et les chemins de fer   [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant l'union de l'océan à la Méditerranée
Sculpté par de Coëffard
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Les planches des projets gravés par Etienne Fessard.   [ Projets ] Détails des projets de sculpture des frontons
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Les inspirations des mascarons sont multiples : aux traditionnels Neptune et Bacchus s'ajoutent des animaux fantastiques, des figures féminines, des visages du carnaval, des anges, des fauves.
Mais les mascarons de la place de la Bourse reflètent aussi l'histoire de Bordeaux avec par exemple la reproduction de visages de femmes africaines en référence à la traite négrière qui fit la richesse de la ville avec le commerce triangulaire. [Voir ] Image d'afrique
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Le cadran de l'horloge est d'Hustin, un faïencier bordelais et l'intérieur est composé de tableaux et de tapisseries des Gobelins.

Ces frontons et la décoration extérieure de l'édifice : mascarons, groupes, trophées, chapiteaux des pilastres, vases et consoles furent terminées au mois d'août 1761. Le mémoire de la dépense s'élevait à la somme de vingt-six mille six cents livres.

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En 1828, sous la Restauration, la ville élève une modeste fontaine, en forme de colonne de marbre rose surmontée d'un chapiteau blanc et d'un globe.

En 1865, le conseil municipal, sur la proposition de M. Brochon, maire, décida que la Fontaine des Grâces serait construite sur la place de la Bourse, et il invita le maire à faire choix des plus beaux matériaux et des meilleurs artistes pour l'exécution des plans de Louis Tullius Joachim Visconti Louis_Visconti.jpgLouis Tullius Joachim Visconti, est un architecte français né à Rome le 11 février 1791 et mort à Paris le 29 décembre 18531.

Louis Visconti était issu d'une célèbre famille d'archéologues : son grand-père Giambattista Antonio Visconti (1722-1784) avait fondé le Musée du Vatican et son père, Ennius Quirinus Visconti (1751-1818), en fut le conservateur. Sa famille s'installa à Paris en 1798 et il obtint la nationalité française en 1799, son père étant nommé conservateur des Antiquités et des Tableaux au Musée du Louvre.

Entre 1808 et 1817, Louis Visconti étudia à l’École des beaux-arts de Paris sous la direction de Charles Percier. Il fut également l'élève du peintre François-André Vincent. Après avoir obtenu le Second grand prix de Rome d'architecture (1814) et le prix départemental d'architecture de l'École des Beaux-Arts (1817), il fut nommé architecte-voyer des 3e et 8e Anciens arrondissements de Paris en 1826, conservateur de la 8e section des Monuments publics de Paris (comprenant la Bibliothèque royale, le monument de la place des Victoires, les portes Saint-Martin et Saint-Denis et la colonne Vendôme) en 1832, architecte divisionnaire en 1848, architecte du Gouvernement en 1849.

M. Brochon s'adressa alors à M. Gumery, statuaire, pour le groupe des Grâces et confia la direction de l'oeuvre artistique à M. Jouandot, jeune sculpteur bordelais.

La fontaine fut inaugurée en 1869. Les Grâces, adossées à une colonne, surmontée d'un vase artistique, tiennent deux à deux des urnes d'où s'échappent trois jets abondants. L'eau retombe en nappe tout autour de la vasque. Des dauphins fixés sur le piédestal lancent par les narines six jets paraboliques.

La fontaine des Trois Grâces
La fontaine des Trois Grâces ou charites
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La fontaine des Trois Grâces
La fontaine des Trois Grâces ou charites
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Ces supltures représentent Aglaé, Euphrosyne et Thalie, les filles de Zeus et d'Eurynomé.

Aglaé est la beauté dans ce qu'elle a de plus éblouissant, la splendeur. Il s'agit de la plus jeune.
Euphrosyne est la joie poussée à son sommet, l’allégresse, la joie de vivre.
Thalie est la personnification de l’abondance, voire la surabondance, le trop-plein de vie, qui se prodigue comme un don.

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Source : ACTE de L'ACADEMIE IMPERIALE DES SCIENCES, BELLES-LETTRES ET ARTS de BORDEAUX - 3e SERIE. — 26e ANNEE. — 1864.

Il y a plus d'un siècle que la place Royale dite de la Bourse, et les deux palais qui la terminent, ont été construits. Dans la pensée du premier architecte, les murs occidentaux du palais de la Bourse faisant face au Chapeau-Rouge, dont le côté nord n'était alors séparé des glacis du Château-Trompette que par de misérables baraques [Voir] Vue sur la bourse depuis la place Richelieu (Jean Jaurès)
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, n'étaient destinés qu'à fermer une cour non couverte, au-dessus desquels devait apparaître un grand fronton portant une horloge intérieure (Hustin 1750).
Ainsi, nos pères, quand il faisait beau temps, traitaient leurs affaires en plein air et pendant les mauvais jours, se servaient des vastes promenoirs qui entourent la cour pour se mettre momentanément à l'abri des intempéries. Cette cour, exécutée pour rester découverte, fut ensuite recouverte d'une chape disgracieuse, (modifiée en 1830, sur les plans de Bonfin), et le fronton occidental [voir] Le fronton occidental gravé par Fessard
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ne paraît plus. Comme les changements survenus dans l'alignement et la décoration des quartiers du Chapeau-Rouge et de l' Intendance ont rendu cette portion de la Bourse peu digne d'un voisinage aussi riche, la Chambre de Commerce de Bordeaux a voulu remédier à cet inconvénient en donnant à l'encoignure nord-est de ce bâtiment un aspect plus monumental.

L'Académie a chargé une Commission de lui faire un Rapport, non pas sur l'ensemble de ces remaniements, sur leur opportunité, sur la lenteur de leur exécution et sur le résultat qu'on en doit espérer (ces travaux d'ailleurs ne sont pas achevés), mais sur le mérite de deux frontons qui décorent : l'un la façade nord, l'autre la façade ouest de ces nouvelles constructions.

Au commencement du XVIIIe siècle, quand l'intendant des généralités Claude Boucher, et non pas M. de Tourny, comme on le croit généralement, fit élever les bâtiments qui forment la place Royale, ces bâtiments furent ornés de sept frontons. A cette époque, il n'y avait sans doute à Bordeaux aucun sculpteur capable d'exécuter de pareils bas-reliefs. L'Académie des Beaux-Arts, créée à Bordeaux par le génie de Colbert, s'était éteinte sous d'ineptes et despotiques mesures, et l'architecte fut obligé de s'adresser à deux artistes étrangers, beaucoup plus habiles que célèbres : Claude Francin et Jacques Verberckt. [marché] Marché passé entre l'intendant Boucher et Jacques Verberckt
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Francin, qui fut chargé d'autres travaux à Bordeaux, profila de son séjour dans notre ville pour y ouvrir une école d'après le modèle. Son succès fut complet, et le goût des arts se développa tellement à Bordeaux, qu'il fut possible, bientôt après, d'y organiser une nouvelle Académie des Beaux-Arts, Académie beaucoup plus illustre que la première, et que le règne de la Terreur put seul anéantir. Depuis lois aucun enseignement de la sculpture ne fut donné aux Bordelais; mais enfin notre ancien collègue, M. Maggesi, a été nommé statuaire de la ville; et comme dans notre heureuse patrie, il suffit pour ainsi dire de frapper du pied pour y faire éclore des merveilles, deux élèves de M. Maggesi ont pu se charger d'exécuter les nouveaux frontons de la Bourse. Disons-le tout d'abord, à l'honneur du maître, à l'honneur des élèves, à l'honneur de ceux qui leur ont confié ces travaux : les nouveaux frontons sont dignes, sous tous les rapports, des frontons exécutés par Claude Francin.

Félicitons donc hautement et sincèrement la Chambre de Commerce de Bordeaux, et son architecte, d'avoir eu l'heureuse pensée de confier ces travaux à L. de Coëffard et Amédée Jouandot; ils en étaient dignes, et leur titre de Bordelais sollicitait cette faveur. Espérons même que le bon exemple donné par la Chambre de Commerce ne sera pas perdu, et que lorsque la Ville fera enfin exécuter les grands travaux depuis si longtemps promis, elle aussi se souviendra qu'elle n'a pas besoin d'avoir recours à des étrangers, quand elle a sous la main des statuaires comme MM. Maggesi, Jouandot, de Coëffard, Eudes, Bonnafé, Joseph Félon, etc.

Quoi qu'il en soit, lorsque les six premiers frontons, nous expliquerons plus tard pourquoi nous disons six au lieu de sept, lorsque les six frontons furent découverts, ils reçurent des applaudissements universels; applaudissements qui se perdirent un peu dans l'enthousiasme qu'excita la vue générale de l'immense et magnifique décoration du port, que le génie de M. de Tourny venait de compléter, mais qui ont laissé des traces qui subsistent encore.

Un membre de l'Académie royale de peinture de Paris, un des graveurs les plus occupés de son époque, Etienne Fessard, graveur du Roi, fut chargé de reproduire ces frontons par la gravure, [voir] Détails des projets de sculpture des frontons
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Source : Gallica - Bibliothèque numérique
et les six planches oblongues qu'il exécuta d'après les compositions de Claude Francin et Jacques Verberckt sont encore fort recherchées et rares.

Deux de ces planches, gravées d'après les compositions de Verberckt , représentent : Mercure protégeant la Garonne, et Minerve protectrice des Arts, exécutés sur les frontons est et nord de l'Hôtel des Douanes (ou Hôtel des Fermes).

Quatre autres estampes, gravées d'après Claude Francin, représentent : La grandeur des Princes, fronton du midi de l'hôtel de la Bourse; Neptune ouvrant le Commerce, fronton est du même bâtiment; Jonction de la Garonne et de la Dordogne, fronton nord ; Le Temps découvre la Vérité, fronton ouest de la cour intérieure, aujourd'hui caché par la base de la voûte vitrée.

Le septième fronton, celui qui décore le pavillon du milieu de la place Royale, ne fut sans doute exécuté que plus tard et n'a pas été gravé. M. de Tourny, trouvant l'angle formé par la jonction des rues Royale et Sainl-Rémy étroit et mesquin pour occuper le centre d'une si belle place, fit modifier le plan primitif, et reculant le pavillon central de manière à dégager l'entrée des deux rues, donna à la façade de ce pavillon une ampleur plus en harmonie avec la valeur des bâtiments qui l'avoisinent. Le nom de l'artiste qui exécuta ce fronton, non gravé et fort remarquable, ne nous est pas connu. [ Fronton ] Fronton de la place Royale (pavillon Gabriel)
Sculpteur inconnu
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Malheureusement encore, les gravures d'Etienne Fessard, habitué à reproduire les compositions des artistes les plus maniérés de cette époque, qui a conservé le nom de Mme de Pompadour, ne rendent que très imparfaitement et très inexactement le mérite des compositions qu'elles reproduisent. Fessard, dont le burin est mou, sec, incolore et incorrect, a exagéré les défauts de ses modèles, dont il n'avait probablement vu que les esquisses, et n'a pas su reproduire l'habileté et le charme de leur exécution. En outre, dans un but mercantile, pour faire considérer ses estampes comme des compositions artistiques sans destination spéciale, ou peut-être pour dissimuler le peu de bonheur avec lequel les statuaires avaient rempli le champ triangulaire de leurs frontons, il a donné à ces planches la forme rectangulaire et meublé les fonds par des paysages imaginaires.

Arrivons enfin à l'examen des frontons exécutés par MM. Jouandot et de Coëffard.

La statuaire des bas-reliefs, et surtout celle des frontons, présente des difficultés dont généralement en ne se rend pas un compte bien exact. Les bas-reliefs changent d'aspect selon la position de ceux qui les regardent, et ils en changent encore plus selon l'heure du jour où on les examine. Telle partie qui se trouve complètement dans l'ombre le matin, accroche la lumière, le soir ou à midi, de la manière la plus criarde. Enfin, ces sculptures, circonscrites dans les lignes saillantes du cadre d'un triangle, sont toujours obligées de s'enfermer dans une composition pyramidale et équilibrée, qui remplisse le plus possible, avec des figure d'une grandeur pour ainsi dire devinée, tout l'espace qui lui est assigné ; et, enfin, il faut que la composition, négligeant tout mouvement et tout parti pris, se renferme dans une espèce d'immobilité qui ne contrarie pas les lignes de l'architecture.

M. L. de Coëffard a été chargé de représenter : Jonction de l'Océan et de la Méditerranée par la canalisation et les chemins de fer. La Méditerranée, dans un mouvement d'ailleurs plein de grâce et d'abandon, ne touche l'Océan que de l'extrémité de son bras recourbé ; et le dieu majestueux, tout préoccupé de locomotives et de canalisation, semble à peine s'apercevoir de la présence matérielle de sa belle compagne. [ Fronton ] Fronton de la place Royale représentant l'union de l'océan à la Méditerranée
Sculpté par de Coëffard
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Le sujet confié à M. Jouandot est celui-ci : La Justice consulaire protège les Arts, l'Industrie, l'Agrculture et la Navigation.

La Jurisprudence, la Loi, la Justice, la Législation, etc., est assise au centre, en face, et forme un groupe avec divers enfants ou Génies qui représentent les sujets demandés. La figure principale, largement drapée, soutient d'un bras les tables de la loi, et de l'autre protège deux Génies ailés et debout, et deux autres enfants plus petits, également nus, mais sans ailes et courbés. [Fronton] Fronton de Jouandot
La Justice consulaire protège les Arts, l'Industrie, l'Agrculture et la Navigation
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